RONDEAU
Si j étais la reine d’Espagne,
Ma joyeuse et galante cour Serait un pays de Cocagne,
Tout au plaisir, tout à l’amour.
Je quitterais sous la mantille Mon beau royaume de Léon,
J’irais de Navarre en Castille,
D’Andalousie en Aragon.
Je voudrais dans les fêtes.
Au bruit des castagnettes,
Tourner toutes les tètes.
Chacun m’imiterait Et l’Espagne en délire N’aurait plus qu’à séduire,
Danser, chanter et rire Ah ! comme l’on me chérirait !
Si j’étais la reine d’Espagne,
Ma joyeuse et galante cour Serait un pays de Cocagne,
* Tout au plaisir, tout à l’amour !
DON SALLUSTE
Elle est charmante...
DON CÉSAIt.
Ravissante! délirante!... Elle est cent fois mieux uela reine.
DON PÈDRE
Messeigneurs, il me vient une idée.
TOUS
Une idée !
DON PÉDRE.
J’emmène cette jeune fille.
L’emmener !
Que dit-il ?
TOUS
ELVIRE, à paît.
LES SEIGNEURS
Mais, dans quel but ?
DON PÉDRE, aux Seigneurs.
Cette ressemblance merveilleuse est une arme dont je veux me servir contre la reine elle-même.
ELVIRE, ba».
Comme il s’adresse bien !
DON PÉDRE, bas, aux Seigneurs.
C’est tout un plan que j’ai là, et que je vous communiquerai. (Haut.) Petite, si tu veux nous servjr, je me charge de ta fortune.
ELVIRE
En vérité! Comment, vous voulez m’enrichir, moi?... Ah! ah ! ah ! (a pan.) Il est amusant, mon cousin !
Tu acceptes?
ELVIRE
Ma foi... non, je refuse.
tous. *
Elle refuse!...