MORCEAU
(D’un ton villageois).
Je ne suis qu’une paysanne,
Je n’aini flatteurs ni valets,
Et jamais mou humble cabane Ne doit se changer en palais.
{D’uti air sérieux.)
Je me dirais : Si j’étais reine,
Bonne envers tous les malheureux,
Je saurais me montrer hautaine Envers un noble ambitieux.
Je ne souffrirais pas de maîtres.
Tout le monde suivrait ma loi.
Et je punirais tous les traîtres Qui conspireraient contre moi.
(Mouvement.)
Mais, mais, mais...
(Reprenant le ton villageois.)
Je ne suis qu’une paysanne.
Je n'ai ni flatteurs ni valets,
Et jamais mon burnble cabane Ne doit se changer en palais.
(Sérieux). Si trop tôt sur mon diadème
L’infant voulait mettre la main.
Je dirais à l’infant lui-même:
Prenez garde, mon beau cousin,
L’ambitieux qui s’abandonne Au désir de mon er trop haut,
Souvent pour les marches du trône Prend les degrés d’un échafaud.
(Grand mouvement.)
Mais, mais, mais,
Je ne suis, etc., etc.
DON PÉDRE.
C’est étrange!...
DON SALLUSTE
Elle m’a fait trembler.
DON CÉSAR, tremblant.
Et... et... moi donc!
DOS PÈDRE, bas.
Si elle nous trompait... si au lieu de la paysanne... c’était la reine...
DOS SALLUSTE
Mais la reine est au palais de Léon, elle doit être arrêtée maintenant.