DUO
MANOEL
Que dites-vous? moi i’infant de Castille?
Et je vous crois d’assez bonne famille Pour accepter votre main, votre nom.
MANOEL
Eh ! quoi, c’était à l’infant de Castille Que vous donniez le trône de Léon !
Ah! malheureux, Dieu punit ton délire!
Pauvre et sans nom, tu croyais la charmer.
(A Elvire.)
Vous vous trompiez, je n’ai rien à vous dire, Je ne suis pas celui que vous croyez aimer.
ENSEMBLE
ELVIRE
O trouble extrême!
Moment suprême !
Eh ! quoi, je n’aime Qu’un muletier?
Plus d’espérance !
Cette alliance Est une offense Au monde entier.
MANOBL.
Douleur extrême!
Non, pour lui-même Jamais on n’aime
Un muletier
Plus d’espérance, Cette alliance Est une offense Au monde entier.
MANOEL
Ainsi donc, mon bonheur, un autre l’obtenait ; C’était l’infant, l’infant seul qu’on aimait!... Pourquoi votre silence?
Pourquoi cette alliance ?
Un mot parti du cœur M’aurait tiré d’erreur.
Pourquoi me laisser croire A la douce victoire Que mon nom me défend ?
Je ne suis pas l’infant. (Ms).
EI.VIRE
Dupe de l’apparence,
J’allais sans défiance Au devant du bonheur.
Conduite par mon cœur.
Ah ! si je dois vous croire,
C’en est fait de ma gloire,
Don Pèdreest triomphant,
Vous n’ôtespas l’infant. (Bis).
ELVIRE
Sans provoquer la haine De ce pays entier,
Pouvais-je, moi, la reine,
Aimer un muletier ?