‹ Le mur mitoyen comedie en deux actes, en versChapitre 31 sur 58 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

GÉRARD, «enl. (n redescend en scène, furieui.)

Ah! la méchante enfant, qu’elle me fait de mal!

C’est de ta faute, aussi, double brute! animal!

J’en pleure de dépit! Stupide et lâche fièvre Qui m’enflambe le cœur et me glace la lèvre!

Ah! galant imbécile! amoureux malplaisant!

Las! cela me serait si facile à présent 1

C’est vrai, je sens en moi comme une audace extrême.

Que n’est-elle encore là ? je lui dirais : « Je t’aime !

(Il va vers l’arbre qui est k gauche, et, s’adresssant à lui :)

Je t’aime, m’entends-tu? Camille, mon amour...

— Tans pis, je la tutoie 1 — est à toi, dès le jour Où, sorti tout joyeux de mon école sombre,

Curieux et charmé, te suivant comme une ombre,

Je te vis dans l’allée au crépuscule vert,

Passer, rose et songeuse, avec un livre ouvert.

(Il s’approche de l’arbre.)

Quoi ! tu baisses les yeux, lu n’ôses me répondre,

LaisSe nos mains s’unir et nos regards se fondre’.

(Il enlace l’arbre.)

Enfant, ne veux-tu pas me donner un baiser?

Je serai ton époux... pourquoi me refuser? »

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