SCÈNE IV
Les Mêmes, MADAME DURAND, entrant un papier à 1a main ; CAMILLE ,
derrière elle.
MADAME DURAND, Irèi-splès.
Canaille de Tringlet !
(Lisant.)
« Monsieur le président interrompt l’adversaire.
C’est très-mauvais, signez. » Ah ! mon Dieu, quelle affaire ! Par bonheur, on ignore...
Apercevant de Beanchâteau, qni s'esquive.)
Eh 1 monsieur, justement.
Je vous cherchais.
DE BEAUCHATEAU y feignant l'étonnement.
Vous?... moi?.,.
MADAME DURAND
Pour ce désistement
Je suis prête à signer. J’ai consulté ma fille,
Cet hymen lui convient, le bonheur de Camille Doit passer avant tout.
CAMILLE.’
Mais, maman...
Tais-toi donc!
(Allant à la table.)
Monsieur, voici la plume.
DE BEAUCHATEAU.
Ah! madame, pardon,
Je suis comme vous, moi, dans ma sollicitude.
Le bonheur de mon fils est ma plus douce étude;
J’ai... consulté... Gérard...
MADAME DURAND
Eh bien?
DE BEAUCHATEAU.
Mon cœur se fend.
Madame, mais mon fils n’aime pas votre enfant.
MADAME DÜRAND.
Il l’aimait ce matin.
L’amour est si volage I
MADAME DÜRAND.
Ouais! je vous trouve bien papillon pour votre âge. Vous jouez-vous de moi ?
DE BEAUCHATEAU , se tournant vers son fils.
Sans hésitation,
Répondez-moi , Gérard.
GÉRARD , à part, saiii par une idée.
Dieu ! quelle occasion !
DE BEAUCH ATEAÜ.
Soyez franc, aimez-vous Camille?
GÉRARD , arec éclat.
Oh! oui !... je l’aime!
Hein!
DE BEAUCHATEAU , stupéfait.
MADAME DURAND, triomphante.
Ah!
DE BEAUCHATEAU , furieux.
Ce n’est pas vrai !
MADAME DURAND
Puisqu’il le dit lui-môme.
C’est la timidité !
MADAME DURAND
Monsieur, vous voyez bien,
Rien ne s’oppose plus au désistement , rien ;
Monsieur Gérard nous aime, et, d’autre part, Camille Aime monsieur Gérard : est-il pas vrai, ma fille?
CAMILLE , à part, saisie d'une inspiration.
Dieu! quelle occasion! (uaut.) Pourquoi me parler bas, Maman ? Vous savez bien que je ne l’aime pas !