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Le Musée d'Aix-en-Provence

L entrée du Musée (A) est au n° 13 de la rue Cardinale, sur la place que forme cette rue devant l’église Saint-Jean-de-Malte.

Le Musée d’Aix-en-Provence reflète fidèlement l’histoire et la splendeur passée de sa ville. — D abord simple poste militaire, Castellum , établi 122 ans avant notre ère, auprès de sources thermales toujours réputées, par le proconsul Sextius Calvinus pour protéger les Grecs de Marseille contre les incursions ligures, YAquœ Sextiœ des Romains fut ensuite colonie latine, métropole de la Narbonnaise seconde et devint Aix, capitale de la Provence, siège du gouvernement, de l’archevêché, de l’université et des cours souveraines. C’est dans la seconde moitié du xvne siècle, avec la création du quartier d'Orbitelle, l'établissement du cours bordé d hôtels magnifiques, la construction de fastueuses demeures parlementaires dont quelques-unes ont eu pour architecte Pierre Puget, que la ville d Aix prit la physionomie désormais immuable qui en fait un séjour d’élection pour les Lettres et les Arts 2. Depuis le bon roi René jusqu’aux grands amateurs des trois derniers siècles : Peiresc, Boyer d Eguilles, Fonscolombe, Fauris de Saint-Vincens, Sallier, Bourguignon Fabregoules, une tradition ininterrompue a fait exister à Aix de précieux cabinets d’antiquités, de riches galeries de peinture dont on retrouve les souvenirs au Musée actuel.

1. Les chifîres en caractères gras renvoient aux pages de planches. Les chiffres romains indiquent les salles d’après le plan. Les œuvres dont la provenance n’est pas indiquée l'ont partie de la collection Bourguignon-Fabregoules.

2. Voir l’excellent ouvrage de Léon Deshairs. Aix-en-Provence. Architecture et décoration XVII 0 et XVIIIe siècles (texte et 70 pl.). Paris. Libr. des Arts Décoratifs.

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Ce Musée date historiquement de F Académie de peinture fondée en 1771 par le duc de Villars, gouverneur de la province. Mais cette Académie fut supprimée en 1789 et l’Ecole centrale qui lui succéda disparut en 1802. Des œuvres d’art déposées en 1790 dans les anciens couvents des Andrettes et des Bénédictines dont le local avait été affecté à l'Ecole centrale, les unes revinrent à leur lieu d’origine, c'est-à-dire aux églises de la ville ; les autres allèrent à Marseille où l’on constituait un Musée départemental.

L’arrêté consulaire du 14 fructidor an VIII (1er septembre 1800) répartit entre quinze villes de France un certain nombre de tableaux tirés du Musée central. Aix ne fut pas comprise dans cette répartition. Millin qui visita Aix en 1805 dit que la salle des délibérations de la municipalité était une sorte de Musée. On y voyait surtout des pièces d’archéologie, provenant de l’ancien Palais des comtes de Provence ou de fouilles exécutées aux alentours de la ville. En 1820, ce premier fonds s’accrut des antiquités et inscriptions provenant du cabinet Fauris de Saint-Vincens, de quelques autres sculptures et d environ quarante toiles, dont quelques-unes avaient été envoyées par le gouvernement sur la demande du comte de Forbin, directeur général des Musées royaux, qui fit ainsi participer sa ville natale aux libéralités de l’Etat.

L’Hôtel de Ville devenant insuffisant, la municipalité acquit en 1825 le bâtiment de l’ancien prieuré des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, construit en 1671 et situé rue Cardinale, tout contre l’église de Saint-Jean de Malte. On y établit l’école de dessin et le Musée qui fut inauguré le 1er décembre 1838 par M. Aude, maire d’Aix. Depuis cette époque, indépendamment des envois de l’Etat et de dons nombreux faits par des particuliers, des collections importantes sont venues accroître le fonds primitif et ont fait du Musée d Aix un des plus riches de la France. — En 1832 et 1840, acquisition de soixante morceaux d’antiquités provenant du cabinet Saliier. — En 1849, legs par le peintre aixois Marius Granet de tous ses tableaux, dessins et objets d’art. Le Musée Granet (salles IX et X) comprend 502 numéros. — En 1856, achat d’une grande partie de l’œuvre du paysagiste Constantin. — En 1858, legs

Frégier (tableaux, estampes). — En 1863 le conseiller honoraire de Bourguignon-Fabregoules donne à la ville la splendide collection qu’il tenait de son père : 269 morceaux de sculpture, parmi lesquels un buste de Houdon et 600 tableaux, principalement des écoles flamande et hollandaise. — En 1880, le legs de Mme de Richemont, marquise de Gueidan, enrichit le Musée de belles œuvres des maîtres français du xviii0 siècle, parmi lesquelles six Rigaud et quatre Largillière. — En 1903, don de Mlle E. d’Aubergue, comprenant à la fois une précieuse collection d’archéologie préromaine locale et de beaux meubles du xvme siècle, et donation Rostan d’Abancourt avec des œuvres de Géricault, de Deveria, d’Hippolyte et de Paul Flandrin.

Le Musée d’Aix est réputé surtout parce qu il est une splendide galerie de portraits et de portraits de l’Ecole française : portraits sculptés ou peints, qu ils soient de Puget. de Houdon ou de Latour, de Rigaud, de Largillière, d’Ingres, de David. Mais il mérite d être apprécié aussi pour les morceaux d’antiquités qu’il renferme, pour ses Primitifs et, d’autre part, pour les tableaux flamands et hollandais de la collection Bourguignon-Fabregoules. Il y a là, dans une salle dont l'exiguïté ne permet pas leur mise en valeur, toute une série d’œuvres précieuses encore insuffisamment identifiées et qui réclament, au premier chef, l’attention du connaisseur et l’examen raisonné du critique.

Mais une pareille étude ne peut être tentée ici. Le présent travail, s’il n a pas la prétention de décrire exactement toutes les richesses du Musée d’Aix-en-Provence, pourra du moins contribuer à en donner un aperçu.

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