PEINTURE
École italienne. — Primitifs. — lé Annonciation et la Nativité, deux œuvres siennoises pleines et de charme et de grâce. La Vierge adorant l enfant Jésus, dans la manière de Filippo Lippi.
XVIe siècle. Ecole lombarde. — La Vierge entre les anges adorant l enfant Jésus (28) attribué à Beltraffio Du Corrège, un dessin aux trois crayons, têtes d’étude pour le tableau de la Madone dite de Saint-Jérôme, au musée de Parme.
Ecole vénitienne. — La Vierge et l enfant Jésus (29). Les Pèlerins d Emmaüs ; la Mise au tombeau, de l’atelier des Bassan. Une copie ancienne des Noces de Cana du Véronèse, tableau intéressant par la transposition de certains personnages du groupe de musiciens, représentant des peintres contemporains du Véronèse.
Ecole florentine. — La Vierge et l Enfant, « précieuse copie ancienne d’un tableau disparu de Léonard de Vinci » (GonseP., p 31). Un Portrait de jeune homme dans la manière du Bronzino.
Ecole romaine. — Des copies de Bapliaël.
XVIIe siècle. Ecole bolonaise. — Le Christ apparaissant à sainte Thérèse du Guerchin, provenant de 1 église des anciens carmes à Paris. Une Déposition de Croix de l’Ecole des Carrache.
1 Y compris les dessins et les estampes, dont il ne sera parlé que très sommairement.
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Ecole lombarde. — L’Annonciation, de Daniele Crespi.
Ecole romaine. — Des madones de Sassoferrato ; des natures mortes du Campidoglio (IX'. i
Ecole napolitaine. — Sainte Madeleine ; le Martyre de sainte Catherine, du Calabrese. Des paysages dans la manière de Salvator Rosa L’ Enlèvement d’Hélène, par Luca Giordano. Des natures mortes de Recco (IX).
Ecole génoise. — Une Sainte Famille, de Y. Castelli, provenant vraisemblablement de la collection Boyer d'Eguilles, gravée par Cœlemans et dont il existe des répliques1.
XVIIIe siècle — Une charmante Tête de jeune fille par Trévisani (IX). Des paysages de Locatelli.
Ecole flamande. — XVe siècle. — La Vierge glorieuse
(30) de ce mystérieux maître de Flemalle que l’on a cherché à identifier avec Roger van der Weyden, puis avec Jacques Daret de Tournai. Ce tableau a figuré à l’Exposition des Primitifs français, parmi les œuvres de l Ecole d’Arras. Une intéressante Déposition de croix.
XVIe et XVIIe siècles. — La toilette de Vénus, attribuée à M. van Coxcie, acquise en' 1777 par le Roi à la vente de la galerie du prince de Conti et le Festin des Dieux de van Balen le vieux : œuvres douteuses, remarquables surtout pour leurs cadres qui sont « des spécimens somptueux de l'art décoratif au xvme siècle ». Foire dans une ville de Brueghel le vieux. Des intérieurs d’église de Peeter Nefs avec les figures par F. Franck. Des œuvres des Franck, notamment Y Enlèvement de Déjanire, d’Ambros Franck le vieux et Achille à la Cour de Lycomède. Le Portrait d'un cardinal par Pourbus le jeune.
Ecole d'Anvers. — Un très beau Portrait d'homme inconnu
(31) incontestablement de Rubens, de même que le portrait de femme qui lui fait pendant. Des copies anciennes d’œuvres de ce maître. Une Tête d homme (32) de Jordaens, d une
.Gt\ Mm 1 1 . Le Musée de lioueii, par M. Nicolle, p. G
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expression énergique et rude. Deux petits portraits de van Dyck, réunis dans le môme cadre, peints en grisaille pour la gravure, provenant du cabinet de Calvière. Une esquisse de Snyders : Ours attaqué par une meute. Saint Paul et saint Antoine ermites par Téniers le vieux. Des œuvres de. Téniers le jeune. Un paysage de Frans Millet. Des scènes de genre d A. Brouwer, deM. van Hellemont, d Horemans. de Snayers.
Flamands francisés du X VIF siècle. — Deux portraits par Philippe de Champaigne : le fameux Pomponne de Bellièvre 33 et un portrait d’homme que l’on a cru être Arnauld, évêque de Toul, mais qu’A. Hallays a sûrement identifié avec un des personnages du tableau des échevins dans la collection Lacaze. Le Guitariste de Jean Daret. né à Bruxelles mais qui vécut et mourut à Aix où il a laissé des œuvres nombreuses 1. Du même artiste les dix petits médaillons en grisaille (IV) encadrés dans les belles boiseries de F appartement que le duc de Mercœur fit faire pour Lucrèce de Forbin, dite la belle du Canet et qui ont été récemment données au Musée par le comte de Mougins-Roquefort.
XVIIIe siècle. — Une Plage , délicate miniature de Th. Michau. Le Combat de Leuzc par J. van Breda, l’un des tableaux de batailles légués à la ville d’Aix en 1787, par le duc de Villars, gouverneur de Provence, en même temps que la statue de son père, le maréchal de Villars, par N. Coustou, laquelle est placée dans l’escalier de l’Hôtel de Ville.
Ecole hollandaise. — XVIe siècle. — Un triptyque, dont le panneau central représente V Adoration des Mages, le volet de droite : la Nativité et celui de gauche : la Fuite en Egypte (IX) « C’est, dit Gonse une bonne production dans le goût de van Orley ou de Henri de Blés. »
XVIIe et XVIIIe siècles. — De Bembrandt, le Portrait du peintre âgé (34), œuvre indiscutablement du maître. Un autre portrait de Rembrandt par lui -même, belle copie
1. Cf. Chennevières Pointel : Recherches sur la vie et les œuvres de quelques peintres provinciaux, p. 43.
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ancienne de l’œuvre originale appartenant à lord Iveagh qui semble bien sortir de l'atelier du peintre et faisait partie du cabinet du comte de Vence, gravé par Marcenay de Ghuy en 1755. De Thomas de Keyser, un Portrait d homme (35), personnage assis que l’on dit être un bourgmestre et un autre portrait, de facture admirable, représentant un Jeune homme debout. De Gérard Terborch, 1 Ordonnance (36) et la Leçon de chant , signée et datée de 1680 et néanmoins, peut-être, plus contestable que l’œuvre précédente. De Saftleven, Y Intérieur d une chaumière , signé et daté de 1636. Sous le nom de Metzu trois œuvres charmantes : le Déjeuner , la Leçon de musique , réplique du tableau du Louvre et une Vieille femme lisant, que l’on présume être la mère de l’artiste, réplique ou copie de la Liseuse du Musée d Amsterdam. De Gerritz Cuyp, Portrait de femme signé et daté de 1649. De van Haeften, le Bénédicité (37). Des intérieurs des van Ostade, de Bega, de P. de Hoogh. De P. Wonverman, V Apparition de l'ange aux bergers. Une Sainte Madeleine de van der Werff. Des sujets religieux de Poelenburg. de J. Steen. Des portraits de Gérard Dou. La Couseuse de Slingelandt. Des scènes de genre de P. de Bloot, de van Hellemont, de Karel du Jardin, de Molenaer, de J. Olis, de M. Stoop. Des natures mortes d’A. Mignon, de P. de Ryngh. Des paysages de van Asch, Hakkaert, G. de Iieusch. P. de Molyn, Moucheron, van der Neer, Wynants. Des marines de Vlieger.
Ecole française. — Primitifs. — Les belles œuvres des Ecoles de Provence et de Bourgogne que la ville d Aix a envoyées en 1904 à l’Exposition des Primitifs français, se trouvent, non pas au Musée, mais dans les églises, à savoir : à la cathédrale de Saint-Sauveur, le Buisson ardent par Nicolas Froment et le Miracle de Saint Mitre , et à la Madeleine : 1 Annonciation. Au Musée, Saint Louis, évêque de Toulouse (38) est surtout intéressant au point de vue historique, de nwême qu’un petit panneau à deux registres, provenant comme le précédent du fonds Saint-Vincens, où sont figurés dihérents saints, attribué on ne sait pourquoi à l’école gréco-russe cl qui, sûrement, est une œuvre toute locale (XII).
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XVI0 siècle. — Un Portrait d'homme (39) de François» Clouet. Un portrait de femme sous la figure de la Paix
40) de lEcole de Jean Cousin. De très précieux dessins à la plume, rehaussés de gouache, représentant le roi René, Charles d’Anjou, dernier comte de Provence, Honoré de Savoie, comte de Tende, le grand prieur d Angoulême, le duc de Guise (XI).
XVIIe siècle. — Des paysages de l’Ecole de N. Poussin. Une esquisse de Lesueur (VIII), provenant de la collection Rostan ; des copies d’après ce maître. Moïse sauvé des eaux, de Patel. La Victoire d' Alexandre , de Tahon. Des sujets religieux de Baugin. Des combats de cavaliers attribués à J. Courtois dit le Bourguignon. Soldats jouant aux cartes (41) des frères Le Nain. De S. Bourdon : Halte de troupes (42) et un Saint Sébastien dont Clément de Ris conteste toutefois l’attribution à ce peintre. De Mignard : Mars et
Vénus. De Puget : son Portrait (43); la Visitation qui faisait dans une église d’Aix pendant à Y Annonciation, également de Puget, laquelle se trouve aujourd’hui au Musée de tapisseries installé dans l’ancien archevêché ; un magnifique dessin à la plume rehaussé de blanc : Projet de tabernacle pour l'Eglise de l'Annonciade à Gênes (XI). Des portraits de François Palme et de Cundier, élèves aixois de Laurent Fauchier. De ce dernier, le musée ne possède aucune œuvre certaine. — Des scènes de bataille et de chasse de J. Parrocel.
XVIIIe siècle. — Une magnifique collection de portraits, parmi lesquels des œuvres maîtresses, provenant du legs de la marquise de Gueidan. De Rigaud : la Menaceuse (44 ) ; l Avocat général Gaspard de Gueidan en joueur de musette . (45) véritable symphonie en bleu, merveille de fraîcheur et d’élégance délicate; deux autres portraits de Gaspard de Gueidan en robe rouge et en habit de ville, datés tous deux de 1719 ; deux portraits de militaires que Roman identifie : l’un avec Thomas le Gendre, seigneur de Colandre, brigadier des armées du Roi, l autre avec le lieutenant général Daniel de Montes-
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quieu 1 . De Largillière : Portrait de Mmo Gueidan en Flore (46) pendant au joueur de musette ; une massive Naïade représentant également Mme de Gueidan ; un Portrait de G. de Gueidan ; le gracieux Portrait d'Adélaïde de Gueidan et de sa sœur au clavecin. Cette collection compte également de fort belles œuvres des portraitistes de l’Ecole aixoise. Mmc d'Albert en jardinière par J. -B. van Loo. M. de Panisson par Cellony. Claude de Simiane (48) dans un paysage de bataille par Arnulphy. De J, Vialy, élève de Rigaud, un portrait officiel de Louis XV et le Portrait d'un inconnu. De Latour, le célèbre Portrait du duc de Villars (49) gouverneur de Provence. Paysages, peintures d'histoire et de genre. Des esquisses d'André Bardon. De Claude-Joseph Vernet : un Paysage (50); un Bord de mer, signé et daté de 1740. Du montpelliérain Jean Raoux : Jeune fille qui se mire (51 ) ; de l’arlésien Raspal : Artésienne (51 Deux œuvres de Greuze : le Triomphe de Galaiée (52) et une Tête d'enfant. De Fragonard : une Tête de vieillard. De Vien : la Continence de Scipion. De J.-B. Pierre : l Enlèvement d Hélène.
Ecoles modernes. — Portrait d un jeune garçon )53 par David. La Mère nourrice (54). délicieuse esquisse de Marguerite Gérard, élève de Fragonard.
Le Portrait de Mirabeau par Boze (55).
Cinq œuvres d’Ingres : Jupiter et Thétis (56) ; une Tête d'homme de profil avec une chevelure et une barbe abondantes, drapée dans une étoffe blanche (IX) ; une Figure de vieillard (57) ; le Portrait du peintre Grand ^58 . une des images peintes les plus humaines qui existent, et un très beau dessin à la mine de plomb représentant Granet assis, donné récemment par le sculpteur H. Pontier, conservateur actuel du Musée. Des tableaux de genre par Drolling. Un Paysage par Tannay, prédécesseur de Granet à 1 Institut. Le Portrait de Louis XVIII par L.-A.-G. Bouchet, élève de David. Noé maudissant son fils par Siguol élève de Gros.
1 Le livre de liaison du peintre II. Rigaud , publié par .1. Roman. II. Laurens, éditeur.
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Le Roi René signant une lettre de grâce par Guillemot. Des études de Géricault. Des vues de villes et des paysages par Wattelet, Bruae, Grésv. Argus gardant la vache Io par Brascassat. Le Prisonnier de Clùllon par Dubufe. La Galère de Cléopâtre par Picou. Portraits : Louise Colet et sa fdle (VIII) par Adèle Grasset, daté de 1842. Portrait de Granet à l’âge de 70 ans par Léon Coignet et, à citer pour le contraste avec le portrait d’Ingres, l’amusante pochade de Jean Gigoux : Portrait de Granet (59).
Tableaux d histoire de Sieurac, de Monceret, de Biard. Paysages de Lapito et de Jeanron. Allégories et scènes de genre : Le Baiser de la Muse par Frillié. Tendresse par Luminais. Bélisaire et son guide par A. Bigand. D’H. Flandrin le Portrait du professeur Rostan (VIII) daté de 1855 ; une étude de jeune fille ; deux esquisses pour la décoration de Saint-Germain-des-Prés. De P. Flandrin, quatre paysages avec personnages à l’antique. Chasse en forêt et Vaches par Deveria. Epoque de la troisième république. Soir dans le vallon par Auguin. Paysages de Rozier et de Barillot. La Question par L. Olivié. Latone et les jraysans par G. Guay. La Parisienne à Cancale par Feyen Perrin. Oreste se réfugiant à fautel d'Apollon (S. de 1886) par L.-E. Fournier. De Ziem, des esquisses pour des vues de Venise et une vue de l’étang de Berre.
Peintre s provençaux du XIXe siècle. — Du comte de Forbin, élève de Boissieu et de David, qui fut directeur général des Musées royaux : Gonzalve de Cordoue à V Alhambre. De Granet, qui légua son œuvre à sa ville natale, des tableaux, des études et des dessins dont une centaine seulement sont exposés. La belle ébauche de la Mort du Poussin (60) ; la Captivité de Vert-Vert ; des cloîtres et des intérieurs d Eglise qui firent la vogue du peintre, notamment le Cloître de Sainte Marie des Anges à Rome. Des scènes rustiques et familières : la Récolte des citrouilles en Provence. La Salle d'asile (60) ; une foule de tableautins, esquisses, aquarelles, dessins qui demeurent la partie la plus vivante et la plus attrayante de l’œuvre du Maître aixois : portraits, vues d'Italie, paysages
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de Provence, scènes de genre et dont les Quatre études (61) réunies dans le même cadre, peuvent donner une idée exacte.
A côté de l’œuvre de Granet, il faut citer celle de son premier maître J. -A. Constantin dont le Musée d Aix possède également la plus grande partie. Ainsi que l’a dit A. Gouirand 1 « Constantin paraît — le premier en France — être allé demander directement à la nature des émotions nouvelles d’art ». 48 dessins seulement de cet artiste sont exposés (XI) : paysages héroïques, au crayon rouge ou lavés à l'encre de Chine, empreints évidemment de beaucoup de convenu mais d une exécution énergique et franche, reproduisant fidèlement les aspects un peu rudes de la nature provençale. De Constantin également 8 peintures dont un vigoureux portrait d’homme. De Coutel, élève d’Ingres : Tête d'étude.
Elèves de Gros. Olympe abandonnée par Latil. La Femme du pêcheur par Bonnegrâce.
Elèves de Constantin et de Granet. Des vues de Provence par G. de Beaulieu et P. de Bec. Des tableaux d histoire par Clérian et de l’Estang-Parade. 12 tableaux de Loubon : Le Camp du midi; les Menons dans la Crau (62) ; le Col de la Gineste.
Intérieur de Chapelle ; Saint-Sébastien par Richard, élève de P. Delaroche. La Bénédiction des semailles par A. Régnier. Peintres contemporains : Le Martyre de saint Léger par Villevieille, esquisse. Des marines par Moutte, Olive, Ponson, Coste. Des paysages par Casile, Louis Gautier. Un portrait par J. Silbert. Un Troupeau de Provence par T. Jourdan. La Dictée par A. Truplème. Une Vue d Aix par Gagliardini.
Dans ce bel ensemble qui constitue le Musée d’Aix-en-Provence, il serait à souhaiter que la peinture moderne, principalement pour ce qui est des artistes provençaux, fût plus complètement et plus largement représentée, avec des noms tels que ceux de Ricard, d’Aiguier, de Monticelli, de Guigou et surtout avec celui de l’Aixois Paul Cézanne dont toute l œuvre s’inspire d’Aix et de ses paysages.