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LES BONS JUGES

Panneau d'un volet de l'Adoration de l'Agneau mystique.

Nous sommes mieux fixés sur la date de mourut en 1426, Jan en 1440.

Leur œuvre capitale esl le grand retable 1.1 dotation de V Agneau, composé et commencé par Hubert, repris par Jean en 1426, après la mort de son frère, et terminé en 1432 Le panneau principal est encore aujourd'hui dans une chapelle de l'église Saint-Bavon de Gand, pour laquelle il fut fait.

Les volets, au nombre de huit, peints sur les deux faces, ont émigré aux musées de Bruxelles et de Berlin; mais on a pu reconstituer à (iand le retable entier, sauf une prédelle perdue, en remplaçant les parties manquantes par une remarquable copie de la main de Michel van Coxie. « On n'ouvrait le retable de l'Agneau, nous apprend Carel van Mander, que pour les grands seigneurs ou contre une bonne rémunération donnée au gardien. La foule ne le voyait qu'aux jours de fêle. Mais il y avait alors une telle foule qu'on en pouvait difficilement approcher, et la chapelle ne désemplissait pas de la journée. Les peintres jeunes et vieux et les amateurs d'ai l y affluaient comme par un jour d'été les abeilles et les mouches volent par essaims autour des corbeilles de ligues et de raisins. »

L'œuvre «-tait diune de cette exubérante admiration : grandes ligures drapées dans des vêlements aux couleurs éclalantes et profondes; anges VÔlUS de robes

de brocart, qui chantaient avec une pieuse application; Adam el Ëve, copiés d'après nature et pour ainsi dire vivant--, chez qui l'on retrouvait jusqu'aux déformations des modèles; soldais du Christ, figures d'anges, chevaliers, pèlerin--, anachorètes, patriarches, vastes paysages dont les Heurs, les feuilles, pou rra il -on dire sa us exagération, étaient des « portraits » en miniature ; tout cela dépassai! tellement les œuvres des maîtres les plus estimés que la pensée d'une sorte de miracle venait naturellement à l'esprit des spectateurs.

Jan. resté seul, n'eul plus l'occasion d'entreprendre des ouvrages d'aussi longue baleine. Devenu, à partir de 1423, peintre et ci varlet de chambre » du duc de Bourgogne Philippe le Bon, il peignit plusieurs Vierges glorieuses avec donateurs, celle du Louvre vers 1 133 sur un fond merveilleux de paysage, celle de l'Académie de Bruges (1436), moins étonnante d'exécution, mais d'un effet plus large. Quant à ses portraits, ils sont tous des chefs-d'œuvre. Tout le momie connaît Y Homme à l'œillet, du musée tle Berlin, vraiment prodigieux de vérité, malgré un peu de sécheresse; les deux portraits de Vienne; les Irois portraits de la National Gallcry, parmi lesquels celui ^Arholfini el </< sa femme.

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