LECORPS DE SAINTE CATHERINE PORTÉ PAR LES ANGES
L'aht nouveau qui s'était formé en Italie au commencement du xve siècle avail suivi un cours paisible el large à travers trois générations d'artistes. Il restai) à la morl de Laurent le Maguilii[in' ce > j 1 1 ' 1 1 étail au temps de Cosme de M é— dicis. L'imitation dè l'antiquité n'avail pas fait de progrès décisifs depuis 1rs novateurs qui en avaient donné l'exemple.
Pour l'artiste italien du xv° siècle, l'art étail avanl toul la Musée du Louvre. représentation attentive et beh n audi no luini. sincère de la vie contempo-
le silence raine. Les sculpteurs sont tous
des portraitistes ; les peintres peuplent leurs tableaux el leurs fresques de huis ceux qui veulent bien poser devant eux. Le sujet religieux n'esl plus qu'une scène familière ou qu'un prétexte à assemblées, à cortèges et à cavalcades. Si quelque rêveur isolé Bottrcelli ou Bellini - - veut se créer des spectacles que la place publique ne donne pas, les allégories et les mythologies créées par cet artiste prennent des formes charmantes et bizarres, auxquelles il est difficile parfois de donner un nom. Les maîtres qui, vers la fin du siècle, se détournent du calme bourgeois que conservaient les personnages de Ghirlandajo, pour chercher des expressions et des attitudes compliquées, prêtent à
leurs figures féminines des senti ntsqui semblent hésilerentre
le plaisir et la douleur. Le langage des ànies (lotte de tableau en lableau comme une musique vague, sous laquelle on nepeul mettre des mois. L'art italien du xv° siècle est un spectacle (I énergie, de grâce el d'opulence : il n'alteinl que Irès rarement au drame, jamais à l'épopée.
Après les artistes qui avaient mis une ardeur d'amoureux et une conscience de savants à traduire la réalité dans sa bigarrure imprévue el dans son désordre mouvant, il étail possible de rendre à l'art ce qu'il avait perdu, après Giotto et son école ;
l'ordonnance harmonieuse, les formes nobles, la gravité religieuse et la richesse intellectuelle. C'est à quoi s'appliquèrent des mailres capables de traduire el de concevoir les plus hautes pensées. L'art italien, élevé au-dessus de la réalité el de la vie, s'adressa moins à la curiosité des yeux qu'à la réflexion des intelligences, l'niversel comme la raison, il pul èlre un objet d'admiration pour lous les hommes de bonne volonté.
La transformation qui lil de l'art italien un arl humain s'accomplil ou s'acheva hors de Florence. La ville îles Médicis avait été troublée e1 ruinée, dans les dernières années du xvc siècle, par la réaction religieuse, la révolution politique, les désastres commerciaux. Toujours féconde en artistes, Florence laissa ses enfants les plus illustres concourir à rembellissenienl d'une autre ville historique.
Depuis le commenceinenl du xvr siècle jusqu'au sac de I-">-7,
Borne fut le lieu de réunion des I unes supérieurs par leur
génie ou leur culture, la capitale de l'esprit el de l'art. Déjà pendant le siècle précédent les papes avaient attiré à leur service les meilleurs peintres de Florence et de 11 lin brie. (Jn pape qui l'ut la volonté' la plus puissante de son temps couronna l'œuvre de ses prédécesseurs en faisant. du Vatican un sanctuaire d'art unique dans le momie. Au-dessus des fresques laissées par le w siècle sur les parois de la chapelle de Sixte iv, Michel-Ange peignil la voûte; au-dessus de l'apparlemenl Borgia, décoré par Pinturicchio, un étage du palais fut couvert par les compositions de l!ap'haè'ljà côté du Vatican, un nouveau Saint-Pierre s'éleva sur les ruines de la vieille basilique pontificale. Ces grandes œuvres lurent toutes entreprises par ordre de .Iules II. Le pontife redoutable qui voulut s'entourer d'épopées ne doil pas être séparé des artistes qui ont donné à son nom l'immortalité de leurs œuvres.
L'ARCHITECTURE
C'est à Rome que lurent conçus les monuments les plus audacieux et les plus originaux de l'architecture déduite des principes do l'art antique. Les grandes ruines qui avaient été l'école de Brunellesco inspirèrent encore un architecte qui venait à elles, après avoir dépassé ses aînés, les novateurs llorenlins.
Bramante d'L'rbin avait passé plus de vingt ans en Lombard if ;
LIS Ml SKI ; D'ART
c'est là qu'avait mûri son génie, moins soucieux île rigueur géométrique et de noblesse conventionnelle que ije fantaisie et île vie. Après la déchéance de son protecteur, Ludovic le More. 1 architecte quitta Milan en 1499 pour s'établira Rome. Il y acheva tout d'abord un palais commencé sur 1rs plans qu'il avait envoyés de Lombardie au cardinal Raphaël Riario, neveu de Sixte IV. Ce palais, aux angles duquel est sculpté l'écusson des délia Rovere, et qui fut occupé longtemps par la chancellerie ponlilieale, oll're les lignes simples et graves d'un palais florentin, tel que le palais Ruccellaï. Le maître d'Urbin éleva encore, près du Vaficant une autre demeure i ai dinalice, qui esl aujourd'hui le palais Torlonia. liés smi arrivée à Rome, il commença, sur le Janicule, au lieu où la légende plaçai! la croix de sain! Pierre, une chapelle ronde iï coupole San Pietro in Monlorio). Celle rotonde esl entourée d'une colonnade circulaire, don! l'oi dre toscan esl la première copie exacte des prolils el des proportions antiques à laquelle Bruinante se soil essaye'.
Dès que le grand architecte, déjà sexagénaire, eut entrepris d'agrandir e( d'ennoblir son style ti milanais » par l'étude de Rome, .Iules II reconnu! en lui le seul homme à exécution un double projel que Nicolas V formé, vers l'i'ii). el n'avait pu réaliser. Il s'agissait, en premier lieu, de donner au Yalicau. celle ville fortifiée, chaos d'habilalions el de tours, la majclucuse unilé d'un palais de Stylé classique; en second lieu, de reconstruire, sur un nouveau plan, la vi: 1 1 1 « * h euh que de 5 unl-Piei i q ii depuis longtemps mena ut ruine. R ramante conçut, avec son étonnante promptitude, des plans immenses. I n double corps de h ilimenls devail réunir la forteresse de Nicolas V à la lointaine villa d'Innocent \ III le Belvédère). Ces constructions eurent pour façades des logijich deux élages, dont l'ordre l'ut iuiiié du théâtre de IWarcelkis. Elles servaient (l'enceinte à un long stade, préparé pour les tournois et les spectacles : le décor du fond était une énorme niche, adossée au Relvédère. el qui s'ouvrait, lace i'i l'.ipparlement de .Iules n, comme l'abside démesurée d'un temple à ciel ouvert. Une autre construction formée de /0971e devait
agrandir le palais apostolique- dans la direcli tu Tibre. Aucun
de ces édifices ne lui .achevé par celui qui les avail dessinés, cl la plupart d'entre eux ont été défigurés par des additions de
toute sorte. La niche du Belvére esl aujour-
riiol. Al!nnri