LE CHATEAU DE C II A M BORD LANTERNE DU GRAND BSCAL'SR
LA renaissance en fbance
pour allumer l'ardeur dont il brûla jusqu'à la fin et dont tout le profit revint à la France.
Son génie s'étendit à tout. Dès 1520 on voit la ville de Tours en possession d'une sorte d'atelier officiel, où des artistes de tout genre, peintres, sculpteurs . la pissiers, orfèvres, travaillaient aux gages de la Couronne.
Mais ce que le règne de François Ier fit d'abord sentir de plus nouveau , c'est un goût de la peinture qu'on n'avait poinl connu. De grands ouvrages de Raphaël commencèrent, pour lui plaire, à prendre li' chemin de France. Léonard de Vinci .
puis André de! Sarte passèrent les monts plus vastes qu'une commission temporaire le premier dut tenir prés du roi principali conseiller et d'un précepteur des choses i
Phol. île M Formct.
LE C1IJTEAU l>i: CHAJIUOllD
Il raut nent le e l'art.
Cl un saire
à qui voulait s'instruire parmi cette abondance de lumières que
versait l'Italie d'alors. André del Sarte eut bientôt mission de rapporter au mi des antiquités et des œuvres d'art. Renvoyé pour ce dessein dans sa patrie, il croqua l'argent et n'osa plus reparaître. Léonard mourut en loi'.». Toutes les dispositions de
1'' ran roi s l" manquèrent à la fois, et de glorieux projets fuient ajournés.
Cependantllorissait à la cour de France, indépendant de pareils risques et non moins protégé du roi, l'art,
délicat des petits portraits à l'huile, auquel le nom de Clou ut demeure attaché. On doit croire que Jean Clouet,dit Janet, travaillait chez nous dès 1514.
Il n'était cependant pas Français, et ses talents, quoique d'un autre genre, n'étaient pas moins nouveaux chez nous que ce qu'on s'efforçail d'y attirer d'Italie. Ce qu'ils ont. de plus remarquable est la quantité de crayons qui voyaient le jour en même temps que ces peintures et leur servaient de préparations.
P <) lt THAÏ T DE FRANÇOIS Ier
Tout porte à croire que l'auteur inconnu d'un grand nombre de ces crayons, conservés au château de Chantilly, n'est .-mire que Jejai Clouct. Le même artiste peignil en miniature le roi cl les prai* de Marignan, dans les Dialogue* <k la Ûwrre gudique, e( s;ius doute Louise de Savoie, dans le livre d'Heures dit de Cathmrine Me Médicis, el qui lut fail pour François I"'. Qualii tableaux à l'huile doivent passer pour être 'I'- ce peintre : un pelil François I« au Louvre, le Dauphin son fils aîné à Anvers le duc Claude de Guise .'i Florence, un Inconnu au i-hàlcau de llamplon Court, Tous e..s ouvrages «I m l'idée d'une habileté tempérée, uns.' en valeur avec infiniment d'adresse. L'exécution
,,sl agréable, In couleur précieuse, à la manière des
Pays-Bas, d'où l'on croit que h i lirait sou origine.
François I" ne laissait pas de tourner ses soins du cAlé de ce pays. Il en lit venir plusieurs fois des tableaux. Il en sollicitait les peintres. Josse Vanclève vintà sa prière peindre 1rs personnes de sa cour. Plus tard on le voit acheter jusqu'à des bajmbo.chades, œuvres peut-être de Jean Mandyn d'Anvers, qui travaillait dans le genre «le Bosch. Fnfin le grand nombre de portraits peints par Corneille de lu Haye, dit de Lyon, qui dos mains de l'amateur Gaignières ont abouti à Versailles, atteste les incessants rapports que ce peintre commençait alors à entretenir avec la cour.
Quant à la miniature, la pratique en était ancienne en France. Jean Dourdiehon, qui peignit en ce genre pour la reine Anne, est le premier en qui l'on voit poindre l'imitation des maîtres d'outre-monts. Jean Pjerréal, nommé Jean de Paris, plus souvent cité comme peintre, et qui avait suivi Charles VHI en Italie, parait avoir été bien plus habile. L u étranger, Jlaniand encore,' Godefroy le Batave, a décoré les Ihnh.gucs de la Guerre gallique et quelques autres manuscrits français de fins camaïeux dans le style de Lucas de Leydc.
Près de ces petits ouvrages se placent naturellement quelques excellentes gravures eu bois de cette époque, peu difiérentes de ce que l'Allemagne produisait alors de meilleur, témoignage de talents précieux, entre lesquels ceux de Geoffroy Tory tiennent
une première place. Cet artiste, qui fut aussi écrivain, auteur du fameux Chaui/leury et propagateur zélé des idées de la Renaissance, mérite du chef de ses estampes de bien autres éloges que Jean Duvet, dont les tailles-douces, vouées à une grossière imitation de Mantegna, ont inondé toute cette époque.
Règne de François /"', seconde période. — La captivité de Madrid et les désastres qui la causèrent tonl une époque dans le règne de François l01', après laquelle les événements se renouent dans des conditions légèrement différentes. Les vingt ans de ce règne qui s'écoulèrent ensuite en marquent, quant aux arts, la plus brillante période. Le roi se remaria. Sa mère mourut. La laveur de M"" d'Ftampes succéda à celle de M'"e de Chàteaubriant. Le cardinal de Ferrare parut comme ambassadeur à la cour. De nouvelles résidences, auxquelles il est constant que François Ier donnait ses préférences, s'élevèrent. Des peintres italiens s'établirent en France, et tontes sortes de nouveautés naquirent, par où se marquent les [dus grands progrès de cette histoire.
C'est en 1531 que le Hosso, Florentin, vint en France, expressément appelé par le roi. La reconstruction de Fontainebleau était commencée depuis trois ans. Il s'agissait de faire de ce rh.ïteau une habitation digne du roi de France et d'un émule des plus fameux Mécènes dont s.- soit vantée l'Italie. Le Hosso commença la galerie qui garde encore le nom de François I" et porte jusqu'à la postérité le témoignage des talents dont la Fiance recueillait le présent inestimable.
Un mélange de peintures et de bas reliefs en stuc, tel que son pays d'origine n'en connut jamais de plus brillant, couvrit, sous les mains de cet artiste, 1rs murs agrandis du vieux palais de saint Louis. Quinze compositions mythologiques à fresque s'.' tolèrent au milieu d'une profusion d'ornements extraordinaire et non moins variée qu'agréable. D'un seul coup el comme en se jouant, le Rosso renouvelait chez nous l'ornemenl et la ligure, et taisait tenir dans ces débuts 1rs modèles de trois générations d'artistes. Fn grand nombre d'auxiliaires l'aidait à cette tâche, dont les pl:is habiles furent aussi Florentins. Mais il ne devait pas
LA G A L E II I E FRANÇOIS Ier AU CHATEAU DE FONTAINEBLEAU
LA HENAESSANCE EN F K A N C E
être longtemps le seul maître. L'année suivante, en lo32, le Primatice lui fut adjoint. Celui-ci fut de Bologne et venait durant cinq ans de travailler à ce palais du Té que Jules Romain élevait à Mantoue pour les Gonzague. Le mélange de stuc et de peinture est une des choses qu'on y admire, mais d'un autre style que celui du Hosso.
Tel qu'on le vit en France des mains de ce dernier, ce mélange ne se rencontre eu aucun autre lieu, liés sou arrivée ht Primatice l'adopta. On le chargea de la chambre du roi, de tout temps nommée chambre de Saint-Louis, de celle de la reine, de la porte Dorée, qui formait en ce tempslà l'entrée principale du château. Plus souple et plus aimable que celui du
Rosso, son style l'emportait dans les peinturés; mais il demeurait au-dessous quant à l'invention ornementale. En cela disciple de son rival, la cheminée de la chambre de la reine, nommée salon de François 1°'', ne laisse pas de le faire priser très haut. On a cru ces artistes ennemis. C'est un fait que rien ne confirme. Il est au moins certain qu'en plusieurs rencontres ils ont travaillé de concert. Ensemble ils décorèrent le pavillon de Pomone, dans les jardins de Fontainebleau, ensemble la