L A M P E EN C 11 O N /. E
Trouvée à Pompéi.
Musâc du Louvre
VASE AUX CIGOGNES Provenant du Trésor Je Uosco Realc, prés Pompéi.
Phot. Girnudon. Louvre.
CASQUE O 11 X É DE RELIEFS Bronze.
jamais la postérité. Iri se déroulent des rinceaux d'une allure superbe, entremêlés d'oiseaux, de lions, de chevaux; là, sur un fond jaune, vert ou bleu, flanqué de colonnettes, se détachent mille petits motifs spirituels : tableaux négligemment suspendus à un fil, médaillons, masques, torchères, cornes d'abondance, d'un arrangement aussi libre qu'harmonieux, quoique parfois trop détaillé; des hippocampes, des éléphants, des vases, des festons, des ornements sans nombre viennent charmer l'esprit et égayer les yeux. Puisée sont des architectures ou des paysages pleins d'imprévu et d'une pers?
pective délicieusement défectueuse. (Des ornements analogues ornaient jadis les thermes de Titus à Rome et servirent de
modèles à Raphaël quand il peignit ses merveilleuses grotesques des I. nges du Vatican.)
A Pompéi, ou remarque une coloration tour à tour gai'', chaude ou vibrante, et un certain laisser aller dans la composition. Rien de plus contraire à la raideurel à la symétrie des Byzantins, à leur recherche de l'éclat ou de la solennité.
A lîoine, les peintures de la maison ditedeLive,sur le Palatin, nous offrent des compositions d'un style à la fois libre et châtié : l'u/y/i/icnie et (îhlaiée. uni' Rue de Rome, [fermés délivrant lu, etc. Puis ce sont, au musée du Vatican, les Paysages tirer des sc'ws de l' Odyssée, trouvés sur l'Esquilin, les KnfanLsjniimt, trouvés à Oslie, ei surtout la scène nuptiale connue sous le titre de Noces A Idobrandines . Dans celle page, qui appartient au débutde l'Empire, on admire la beauté des ligures isolées, comme celle des groupes.
Kmsington. Londres. <|"i toutefois ne sont pas suffisamment l'ivoire reliés les uns aux autres.
des svmmaques A côté de la fresque, une place
LE GRAND CAMEE DE VIENNE En liant, l'empereur Auguste et sa famille. En bas, des captifs gauloi
de CUUCS lUIllll
des temples ; on Les grands eh Naples, la Bataille d'Arbelle,
d'honneur revient à la peinture a l'encaustique : portraits d'un réalisme saisissant, conservés au Louvre et au British Muséum, puis la série si riche trouvée en
Egypte e1 où le tyj riental est
rendu à la perfection, avec ses grands yeux el son nez busqué (Collection Graf, à Vienne).
Mais c'est surtout la mosaïque qui nous a conservé les chefsd'œuvre de la peinture romaine. Quelques mots tout d'abord sur les origines de cet ai l, que l'on a appelé la peinture pour l'éternité. La mosaïque, soit en cubes de marbre, soit en cubes d'émail, csl un art essentiellement romain ; les Grecs l'onl à peine pratiqué. A Rome, à partir du Ier siècle de notre ère, cet art envahit toul : il recouvre le sel, les parois, les plafonds, (in incruste dores les fontaines de Pompéi, les pavements >n fait des tableaux portatifs, l's-d œuvre de la mosaïque sonl : au musée de u d'Issus (provenant de Pompéi cl
probablement imitée de quelque peinture grecque) ; à Pa lest ri ne, les Scènes île la vie égyptienne, avec une inondation du Nil, ouvrage colossal, exécuté au temps d'Adrien, el qui m:
i enferme pas moins de six mi sepi millions de cubes de marbre, qu'il a fallu assort i r, laillei , assembler.
l ue autre mosaïque célèbre, au musée du Lalran, contient les portraits «les gladiateurs, belluaires, rétiaires, les plus fameux du ur siècle, avec leurs biceps énormes et leurs faces bestiales.
GOBELET D ARGENT OU NÉ DE SQUELETTES Trésor de P.osco Reale, près Pompéi
C'est une page d'histoire : rien ne saurait mieux rendre Pabrutissemenl du peuple romain vers la fin de l'Empire.
A tout instant aussi, la mosaïque se fait ["interprète «lu sentiment national le portrait » 1 < ■ Virgile, récemment découvert à Sousse, en Tunisie), voiredu patriotisme de clcielier les Fartions du cirque, au musée Kircher .'i limne. les Courses de clinrs, au musée de Lyon, etc.), témoignant par là de son désir de se maintenir en contac t avec les populations et de Faire œuvre vivante. Elle sert, en outre, d'auxiliaire à renseignement, en ornant le sol des édifices publics de vastes allas d'histoire naturelle, représentant la faune d'une région. Les trompe-l'oeil enfin lui sont chers : tantôt c'est, sur le sol de IVrjfrtwre., un chien prêt à s'élancer sur le visiteur; tantôt ou voit sur le sol du triclinium les débris d'un festin
os, croûtes, épi uc hures de fruits — imités à la perfection ; tantôt encore des Colombes buvant dans un vase (musée du Capitule).
En considérant la diversité des matières abordées parla mosaïque,on nepeuts'empôcherde prendre celle-ci pour un auxiliaire de la peinture plutôt que pour un art indépendant, ayant ses règles à lui et pouvant vivre d'une vie qui lui est propre. Ce qui frappait le plus les Romains, c'était la solidité de Vo/ms Irssellnlum ou vcrmiculalum ; ils s'en servirent avant tout pour assurer aux inventions des peintres une existence [tins longue que celle qui était départie à la fresque.
Assurément, dans l'immense majorité des mosaïques antiques, entre autres celles de la Gaule ou de l'Algérie, le souci de la décoration domine. Il n'en est pas moins vrai qu'un certain nombre de ces ouvrages semblent n'être que des copies de fres-
F 11 i:sq r E
Il E I» lt E S E X T A Trouvée à la
ques, et de fresques qui souvent n'ont rien de monumental.
Ce qui manque avant tout à celte catégorie, c'est l'ordre, la symétrie, le style, qualités indispensables à des compositions destinées à faire partit!
intégrante d'un palais ou d'un temple, et sans lesquelles les
imenls, voire le> plus lini^,
ne sauraient concourir el'licacemenl à la décoration de l'édifice. Nul plan, nulle unité, nul effet. L'inégalité de taille el la répartition arbitraire des ligures y excluent la pondération. Là où l'on cherche des groupes savamment composés, on ne découvre que lignes heurtées el confuses. Celle lacune s'accuse encore par suite de la recherche de la vie, mais d'une vie qui n'a rien de commun avec celle que les poètes ou les artistes doivent prêter à leurs créations : l'action est trop animée, les mouvements trop brusques, le-, attitudes parfois triviales; I ensemble enfin proclame un réalisme vraiment déplacé dans un ensemble architectural. Il y a pis : sans se demander si la perspective aérienne n'esl pas inconciliable avec l'emploi de mon eaux de marbre, les mosaïstes de l'antiquité ont tenu à composer des tableaux à plusieurs plans et se sont plu dans les paysages les plus compliqués.
Trop souvent, le coloris est à l'avenant. Loin de concentrer la lumière sur les groupes ou sur les figures qui (dirent le plus d'intérêt, les mosaïstes l'ont uniformément répandue sur toute la surface de la composition. Celle lumière, qui est le vrai plein air des modernes, n'a rien de l'éclat mystérieux auquel nous ont accoutumés les artistes des âges suivants. Les ligures, considérées à part, se distinguent, d'ordinaire, par une carnation dès chaude d'un brun foncé et comme hàlée dans
XT LE SUPPLICE Maisou des Vettii.
L'ART ROMAIN
Phot. Alinari. ' Musée de Naplea
UN CHIEN A L'ATTACHE Mosaïque de Pompéi.
Phot. Alinari. Musée de Naples.
UNE SCÈNE DE COMÉDIE Mosaïque trouvée à Pompéi.
les nus. Quant au costume, estil nécessaire de l'ajouter, il
ignore encore la richesse que lui donnera le Bas-Empire.
Mais n'y a-t-il pas lieu de plaider les circonstances atténuantes eu égard à l'emplacement même dans lequel étaient reléguées les mosaïques? Dans un édifice où les lignes verticales déterminent la direction et le choix de tous les ornements, une peinture à personnages, tracée sur le sol, se trouve virtuellement exclue du système général de décoration.
En tout état de cause, ces tendances jurent non seulement avec l'esthétique moderne, mais encore avec le système qui allait s'affirmer, peu de temps après la chute de l'Empire romain, d'un bout à l'autre de l'Europe chrétienne.
LES ARTS MINEURS
Dans les arts mineurs, il n'en est pas un qui n'ai I été pénétré d'un souffle d'art.
Abstraction faite des raffinements qui sentaient la décadence (abus de matières précieuses ou technique trop quintessenciée, le raie préféré au beau), que de formes pittoresques ou nobles, et comme chaque objet est approprié à sa destination tout en gardant du style!
L'orfèvrerie romaine rivalisait avec la statuaire, dont elle formait une branche. 11 suffit de rappeler ce qu'il y a d'élégance,
Phot. Alinari. Musée de Naples.
LE BOULANGER PAQUIUS PROCULLS ET SA FEMME Peinture trouvée à Pompéi.
COLOMB i :
Mosaïque romaine, trouvée à 1;
d une mosaïque
de richesse, de fantaisie, dans la vaisselle plaie découverte à
Hildesheim (au musée de Berlin), de Bernays (au I !abine1 des médailles de notre bibliothèque Nationale), de Bosco Reale (au musée du Louvre). Ce sont tantôt des formes savantes et nobles, procédant de la céramique, voire de l'architecture; tantôt des motifs pleins d'imprévu : ici, au fond d'un plat, se développe un haut relief représentant Minerve, merveilleusement drapée et pleine de majesté; ailleurs, des squelettes s'agitant sur des coupes rappellent aux buveurs qu'ils n'ont point de temps à perdre pour jouir de la vie. Puis c'est tout un monde d'ustensiles aux formes variées et toujours pittoresques, des ornements de toilette délicats et ingénieux.
L'armurerie mérite d'être citée à côté de l'orfèvrerie : elle aussi était considérée comme une forme de l'art. Les plus élégants ornements, des figures ciselées ou repoussées, enrichissaient les casques, les cuirasses, les boucliers, les glaives, les insignes des étendards. Citons, au Cabinet des médailles de Paris, d'argent (missorium) dit d'Anibre que noble : on y voit, au ms divergents, un lion qui passe, léganl ou somptueux, toujours
Musée du Capitole.
lia d'Adrien , près de Sosos de Perçamc.
Tivoli, imitée
le bouclier ou plutôt le plateau nibal, avec sa décoration aussi s centre d'un disque, couvert de ray< Le vomi. 1er élail tour à tour i'
souple et harmonieux, grâce à la plasticité de l'esprit antique.
Musée du Vatican.
LES NOCES ALDOBHANDINES
LE MUSÉK D'A II T
qui permettait de multiplier indéfiniment les forme