BOUTON
guerre venait d'être déclarée, et où M. Thiers fit entendre ces paroles prophétiques :
Je suis certain qu'il y aura des jours où vous regretterez votre précipitation.
Mots qui lui valurent cette violente apostrophe du marquis de Pire :
Vous êtes la trompette antipatriotique de la défaite.
[Moniteur du 16 juillet, p. 1260, col. 3.)
Après une suspension pendant laquelle la Chambre se retira dans ses bureaux pour délibérer sur une demande de crédits, la séance fut reprise le soir à 8 h. 1/2. M. le marquis de Talhouët, rapporteur de la commission, s'exprima en ces termes :
M. le ministre de la guerre nous a justifié en peu de mots Turgence des crédits demandés et ses explications catégoriques... nous montraient qu'inspirées par une sage prévoyance, les deux administrations de la guerre et de la marine se trouvaient en état de faire face avec une promptitude remarquable aux nécessités de la situation.
Ce dut être en cette circonstance que le maréchal Le Bœuf, ministre de la guerre, prononça, soit devant la commission, soit dans les couloirs de la Chambre, les fameuses paroles qu'on a si souvent rappelées et que nous n'avons pas trouvées au Moniteur,
M. le général Du Barrail, recherchant les responsabilités dans la guerre de 1870, en attribue une petite part au maréchal Le Bœuf. « Certes, dit-il, je ne lui reproche pas d'avoir dit devant la Chambre : t Nous « sommes prêts et archiprêts. La guerre dût-elle durer a deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre « à nos soldats. • Là, il ne pouvait parler autrement. »