BRIGADIER
On fit circuler sous TEmpire une parole assez réussie de cette chanson, dont nous ne reproduirons que le premier couplet :
Deux gens d'Etat, un beau dimanche, Pataugeaient le long d'un budget :
L'un mettait le poing sur la hanche, L'autre ruminait un projet.
« Oui, sire, le vide sonore Résonne dans votre caisson.
— Mon cher Fould, répondit Pandore, Il faut redorer l'écusson. »
(bis)
Une autre parodie causa un jour une vive mortification à l'excellent Nadaud.
S'étant engagé pour un dîner intime chez Lamartine, le chansonnier accepta une autre invitation, pour le même soir, chez la princesse Mathilde. Lamartine se vengea assez doucement d'ailleurs, de cet abandon, en improvisant une épigramme dont le Figaro du 24 juillet 1895 a donné ce texte, exact, affirmait-il :
Hier, un vaincu de Pharsale M'offrait un dîner d'un écu : Le vin est bleu, la nappe est sale ; Je n'irai pas chez le vaincu.
Mais que la nièce d'Auguste M'invite en sa riche maison, J'accours, j'arrive à l'heure juste !
— Chansonnier, vous avez raison.
Signé : Alphonse coquenard.
Dans la préface de ses Nouvelles chansons à dire (1889), Nadaud reproduisait une lettre de Lamartine, dans laquelle celui-ci s'efforçait d'adoucir la blessure qu'il avait faite au chansonnier.