‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 126 sur 434 · CAPORAL · texte numérisé non relu

CAPORAL

petit caporal, resté longtemps à Napoléon parmi les ■soldats.

[Mémorial de Sainte-Hélène, du 1*' au 6 septembre 1815 ; édit. Lecointe, 1828, t. I, p. 232.)

Un dessin de Charlet, gravé par Debucourt vers 1828, •et reproduit dans tous les formats, représente une sentinelle barrant le chemin à Napoléon, et s'écriant :

On n'passe pas... Fvous dis qu'encore bien même qu'vous seriez le pHit caporal, on n'passe pas!!

Le héros de cette anecdote serait, d'après un article •de l'Illustration du 24 octobre 1846 (p. 117), qui publiait son portrait, le soldat Jean Coluche, né en 1780, qui fit ses premières armes lors de la campagne de Prusse en 1806.

C'était en 1809, disait-on dans cet article, après la victoire d'Ebersberg, bourg sur la Traun entre Linz et Vienne. Ce bourg avait été livré aux flammes pendant Faction, et Napoléon se logea dans une masure à demi ruinée par r incendie. Jean Coluche fut mis en faction devant sa porte, avec un soldat de la garde impériale, et la consigne qu'ils reçurent était de ne laisser entrer ni sortir aucune personne qui ne fût accompagnée d'un officier d'état-major. Vers le soir, et bien enveloppé de sa modeste redingote grise, Napoléon quitta son palais de décombres. « On ne passe pas ! » lui cria Coluche. Pensif, et la main dans la poitrine, Napoléon, sans l'écouter, continua de marcher à sa rencontre. Coluche prit son fusil à deux mains : « Si tu fais encore un pas, je te... plante ma baïonnette dans le ventre. »

Accourus au bruit, des officiers intervinrent. Napoléon rentra, et Coluche put se croire perdu. L'empereur le fit appeler et lui donna la croix.

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