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ENTENTE

D'autres événements qui venaient de s'accomplir à Taïti (affaire Pritchard) faillirent troubler gravement la bonne intelligence des deux nations, et permirent de donner à l'expression du discours royal un sens tristement ironique.

On sait que l'amiral Dupetit-Thouars, exaspéré par les intrigues du missionnaire anglais Pritchard à la cour de la reine Pomaré, crut devoir remplacer notre protectorat à Taïti par une occupation (5 novembre 1843). La nouvelle en parvint à Paris seulement dans la matinée du 16 février suivant.

Afin que Ventente cordiale ne fût pas compromise, l'amiral fut bientôt désavoué par le gouvernement français.

L'expression du discours du Trône n'était d'ailleurs que la traduction de celle dont s'était servi peu de temps auparavant le ministre anglais lord Aberdeen, dans une lettre confidentielle adressée à son frère, sir Robert Gordon, ambassadeur à Vienne, à propos de la politique qu'il désirait suivre à Tégard de la France : « A cordial good understanding », une cordiale bonne entente. M. Thureau-Dangin pense que ces mots furent alors formulés pour la première fois. (Histoire de la Monarchie de Juillet, t. V, p. 207.)

En 1897, une association anglo-française fut fondée sous le titre de « l'entente cordiale », ayant pour but d'améliorer les bonnes relations entre l'Angleterre et la France.

Malgré les efforts du comité de Londres qui, sous la présidence de sir Arthur Arnold, tint sa première réunion le 11 juin, cette association paraît avoir été accueillie avec quelque froideur dans le monde politique anglais.

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