FORTUNE
l'attribuant au poète Appius Ceecus (fabrum esse stiœ guemqtie fortunœ).
Citons encore ce vers de Publius Syrus :
Fortunam cuique mores confingunt sui.
(Pour chacun de nous, le caractère est Tartisan de la fortune.)
« Ouvres, c^est la fortune de la France. »
Lorsqu'après la défaite que lui avait infligée à Grécy (26 août 1346) le roi d'Angleterre Edouard III, Philippe VI de Valois s'enfuit du champ de bataille avec quatre barons, il chevaucha jusqu'au ch&teau de la Broie. La nuit étant venue, il trouva la porte fermée et le pont levé.
Lors fist le roy appeller le chastelain qui vint sur les guettes et dist : Qui est ce la qui appelle a ceste heure. Le roy dist ouvres ouvres chastellain c'est la fortune de france.
Tel est le texte que nous relevons dans la plus ancienne édition des Chroniques de Proissart, imprimée vers 1495 (fol. 90 V^ col. 1).
Sur la foi de ce premier éditeur, plusieurs historiens sans défiance ont adopté et répété le mot ; il en est même qui, plus naïfs encore, ont cru devoir l'admirer. Il n'a été reconnu faux que vers la fin du xviii* siècle par M. J. Dacier, qui, s'étant avisé d'en vérifier l'exactitude sur les manuscrits, y a lu non pas : Cest la fortune de France, ou de la France, mais bien : Cest Vinfortuné roi de France, ce qui est peut-être moins théâtral, mais infiniment plus conforme à la vraisemblance.