GLISSER
Glissez, mortels, n^appuyez pas.
Ce vers termine un quatrain inscrit au bas d'une gravure qui date de la première moitié du xyiii** siècle, intitulée VHyver, et représentant des patineurs :
Sur un mince cristal l'hiver conduit leurs pas,
Le précipice est sous la glace.
Telle est de vos plaisirs la légère surface :
Glissez, mortels, n'appuyez pas.
La composition, due à Lancret, est gravée par Nicolas de Larmessin.
Les vers portent la signature d'un assez médiocre poète nommé Roy, plus célèbre par certaines histoires de coups de bâton que par ses ouvrages.
Voltaire, dans ses épigrammes, et Grimm, dans sa Correspondance littéraire, Taccablèrent plus d'une fois de leur mépris comme homme et comme poète.
Roy n'était pourtant pas sans quelque talent. Deux de ses ballets, les Sens et les Eléments, eurent un grand succès, et il faut reconnaître que dans son quatrain sur les patineurs il n'avait pas été mal inspiré.