HOCHET
Je maintiens, ajoutait-il, que tout signe qui sert à distinguer un citoyen doit être aboH.
[Moniteur universel du 3 juin 1848, p. 1249 et 1250.)
Cette expression malheureuse, digne d'ailleurs de M. Prudhomme, causa un mécontentement presque unanime. Elle est restée légendaire, et nous Tavons entendu maintes fois répéter sans qu'on sache toujours par qui elle a été mise en honneur.
Ce n'était d'ailleurs pas la première fois que la croix était dédaigneusement qualifiée de hochet dans une assemblée.
Le comte Thibaudeau rapporte ainsi, dans ses Mémoires sur le Consulat^ les paroles échangées entre Bonaparte et Berlier, dans la séance du Conseil d'Ëtat du 18 floréal an X (8 mai 1802), alors qu'on discutait sur la création de la Légion d'honneur.
Berlier aurait dit : « L'ordre proposé conduit à l'aristocratie ; les croix et les rubans sont les hochets de la monarchie... »
— Je défie, répondit Bonaparte, qu'on me montre une république ancienne ou moderne dans laquelle il n'y ait pas eu de distinctions. On appelle cela des hochets ; eh bien ! c'est avec des hochets que Ton mène les hommes..., les Français ne sont pas changés par dix ans de révolution... Ils n'ont qu'un sentiment, Vhonneur.
(Paris, 1827, p. 81 et 83.)
Dans la Légion d'honneur, son institution^ etc. (1854, p. 3), Alexandre Mazas parle d'une autre conversation tenue entre Bonaparte et Monge, devant quelques invités, un soir de février 1802, dans la salle dite « du conseil », au château de La Malmaison.
Bonaparte avait fait remarquer à Denon, directeur