‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 427 sur 434 · JEU — JEUDI · texte numérisé non relu

JEU — JEUDI

La reine Christine de Suède, fille de Gustave-Adolphe, lors de son second voyage en France, en 1658, exprima le désir d'assister à une des séances de l'Académie, où Ton devait travailler au dictionnaire.

L'académicien Patru nous a laissé, dans une lettre à d'Ablancourt, le récit de cette royale visite, qui eut lieu le 11 mars.

Les académiciens présents lui firent entendre plusieurs morceaux de poésie, après quoi le directeur lui proposa de lui lire un des cahiers du dictionnaire :

Fort volontiers, dit-elle. M. de Mézerai lut donc le mot de JEU, où entre autres façons de parler proverbiales il y avoit : Jeux de prince, qui ne plaisent qu'à ceux qui les font ; pour dire une malignité ou une violence faite par quelqu'un qui est en puissance. Elle se mit à rire. On acheva le mot qui étoit au net, où pourtant il y avoit bien des choses à dire.

{Œuvres diverses, 1732, t. II, p. 516.)

D'après un autre récit dont parle M. Villemain dans sa belle préface du dictionnaire de l'Académie de 1835, il y avait dans ce rire, destiné à cacher son trouble, plus de dépit que de joie. La lecture de Mézeray semblait contenir une allusion au meurtre dont cette princesse s'était souillée, peu de temps auparavant, lors de son séjour à Fontainebleau (assassinat de Monaldeschi, 10 novembre 1657).

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