‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 87 sur 434 · BLOC · texte numérisé non relu

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« La Révolution française est un bloc. »

On se souvient des scènes tumultueuses auxquelles donnèrent lieu les représentations à la Comédie-Française de Thermidor, drame en quatre actes de M. Sardou, joué les 24 et 26 janvier 1891, et repris le 2 mars 1896 à la Porte-Saint-Martin.

La première représentation se passa assez tranquillement, mais à la seconde, Tordre fut gravement troublé, dans la salle d'abord, par une légion de siffleurs en tête desquels se fit remarquer M. Lissagaray, dans la rue ensuite où des groupes irrités crièrent : A mort Sardoul

Tout ce bruit était motivé par quelques scènes de la pièce (en particulier la iv* du V acte entre le comédien Labussière et le soldat Martial), où Fauteur avait osé s'attaquer aux excès et aux violences de la révolution. (On trouvera les principaux passages incriminés dans le Figaro du 28 janvier.)

La troisième représentation était annoncée pour le mardi 27.

M. Lozé, préfet de police, ayant déclaré qu'il ne pouvait répondre du maintien de l'ordre si la pièce était jouée, un conseil des ministres tenu dans la matinée prononça l'interdiction du drame de M. Sardou.

L'affiche fut changée, et Ton offrit aux abonnés du

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mardi, qui redemandèrent leur argent, au lieu de Thermidor, le Tartuffe et le Dépit amoureux.

Presque unanimement les journaux blâmèrent l'attitude du ministère en cette circonstance, et Ton prétendit que M. de Preycinet lui-même aurait dit : € Nous nous déshonorons. •

Une demande d'interpellation relative à cette affaire fut aussitôt déposée à la Chambre par MM. Henry Fouquier, Joseph Reinach et Francis Charmes. La discussion eut lieu le jeudi 29.

La gauche demandant la remise à un mois :

Prenez garde, dit M. Déroulède, que rajournement delà discussion, qui n'est autre chose en somme qu'une suppression déguisée, ne fasse dire qu'après avoir fait remplacer Thermidor par Tartufe à la Comédie-Française, vous avez voulu le remplacer par Tartuffe à la Chambre des députés !

Après d'assez longs débats, desquels nous ne retiendrons qu'une très fine saillie de M. le comte de Bernis, regrettant qu'on n'ait pas joué plutôt les Caprices de Marianne, la clôture étant prononcée, M. Clemenceau demanda la parole pour expliquer son vote.

Sentant que la situation du ministère devenait critique, il crut devoir élargir la discussion en se plaçant sur un terrain exclusivement politique. Nous reproduisons ses paroles, d'après le Journal officiel du 30 (p. 155-156) :

Messieurs, il a été joué à la Comédie-Française une pièce évidemment dirigée contre la Révolution française... Assurément, on n'a pas osé faire oirvertement l'apologie de la monarchie contre la République... On a pris un détour, on s'est caché derrière Danton...

Il est temps d'en finir avec ces tartufferies indignes de cette Assemblée...

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