PREFACE
L’ancienne abbaye bénédictine des Dames de Saint-Pierre, qui porte maintenant le nom de Palais des Arts, était une des plus anciennes fondations religieuses de la ville de Lyon, mais, actuellement, il ne reste presque rien des constructions primitives. Les bâtiments que nous voyons aujourd’hui furent élevés, dans le. seconde moitié du xvne siècle, d’après les plans et dessins de François de Pioyers de la Valfenière, gentilhomme d’Avignon, architecte du roi, sous l’administration et par les soins des abbesses Anne et Antoinette d’Albert d’Ailly de Cliaulnes. La première pierre fut posée le 18 mars i65q; l’ensemble des travaux ne paraît avoir été terminé qu’en 1687.
Dans l’état actuel, le Palais des Arts se compose de quatre vastes corps de bâtiments formant un quadrilatère de cent mètres de longueur et d’environ soixante-dix de largeur, disposé dans le sens de sa plus grande largeur sur un des côtés de la place des Terreaux. La cour intérieure est bordée de longs corridors à portiques qui formaient le cloître au-dessus duquel règne une terrasse ; cette cour laisse aux bâtiments une épaisseur d’environ dix-huit mètres, y compris les portiques, de telle sorte qu’elle a soixante-quatre mètres de longueur sur quarante de largeur.
La façade du nord, qui fait face à la place des Terreaux, est la principale; elle est décorée de pilastres doriques et corinthiens. Les fenêtres du premier étage sont ornées de balcons à balustres et surmontées de frontons ; celles du second étage sont à bandeaux profilés : deux colonnes
d’ordre dorique sont placées à l’entrée du portique. L’entablement est surmonté d’une balustrade du centre de laquelle s’élève un belvédère à l’italienne.
A l’intérieur, l’ancien réfectoire et l’escalier d’honneur ont conservé leur décoration de la fin du xvn® siècle et sont dignes d’attirer l’attention des visiteurs.
En 1802, la Ville devint définitivement propriétaire des bâtiments de l’abbaye de Saint-Pierre qui, pendant la Révolution, avaient servi d’entrepôt de séquestre au gouvernement et de lieu de réunion aux sections. L’Administration conçut dès lors le projet de réunir dans son enceinte les débris épars de diverses collections et décida la création d’une galerie destinée à recevoir les tableaux accordés à la ville de Lyon, conformément au décret rendu par les Consuls de la République française, le 14 fructidor an VHI ( Ier septembre t8oo).
L’article IV de l’arrêté des Consuls portait que les tableaux ne seraient envoyés que lorsqu’une galerie convenable aurait été établie aux frais de la Commune. Les travaux furent immédiatement commencés sous la direction de l’architecte Gay, et l’aile méridionale du Palais fut bientôt prête à recevoir le don de l’État.
Le premier envoi eut lieu le 4 mars i8o3; il se composait de trente et un ouvrages de peinture. Un second envoi fut adressé le 7 septembre i8o5, il consistait en quatorze tableaux. Enfin, en vertu d’un décret du i5 février 1811, cinquante-deux tableaux furent encore attribués au musée de Lyon.
En 1 8 3 1 , les salles du musée renfermaient déjà i53 toiles, mais le nombre des tableaux devint bientôt si considérable qu’il nécessita, en 1 834, la création d’une nouvelle galerie qui fut, quelques années plus tard, exclusivement consacrée aux œuvres des peintres lyonnais.
Une organisation plus en rapport avec l’importance exceptionnelle des collections réunies au Palais des Arts était devenue absolument nécessaire. Un arrêté, en date du
25 novembre 1878, réorganisa complètement les différents services des musées.
La nouvelle administration se mit immédiatement à l’œuvre, soutenue dans sa tâche par la bienveillance de la Municipalité.
L’installation des tableaux laissait beaucoup à désirer, la place manquait, certaines parties de l’édifice se trouvaient dans un état de délabrement complet ; les travaux entrepris en 1879 et poursuivis depuis cette époque ont pour ainsi dire transformé le Palais. Les portiques ont été entièrement reconstruits, un escalier monumental, placé à l’angle sudest et dont la partie supérieure a été décorée, de 1884 à 1886, par Puvis de Chavannes, donne maintenant accès aux différentes galeries et aux salles annexes du Musée de Peinture qui se présentent dans l’ordre suivant :