‹ Le Musée historique des tissus de la Chambre de commerce de LyonChapitre 1 sur 6 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

La Chambre de Cominerce de Lyon s’est intéressée, depuis longtemps, au développement des arts décorati:s et industriels. A la veille de s'installer dans le Palais où elle siège aujourd'hui ‘et que René Dardel achevait de construire en 1860, elle songeait à créer un musée qui permettrait aux artistes et aux'artisans de compléter leurs études techniques et de former leur goût. Cette institution fut, en quelque sorte, l'ébauche denotre Musée des tissus. Les travaux préparatoires, poursuivis avec une conscience admirable par un homme dont le nom doit êétrerappelé ici, Natalis Rondot, collaborateur etami de Léon Say, aboutirent en 1864 à l'inauguration d'un Musée d'art et d'industrie destiné à « recevoir des collections d échantillons de dessins et autres objets utiles à l'industrie lyonnaise ». Au bout de quelques années, on s’aperçut que le projet ne répondait pas tout à fait aux besoins d'une cité oùl industrie de la soie est prédominante. Les efforts, dispersés sur un ensemble trop vaste, demandaient à être coordonnés. D'ailleurs les ressources n'étaient pas illimitées. Puisque les soieries

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de Lyon jouissaient dans le monde, depuis près de trois siècles, d'une renommée sans égale, il parut préférablé de spécialiser aux tissus seulement une institution dont la place semblait toute marquée dans la capitale de la soie.

M. Édouard Aynard, président de la Chambre de Commerce, en 1890, se fit le promoteur de cette idée. Il la réalisa avec la netteté de vues, l'intelligence et le goût dont il marquait les œuvres qui sollicitaient son esprit d'initiative et relevaient de sa compétence artistique. Il eut le mérite de choisir, comme directeur du nouveau Musée historique des tissus de la chambre de commerce de Lyon. un savant et un artiste, M. Antonin Terme, collaborateur excellent d'une entreprise qui réclamait autant de générosité de cœur que de finesse de goût. À M. Terme succéda, en 1903, M. Raymond Cox, qui s'attacha avec succès, au prix d'études fort estimées des spécialistes, à classer par ordre chronologique les milliérs et les milliers d'échantillons dont se compose la collection.

Telle est, brièvement esquissée, l’histoire de cette fondation d'un caractère si particulier et d’un intérêt sicaptivant. Depuis qu ilexiste, le Musée, dont le fonds est constitué par les achats de la Chambre de Commerce, s'est enrichi d'un certain nombre de legs et de dons. Dons, legs et achats forment l’ensemble le plus complet qu'on connaisse. C'est une suite ininterrompue de pièces qui retracent l'histoire du tissu depuis la haute antiquité jusqu'à la périoûe contemporaine. Nulle part l'œil du visiteur n'est flatté par un tel chatoiement de couleurs et de formes. La curiosité de l'artiste est satis-

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faite par le rapport merveilleux qu'il découvre entre le décor de ces étoffes et les aspirations, les besoins, les goûts des époques civilisatrices qui ont lentement formé notre monde moderne. L'enchaîinement des styles lui apparaît d'une façon frappante. Le penseur, l'historien, le moraliste ont sous les yeux des témoins émouvants du grand effort que l’homme a fait, depuis qu'il travaille de ses mains, pour s élever à l'idéal'etrevêtir de beauté les objets usuels. Enfin le spécialiste s'instruit à étudier les emplois divers de la matière textile, les procédés de tissage et l'utilisation des formules décorativèes à travers les âges.

Au commencement de la galerie d entrée, qui longe la rue de la Bourse, sont exposés les fragments de haute antiquité : débris provenant des habitations lacustres (environ 3000 ans avant J.-C.), étofles égyptiennes de la XVIII à la XX° dynastie, bandelettes de momies décorées d'inscriptions hiéroglyphiques, etc. De l'antiquité grecque et latine il ne nous est resté à peu près aucun document tissé. Les vieilles civilisations asiatiques sont encore mal connues et ont beaucoup de secrets à nous livrer ; chaque jour des savants et des archéologues leur arrachent üune parcelle de vérité. C’est aux premiers siècles de l'ère chrétienne qu'il convient, jusqu'à plus ample informé, de faire commencer l'histoire du tissu. Elle se divise, elle-même, en quatre périodes : byzantine, musulmane, italienne et française, suivant le rôle qu'ont joué tour à tour sur la scène du monde les peuples appartenant à ces diverses civilisations. |

La période byzantine s étend du 1 au vur siècle.

Elle jette tout son éclat sous les règnes de Constantin et dé Justinien. Alors Constantinople devient vraiment la capitale du monde gréco-latinetsubstitueson influence à celle de la vieille métropole romaine. Les historiens nous ont décrit la magnificence des monuments élevés par les Empereurs de Byzance et des œuvres d'art qui les décoraient. Des témoins de cette splendeur existent encore à Constantinople, à Ravenné, dans les Musées et les Bibliothèques qui possèdent des émaux, des ivoires, des manuscrits à enluminures ; mais il est probable que l'art des étoffes dont se revêtaïent les personnages d’une société soumise à une étiquette rigoureuse ne nous serait connu que par des représentations peintes, ciselées ou gravées, si les fouilles pratiquées dans la Haute-Égypte n'avaient mis au jour des tissus byzantins du plus grand intérêt. Les nécropoles d'Antinoë, entre autres, explorées par MM. Gayet et Guimet, à partir de 1896, conténaient, en quantité. des tissus fabriqués par les Coptes'et des soicries byzantines. ©‘!

Les Coptes, descendants des Égyptiens, avaient:tra: vaillé pour le monde civilisé, dès les premiers siècles de Père chrétiénne. Ils ‘avaient un artindigène qui utilisait surtout le décor géométrique. dont s inspirèrent plus tard les ‘Arabes. Mais pour satisfaire leur nombreuse clientèle; ils tissèrent des étoffes d'inspirations diverses où l’on reconnaît la trace de trois influences principales : l'influence de l'antiquité romaine et grecque qui se traduit par des scènes évoquant les jeux du cirque ou la mythologie, traitées dans des formes correctes et sobres ; l'influence de l'art byzantin qui conduit le décorateur à représenter sur les tissus des symboles

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ou des personnages de la religion chrétienne; enfin l'influence de la Perse Sassanide, qui introduit, dans un décor en forme de roue, soit des animaux, soit des cavaliers affrontés ou adossés de chaque côté du hôma, arbre de vie des Persans, ou de la pyrée; autel du feu de la religion iranienne.

Le Musée des tissus possède une belle collection de ces étoffes, auxquelles on a donné le nom de Gobelins Coptes, par analogie avec les tapisseries fabriquées sur des métiers de lisse. C'est, en effet; le même procédé de tissage. | |

Jusqu'au vi siècle, les tissus coptes ne contiennent pas de soie ; ils sont “fabriqués avec de la laine, qui recevait la teinture et ayec du lin, qui restait écru. L'art de tisser la soie ne fut répandu en Occident que sous le règne de Justinien. A:cette époque, .des moines envoyés en.Perse rapportèrent de ce pays des graines de ver à soie dissimulées dans leurs cannes de bambou et révélèrent aux oceidentaux, le secret ( élever le ver à soie et de filér le cocon. |

Les soieries sassanides de dans les tombes de la Haute-Égypte sont antérieures:aux tissus: coptes. dont nous venons de parler, ou bien ont été tissées dans l'Empire de Byzance postérieurement au vi° siècle. Les byzantins avaient coutume de coudre sur les étoftes unies de leurs vêtements soit des galons et des empièegments de tapisseries coptes, soit des pièces de soierigs byzantines.

Les soieries byzantines sont décorées d'une faune spéciale qui se compose surtout de l'aigle à deux têtes, du cheval ailé, du mouflon, du griffon et du lion. Des

cavaliers, des guerriers. des personnages héroïques accompagnent ces divers animaux et entrent avec eux dans les compositions en forme de roues ou en ordonnances de lignes horizontales, qui décorent les tissus influencés par la Perse Sassanide. Ce sont autant de symboles dont l'origine remonte à une antiquité très éloignée et qui ont, en général, un caractère mythologique ou légendaire. De la Chaldée, de l'Assyrie et peutêtre de la Chine, où on constate leur existence trois à quatre mille ans avant l'ère chrétienne, ils se sont répandus dans l'Orient et jusque dans | Europe occidentale, où les sculpteurs de l'époque romane, qui les connaissaient surtout par les tissus, les font entrer dans la décoration des édifices religieux.

La décadence de l'occident byzantin se précipita lorsque les armées musulmanes, marchant de conquête en conquête, préparèrent à la civilisation arabe l'immense Empire où elle allait régner pendant plusieurs siècles. L'étendue même de cette conquête amena des divisions politiques. Avec le temps, chaque califat devint un royaume aspirant à l’autonomie. Le génie musulman y exerça son influence et s'y transforma suivant les conditions de la race et du climat ét suivant les relations qui s’établirent de peuple à peuple. C'est ainsi qu'à Bagdad, dans les principales villes del Afrique septentrionale et en Espagne, on peut suivre l’évolution des arts arabes et, en particulier, de celui du tissu, qui produisit des merveilles.

On est amené à reconnaître qu'à Bagdad et dans l'Est musulman ce sont d'abord les Persans, ces artistes si fins. si souples et si personnels, qui transmirent leurs

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formules décoratives aux tisserands travaillant dans les « hôtels du tiraz » ou manufactures de soie établies dans les dépendances des Palais seigneuriaux. Il nous reste quelques beaux spécimens de ces étoffes musulmanes ornées d'inscriptions et d'animaux hiératiques : lion, guépard, gazelle, aigle, perroquet, chimère, griffon, etc. Elles étaient tissées pour l'usage du maître et de ses courtisans. Telle était leur valeur qu'on en faisait des cadeaux diplomatiques aux souverains étrangers: et qu'elles facilitaient les échanges commerciaux au même titre que les monnaies.

Les invasions mongoles conduites par Gengis-Khan au x1° siècle, puis la- domination de Tamerlan, qui avait réuni sous son sceptre la Chine et la Perse, introduisirent des éléments nouveaux dans l'art décoratif de l'Est musulman. Au contact des civilisations de l'Extrême-Orient, les décorateurs observèrent la nature avec plus de fidélité et plus d'amour ; l'étude de la flore les attira surtout ; ils la réduisirent à un petitnombre de types : la tulipe, la jacinthe, l'œillet, l'églantine, qu'ils firent entrer dans leurs compositions.

La Perse et les provinces de 1 Asie-Mineure, du xiv° au xvir° siècle, sont représentées au Musée par une série admirable de veiours coupés et de soieries où figurentles personnages des vieilles fables iraniennes, des scènes de guerre et de chasse. des décors floraux d'une merveilleuse délicatesse et par une collection abondante de tissus fabriqués en Anatolie et sur le Bosphore.

Les Persans, fidèles aux inspirations de leur génie, . s étaient accommodés facilement de la défense faite par :

Mahomet ou ses commentateurs de représenter la forme humaine ou la forme animale.’ Les artistes du Centre de l'Islam et ceux de l'Espagne moresque demeurèrent au contraire des observateurs scrupuleux de la règle mahométane. Les quelques animaux interprétés par eux nous apparaissent sous l'aspect hiératique. De préférence, ils puisèrent dans les formules géométriques utilisées par les Coptes et firent entrer les inscriptions dans le décor du tissu. Les vitrines réservées aux productions de l'Espagné moresque donnent une idée de la prodigieuse invention dont fit preuve le tisserand arabe pour varier l'apparence du décor géométrique et du parti ingénieux qu'il tira de l'épigraphie.

- Dès le moyen âge, | Italie et |’ Orient avaient entretenu des rapports commerciaux par la voie maritime. Vénise avait connu d’assez bonne heure les beaux tissus que ses navires lui apportaient de Constantinople et des ports levantins. Les tissus d’Antioche et de Chypre avaient fait l'admiration des Croisés qui les introduisirent en Occident. L'art du tissu se développa pratiquement en Italie, lorsque le sanglant épisode des Vêpres Siciliennes (1282) chassa les ouvriers arabes et grecs des fabriques palermitaines, dont nous possédons de nombreux échantillons, et les dispersa dans les principales villes de la Péninsule, où ils fondèrentdesateliers. L'épanouissement de la période italienne coïncide avec le grand mouvement de la Renaissance, préparé dans ce pays dès le xrv° siècle et atteignant son apogée aux xv° et xvi° siècles. Chaque centre de production se distingue par des spécialités : à Florence ce sont les damas décorés de motifs à petite échelle; à Lucques et à Sienne

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les étofles à sujets religieux et les orfrois des vêtements liturgiques ; à Gênes les velours ciselés et à Venise toute la série des velours coupés et des brocarts.

Le beau xv° siècle italien nous a laissé des pièces d'une somptuosité remarquable : soicries dans le décor desquelles on retrouve, plus ou moins transformée, la composition à meneaux, chère à l'artiste musulman et qui se pliera aux formes successives de l'arc employé par l'architecture gothique ; — velours à ferronneries, dont le dessin s'enlève en satin sur un fond de velours coupé et dont les lignes rappellent les tiges de fer forgé; — enfin brocarts de velours à une ou deux hauteurs, enrichis de bouclés d’or et étalant, sur des lignes harmonieuses, de larges compositions où entrent. comme éléments décoratifs, le chardon et la grenade stylisés.

La décadence du tissu italien s'affirme au commencement du xvrr° siècle par des soieries d’une technique savante et compliquée, dont le décor s'embarrasse d’un fouillis de détails empruntés à une flore conventionnelle ou offrant des réminiscences lointaines du fleuron et du meneau. |

Dans une salle de broderies faisant suite aux galeries: musulmanes et italiennes, le visiteur admirera quelques: pièces remarquables d’un art pratiqué dans tous les’ temps et dans tous les pays. Entre autres : deux petits tableaux exquis du xrm° siècle français. évoquant des: épisodes de la chasse au faucon; de belles croix de chasubles du xv° siècle, brodées au point de satin dans’ les Flandres ; un voile de lutrin en velours rouge avéc broderies en or nué, provenant, dit-on, de la chapelle .

de Charles-Quint ; un corporalier signé et daté: Pierre Vigier, 1621, œuvre lyonnaise inspirée de l’art flamand et un devant d’autel orné de lourdes guirlandes de fleurs et de fruits, très caractéristiques de l’art français des premières années du xvrr° siècle.

La salle d'honneur du Musée contient les richesses les plus précieuses de la collection. Une chape byzantine du xrrr° siècle, entièrement brodée ; l'Arbre de Jessé, broderie anglaise du x1v° siècle, provenant de la collection Spitzer ; un brocart vénitien, dont les teintes rouges, vertes, blanches et or font une harmonie audacieuse et tout à fait rare; deux parements de brancard en or bouclé à trois hauteurs, travail espagnol du xvi° siècle; une chape espagnole, dont les broderies d'or et de soies polychromes ont l'apparence d'un basrelief et qui fut donnée par Isabelle la Catholique au premier évêque ayant occupé le siège de Grenade après l'expulsion des Maures ; un parement d’autel flamand du xvi° siècle, rappelant trois épisodes de la vie de saint Jean-Baptiste ; une petite tapisserie, du xv° siècle, représentant une Adoration des Mages ; et une grande tapisserie flamande de la même époque, où l'on voit Ambroise de Ravenne offrant une pomme à | Enfant Jésus assis sur les genoux de la Vierge. Aux murs de cette salle et sur le parquet, sont exposés quelques beaux tapis d'Orient des xv° et xvr' siècles, qui charment les yeux par le chatoiement de leurs couleurs, le bel équilibre de leur composition et le décor de leur faune et de leur flore.

. Cest à partir du xvr° siècle que l'art du tissu devient français. Les efforts de Louis XI, de François [" et

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d Henri IV, aidé d'Olivier de Serres ct de Barthélemi de Laffemas, avaient préparé l'établissement définitif de la Fabrique lyonnaise, qui eut lieu sous le ministère de Colbert. Lyon l’emporta bientôt sur les autres centres de production français : Paris, Tours et Nimes et pendant cent cinquante ans, suivant les variations de la mode et du goût, lança dans le monde des soieries qui ne connurent pas de rivales. |

Sous Louis XIV, on tissa des étoffes décorées de fleurs et de fruits, modelés d'après nature, suivant des proportions grandioses et concourant à un effet pompeux, recherché par les artistes qui voulaient entourer d'un éclat extraordinaire la majesté royale. Sous Louis XV, le décor fut ramené à des proportions plus naturelles et abandonna les formules roides et compassées. Les lignes verticales sinueuses, parallèles ou contrariées, qui courent sur les tissus, reçoivent des ornements d’une grâce toute féminine ; voici les fleurs ; voici les dentelles ; voici les fourrures qui rappellent à la reine Marie Leczinska sa Pologne natale ; voici les petits personnages turcs et chinois que les Huet, les Huquier, les Gillot, les Pillement inventent pour satisfaire le délicieux caprice de M"*° de Pompadour, actionnaire de la Compagnie des Indes etentichée de l'Extrême- Orient. Sous Louis XVI, deux écoles sont en présence. Les traditionalistes travaillent suivant les idées du temps et disposent sur les lignes verticales rigides des tissus, mille détails floraux et une variété amusante d'accessoires lyriques et champêtres, évoquant les tendres pastorales mises à la mode par Jean-Jacques Rousseau et les bergeries innocentes réglées au Petit-

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Trianon par Marie-Antoinette. L'autre école se réclame de l’antiquité et fait intervenir dans le décor tissé, les figurines, les médaillons, les corbeilles, les brûle: parfums, les trépieds plus ou moins copiés sur les documents antiques exhumés de Pompéi et d'Herculanum. Le règne de Louis XVI est marqué par l'apparition du grand dessinateur Philippe de la Salle, nom à jamais illustre dans les annales de la soierie lyon: naise. Collaborateur de Camille Pernon, Philippe de la Salle exploite le répertoire de l’école traditionnelle : mais, sous son crayon, le décor, d'une correction par faite, prend une ampleur qu'il n'avait jamais eue et nous charme par de belles qualités imaginatives, une vigueur et une netteté, dont on trouve des.exemples impressionnants dans lestentures destinées aux palais royaux et impériaux de la France et de l'Étranger.

La Révolution de 1789 porte un coup fatal à l'industrie de la soie. Elle parvient cependant à se reconstituer sous le Consulat et l Empire, grâce aux efforts de Napoléon et à l'invention de la mécanique Jacquard, qui permettait de produire à bon marché et de lutter contre les nouvelles conditions économiques. Le musée conserve de très beaux échantillons des tentures impériales, dessinées par Bony etses émules, sous l'influence de David et de Percier et Fontaine et exécutées par les grandes maisons lyonnaises : Camille Pernon, Grand frères, Chuard, etc. A partir de l'époque napoléonienne le décorateur de tissus semble n'avoir pas d'autre souci que de reconstituer les styles employés précédemment. Cette reconstitution est d'ailleurs fort réussie sous le Second Empire et pendant les années qui l'ont suivi.

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Il faut arriver à nos jours pour assister à l’éveil d'un style nouveau qui, peu à peu, se constitue sous diverses influences : celle des Japonais vers 1878, celle des Ballets russes vers 1900, celle des arts étrangers persans, balkaniques, marocains, etc. Il faut attendre beaucoup des recherches poursuivies ardemment par une pléiade d’excellents dessinateurs contemporains, dont les œuvres caractéristiques servent, en quelque manière, de conclusion à l'histoire des tissus présentée par notre Musée.

Dans une salle consacrée aux tissus de | Extrême- Orient, Chine et Japon, on admirera une suite imposante de broderies anciennes et modernes ; de robes impériales; de robes japonaises ; de « foukoussas » avec décor peint et brodé, représentant des animaux. des paysages et des fleurs, et provenant de la vente Goncourt ; etune nombreuse collection de tissus, acquis à la vente Hayashi.

Enfin la dentelle, qui a enrichi de sa finesse, de sa légèreté et de son luxe, les élégances de l’ancien régime, méritait une place au milieu des soieries d'art de la Chambre de Commerce. On la lui a faite très large. Une salle entière contient un magnifique ensemble de dentelles à l'aiguille, aux fuseaux et au Crochet : points de Venise, d'Alençon, de Bruxelles, de Valenciennes, de Malines, de Gênes, etc; complété par de nombreuses pièces de filets brodés, de points coupés et de fils tirés.

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