COLLECTION DE M. M'' BUCQUET
Pholocollographie Benhaud, Pau
Luiiis Jaayuc.s Ddijnenc in<S/-lH.'>lJ
Reproduction d'une lithograpliii.' d'Aulurt.
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La Section i-clin>i)L-Lli\ c do la Classe 12.
PREMIERES RECHERCHES k PREMIÈRES IWE^TIOAS
Birii(|uc riiiveiiliun de la l'hoto^rapliic soit rclalivcinciU itcl'iiIl' (18:2;:) et 1824), il serait difficile d'en fixer la date si on voulait y rattacher toutes les reuiarques ou les études antérieures sur les actions colorantes de la lumière, soit que ces remarques ou ces études n'aient pas eu pour but de fixer l'image des sujets visibles, soit que ce but n'ait pas été atteint.
Il faudrait d'abord définir ce que l'on entend par photograpiiie, et nous proposons la di'linition suivante :
« Sous le nom général de photographie on comprend l'ensemble des méthodes permettant d'obtenir, par l'action des radiations visibles ou invisibles pour nos yeux, l'image voulue et durable d'un sujet réel. »
Le problème ainsi posé fut abordé dans sa partie principale par JNicéphore Niepce dès 1813, 1814, 1815, et, après de longues reclierclies, il le réalisa par des essais dont il reste l'épreuve faite par lui en 18:23 ou 1825, à laquelle il faut joindre plusieurs photogravures sur étain obtenues par contact, telle que celle du cardinal d'Amboise dont la planche, remontant à 1824, est au musée de Chàlonssur-Marne; N. Niepce avait donné à ce procédé de gi'avurc par la Imnière le nom dChéliofjrainire (1).
(1) Voir les lettres de Nicéphure Niepce dont la plupart des ociginaux sont déposés à la bibliothèque du Conservatoire des Arts et Métiers ot dont on retrouve la majeure partie dans le livre de Kouquo : ta Vérité lur Viiwenlion du la l'/toloyra/j/iie. (Librairie Ferrand, à Clialou-sur-Saôue, 18G7.)
Pour photographier un sujet quek'orifpie il faut réunir deux eonditions : 1° produire l'image lumineuse du sujet, ce que IDn obtient généralement par la chambre noire; 1° recevoir cette image sur une surface sensible à la lumière qui en conservera l'impression.
Pour ses premières reclierches. N. Niepce avait consirnit lui-même une petite chambre noire dont l'objectif était une lentille détachée de son microscope.
Après de nombreux essais faits avec diverses substances chimiques telles que le muriate de fer (perchlorure de fer), le pliosphore, la résine de Gaiac, il adopta le bitume de Judée, et on trouvera tous les détails dans son acte d'association avec Daguerre (14 décembre J829)(i).
Images positives directes au bitume de Judée [Nicéphore Aic/ice). — La tlu'Oi'ie de ce procédé est des plus simples, le Ijitume dissous daiiurd dans l'Iuiile de
lavande est étendu sur une plaque de métal ou de verre.
Sous l'action plus ou moins énergique des rayons lumineux, le bitume devient plus ou moins insoluiile dans son premier dissolvant additioiuié d'huile de pétrole, il en r(''suUe soit une image, soit une réserve qui peut être gravi'e ; les deux épreuves originales reproduites en photogravure ont été obtenues en 1823 et 1824 par ce procédé : l'une est la reproduction d'uiu' image d'après nature, l'autre est la reproduction d'une photogravure sur étain.
Ces deux résultats obtenus par N. Niepce contenaient en germe toute la photographie, car ils comprennent la fixation de l'image de la chambre noire et un procédé de photogravure encore utilisé aujourd'hui. Niepee fut donc, pour employer l'heureuse expression de M. Colson (2), le premier créateur de la photographie auquel il faut adjoindre Bayard, Daguerre, Fox Talbot et plus tard Poitevin, qui ont sensiblement les mêmes droits au titre de créateurs.
Vers la même époque, Daguerre poursuivait de son côté la reproduction des images de la chambre noire; célèbre d('j;i par sa belle invention du diorama, il
Première épreuve au bitume de Judée, de Nieépliure Niepet (1823 uu i82;i).
(1 ) Voir Kouque : la Vérité sur l'invention de la Photographie, pages 167 à Ho; on reU'ouve dans ces pages l'emploi par N'iepce d'une feuille de plaqué d'argent, des vapeurs d'iode, une remarque sur l'apparitlou de quelques couleurs et sur la cause probable de ces colorations.
(2) Les Créateurs de la Photographie, coufércuce faite a la Société française de l'Iiotugraphie. par R. Colsou. (Gauthier-Villars, éditeur.)
LE CAHDINAL DAMliOISE Heprudiiction d'une jiravui'c, par Nicéphorc Nicpc Procédé au bitume de Judée.
cliorchail à rcpniiliiin' par la seule aclioii de la luiiiierc les dessins qull iTie\ail avee (lifliculli' cl lon.uueur de leiiips au niuyeii de la ehambi'e elaire ou de la ehanilii-e noire sur la glace dépolie de laquelle il lui était facile de copier les traits de l'iuiage.
Ayant eu connaissance de leurs reclierclies mutuelles. Mepee et Dapuerre s'associèrent par vu\ traité signé le 14 décendjre 18:29 enregistré à Chalon-sur- Saône le 13 inai's 1830, dont il existe plusieui's copies idiotograpliiques autlieiiliques, et ils continuèrent leurs travaux.
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Sifiiiiitiircs <le Niopco et de DayueiTe apposées au l);i> ilu huite du li ik'-conibre 18211.
Malheureusement Mepce mourut en 1833. et le résultat de ses recherches continuées par Daguerre ne fut rendu public (ju'en 1839 par le très remarquable rapport que François Arago fit»à l'Académie des Sciences en juillet 1839, puis à la Chambre des députés, rapport dans lequel rillustre savant prévoyait déjà le grand avenir de la pliologi'apliie tout en faisant quchpies réserves sur certaines de ses applications, entre autres celles relatives à l'astronomie, dont il croyait la réalisation impossilile; toutes ces réserves sont actuellement largement dépassées.
Parles recherches et les découvertes personnelles de Daguerre (1833 à 1839), le procédé primitif et leid de Nicéphore Niepce est complètement transformé, le bitume est aljandonné et remplacé par l'iodure d'argent dont la sensibilité à la lumière est très supérieure et, découverte merveilleuse, qui doit illustrer à jamais h' nom de Daguerre que l'on commence à trop oublier actuellement, le grand inventeur lit connaili'e que l'action de la lumière sur la surface sensible peut être invisilile et excessivement rapide, (prdle est susceptible d'être développée ensuite par un réactif approprié: Daguerre avait découvert l'image latente, base actuelle de toute la photographie.
Images positives dirrctes sur papier [Bai/ard). — Bavard, clicf ile Iniri'au an Ministère de la Marine, modeste et timide, présenta au pnljlic le 24 juin 18o9 (I), avant la publication des procédés de Daguerre, des épreuves positives sur papier obtenues directement à la chambre noire; sou procédé, qu'il ne fit connaître que plus tard, mérite d'être mentionné de nouveau parce qu'il peut avoir des applications dans l'avenir et que nous pensons qu'on peut y trouver l'explication théorique du renversement des images par la surexposition.
Bayard préparait une feuille de papier sensible au chlorure d'argent avec excès d'azotate d'argent, l'exposait en pleine lumière jusqu'à complet noircissement de toute la surface; après l'avoir bien lavée, il la recouvrait d'une solution d'iodure de potassium; la sensibilité de la surface était renversée. En recevant sur cette feuille pendant un temps assez long l'image formée dans la chambre noire, il obtenait une épreuve positive : sous l'influence de la lumière, l'iodure de potassium décomposé proportionnellement à l'intensité lumineuse se porte sur l'argent de la feuille et le transforme en iodure jaune clair; il résulte de l'ensemble une épreuve positive directe. Un lavage au chlorure de sodium consolidait (?) cette image sans la fixer.
Le fixage à l'hyposulfite de soude n'était pas encore découvert ; les épreuves ainsi obtenues étaient lentement altérées par l'action de la lumière. Il en reste encore quelques vestiges dont nous donnons ici la reproduction pour bien constater les droits de Bayard au titre d'inventeur. Plus tard, Bayard appliqua à l'image latente le procédé qu'il avait expérimenté pour l'image directe ; déjà on avait pu comprendre par diverses expériences que ces deux modes d'action de la lumière
Photograpliic d'une région Uuiaiic
(Cercle crAi-cliimècIe)
Par M. M. Henry, 1SS7.
:e renversée obtenue directement d'après
le cliché négatif.
(\) Moniteur officiel du 22 juillet 1839. Compte rendu de l'exposition organisée rue des Jeûneurs, à Paris, dans la salle des Commissaires priseurs, au profit des victimes du tremblement de terre de la Marti^ nique.
mai'cliaiont ])ai'alIM(>mc'iit (1), et nous rappelons pour mémoire l'intéressante expérience que Bavard fit dans Talelicr du comte 0. Aguado.
Bayard avait préparé une plaque au follodion Immide par la méthode ordinaire, il la lava et, fei^nanl de chercher si ce lavage était eonvenaliie, il ouvrit toute grande la |)orte du caliinet noir et regarda la plaque en ideino lumière au grand émoi des assistants, car au développement cette (>laque fût (levciuie complètement noire : « Bah! dit-il, cela ira tout de même »; il couvrit sa plaipie duiK^ sululioii d'iodure de potassium, l'exposa à la chambre noire et développa une image positive directe au grand étonnement des personnes présentes. Poitevin lit cette même expérience (2).
lînvai'd. — Epreuve diiocU noire (1839).
Photographie sur surface d' argent [Daguerréotijpe). — Le procédé de Daguerre était simple et pratique, nous le résumons brièvement : une lame d'argent ou de plaqué d'argent, absolument propre et polie, est soumise aux vapeurs d'iode dans l'obscurité, elle se couvre d'une couche infiniment mince d'iodure d'argent qui est la surface sensible; exposée quehpies minutes dans la chambre noire à la place même de la glace dépolie sur laquelle la hunièi'e formait l'image, cette plaque est impressionnée, mais cette inqiression est invisililc. Comment Daguerre eut-il l'intuition qu'elle existe, qu'un révélateur va la faire ap|iar'aitre ? i\ul ne le sait : mais, sur cette plaque, soumise dans l'obscurité à de faibles vapeurs mercurielles, l'image se forme peu à peu et il se dessine une épreuve positive d'une merveilleuse finesse.
Il reste quelques épreuves obtenues par Daguerre lui-même, entre autres celle qui était exposée par M. François de la Jalette, portant la date de 1839 ou 1840, curieuse comme conservation, dimension et document historique; elle
(1) Ciiimie iilinloijruiiliique, piir lîarn^swil el Uavaiiiie,, page IS:), 4« édition. (Paris. Gaulhier-Villars, éditeur.)
(2) Ne trouve-t-on pas dans celte action d'un iodure alcalin ou siiuilaire sur un sel d'argent sensible l'explication théorique du renversement de l'image par excès de pose?
Etant donnée une surface sensible absolument neutre comme celle du gélaliuo-brouuire d'argent, la première inllueuce des rayons lumineux est d'écarter les molécules de brome des molécules d'argent et de les reporter sur la matière organique (gélatine ou autre) : à ce moment la surface de la plaque est dans sa phase négative ; lorsque l'action se prolonge ou devient trop énergique, telle par exemple l'image directe du soleil, la molécule organique, qui est en quelque sorte devenue broumrée, cède à son tour le brome à la molécule argen tique, elle joue le rôle de l'iodure de potassium comme dans le procédé de Bayard. et la surface sensible passe de l'état voulu pour produire un négatif à l'état qui peut donner un positif; par une exposition de plus en plus longue, le phénomène se renverse de nouveau; la molécule de brome oscille ainsi, sous l'inlluence de la lumière, de la molécule d'argent .à la molécule organique avec une lenteur de plus en plus accentuée, ainsi que la indiqué Jl. Jaussen quand il a fait ses expériences sur le reiiVcMsement des images. A. D.
représente la place de la Concorde et les liauleiirs de Moiilniartre [irises du haut des marches de la Chambre des députés.
Une autre épreuve obtenue par Daguerre fait partie des archives de la Société française de Photographie.
Le procédé est donc prati(|ue ; à la suite des lemarijuables rapports de François
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LES Tni.ERIES
Epi'ouve sur i)Iaqm'' darm'iil (il)li'nuo par Damicrro.
[r„llertion 'lu Conservuloir,' ./es .l/-^s- cl Mrlicrs.)
Arago, le gouvernement français se rend propriélaii'e du proeéd('' moyennant 10000 francs de renie viagère, dont 6000 à Daguerre et 4000 aux héritiers de ?»icéphore Niepce, et, libéralement, il altandoune rinventioii au domaine public, c'est-à-dire au monde entier.
Le résultat de cette libéralité ne se ht pas attendre, les [lerfectionnements commencèrent immédiatement; ils furent nombreux et pralicpies et la photographie, malgré le peu d'encouragements qu'elle reçut en France, parvint à son épanouissement actuel. Elle est pratiquée dans toutes les nations du globe, mais il lui fallut plus de cinquante ans pour qu'elle passât de son isolement primitif à la fusion avec tous les arts graphiques (typographie, gravure, lithographie, illustrations en noir et en couleurs) et à son utilisation dans toutes les sciences d'observation, dans les arts et dans la plupart des grandes industries.
L'image daguerrienne, quelque intéressante qu'elle fût, présentait encore de nombreuses lacunes; l'impression latente était iclalivenient lente bien qu'elle ne
(lomandàt q\i(? quelques minutes; Timage développée par les vapeurs mercurielles s'altérait par l(> plus léj^er iVottemeut, elle était renversée comme le sont toutes les images de la chambre noire, elle était unique, et pour i^n dbtenir une seconde il fallait répéter toute la série des opérations.
D'illustres savants français et étrangers s'effoi-cèrent d'atténuer ou de faire disparaître ces défauts; en Angleterre Claudet, en France Foucault, proposèrent avec succès l'emploi du brome dont les jtropriélés chimiques sont très rapprochées, identiques presque, avec celles de l'iode ; le brome, employé seul ou avec excès, ne ihinnait que des images voilées (1), mais, mélangé à l'iode, il augmenta la sensibilité dans une telle proportion que la pose ne fut plus que de (piehpies secondes au lieu de (|ii('l(pi(^s minutes, on put même arriver;! rinslantan(''it(''; nous avons vu.
LE PONT NKl'P" i:X [HV.i Epreuve (laiiiierrienne inslanhinée.
passage .loulfroy, à l'époque où florissait encore la photographie daguerrienne, de fort belles plaques, dont les images très nettes représentaient une flotte tirant des coups de canon; ces épreuves, si nos souvenirs sont exacts, avaient été obtenues par M. Macaire. Une épreuve daguerrienne, appartenant à M""" Bertliaud, représente une vue instantanée du Pont Neuf. Foucault et Fizeau inventèrent un moyen très élégant de consolider et d'améliorer l'image sur la plaque en la couvrant d'une faible solution d'hyposulfite double d'or et de soude (sel d'or de
(1) A ceUe époque, on n'avait encore éludir suffisamment ni l'action des divers rayons du spectre sur la surface sensible ni l'extrèuie sensibilité du bromure d'argent. Les préparations se faisaient soit à la lueur d'une bougie un peu éloignée soit avec l'éclairage d'un verre jaune assez faible. 11 y aurait toute une étude nouvelle à faire sur l'emploi des surfaces d'argent bromurées daus les conditions d'un éclairage tùi|t à fait antiqctinique.
PliotdCOIlograpLio A. Bergeret et Cie, N
Portrait de l'Ingénieur MORSE
d'après un Daguerréotype de Daguekre
Foi'dos et Gclis) et cil la chauffant rapidement on dessous; il se produit alors sur Timagc lucrcuricile un amalgame blanc, lespailics ufiires prennent de la vigueur, l'cprcuve est en même temps virée et consolidée, clic jicut snppoilcr un léger frt)l[cmcnt. C'était la première utilisation des sels d'or ptmr le \ii'a^c des pliodjgrapiiies.
L'épreuve renvcrs(''e fut i-cdrcssée an moyen d'un prisme ou mieux d'une glace pai'allèle placée devant l'objcclir. mais le (emps de pose élail alors légèremeid, augmenli'.
A la même époipie, de nondireiises lenlali\es fm'ciil failes pour Iranslurmer la phuine dagnerrienne en |)lanclie gravée, noiannneni par l'\iucault et par A. Poitevin. On chercha à obtenir par dépôts galvaniques les réserves nécessaii'cs pour la morsure et la gravure en creux des plaques; quelques rares épreuves ont été gravées par ces procédés, enti'e autres la rei)roduction de monnaies anciennes dont nous avons regretté de ne pouvoir présenter les spécimens; par contre, il y avait à l'Exposition ccntennale un album de vues diverses gravées surtout à la main d'après les vues obtenues sur j)laques daguerriennes. Cet album était exposé par M. J. Richard. C'était un acheminement vers l'illusti'ation par la photographie.
Dans ces conditions nouvelles de rapidité, de soliditi' relative et d'exécution assez facile, le « daguerréotype », nom donné à la photographie
daguerrienne, compta des adhéreids de plus en plus noinbi-cux; le procédé était assez praticpie pour être ex|i]oit('' par des professionnels; bien ipi'ils n eussent a espérer de bénétlces que par l'exécution des portraits, il se créa bientôt île très habiles opérateurs qui produisirent des portraits remarquables. Mais le fac-similé
AU nAClERMOTYPE