‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 48 sur 100 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ou qui no sont |)as oncoro répandues dans le commerce, et l’on on donne de jeunes pieds aux correspondants du Muséum. Je vais vous indi(iuer les espèces les plus remarquables.

Voici d’abord le Cofjmsnier de la Chine, à grandes et belles fleurs roses, et à ciilice non cotonneux. On le greffe sur notre Cognassier do France; il a fleuri au Jardin pour la première fois en 1811. Voici une llonce A fleur double; c’est notre Ronce sauvage que l’horticulteur a civilisée, aux dépens do sa fructification. Voici V Acacia tortueux et le Mtjrica de Pensylvanie; il y a une espèce de ce genre {Myrica cerifera). dont les fruits donnent, par leur ébullition dans l’eau, une cire avec laquelle on fait dos bougies d’une odeur agréable. Ce Joli arbrisseau, toujours vert, appartient à la famille des Jasminées : c’est le Fontanesia phyllyreoïdes. originaire do Syrie, (lue M. de la Rillardière a décrit le premier, et au(iuel il a doimé^ le nom du professeur Desfontaiues. Cet Orme pyramidal n’est autre chose qu’une variété do l’Orme champêtre. Voici un Aralia épineux, de l’Amérique septentrionale. Voici un joli Marronnier à fleurs rouges. Voici le Pêcher d’hpahan, dont Olivier apporta des noyaux à son retour do Perse, en 1780; ce noyau est peu ridé, et a l’aspect de celui de l’Amandier. Le Jujubier, que vous avez sous les yeux, appartient au genre des Nerpinins; il est originaire de Syrie, ce fut Papirius qui le transporta en Italie; vous connaissez le goût fin de ses fruits, nommes Jujubes, Cet Aune à feuilles découpées est une variété do VAune commun. Voici 1 Aralia du Japon, dont la feuille est énorme, et decoupeo en folioles si nombreuses, cju’on croirait voii autant de feuilles distinctes; mais vous savez que la feuille abrite un bourgeon à son aisselle : ici les folioles n en ont pas, et c’est seulement à la base du pétiole principal cjuo vous voyez le bourgeon; toutes ces folioles forment donc une feuille unicjue.

Nous allons visiter les succursales de la Pépinière en rentrant dans le Jardin par la grande porte de ta rue de Buffon. Nous trouvons d’abord un carré clos («» 98 du plan), primitivement consacré aux arbres qui conservent leur verdure toute l’année : de là son nom do Bosquet d’hiver; mais les arbres verts n’y ont pas prospéré, et il n’en reste qu’un petit nombre. Ce carré sert maintenant pour la propagation, par boutures, des arbres et des arbustes. Vous y pouvez voir le Houx des îles Baléares {Houx de Mahon) greffé sur le Houx de notre pays, et le Pin de Caramanie, variété du Laricio, dont les pousses sont jaunes à leur extrémité.

Le carré clos, qui fait suite à celui d’où nous sortons, contenait d’abord exclusivement une collection des arbres dont les feuilles et les fruits se colorent pendant l’automne : do là son nom àa Bosquet d’automne ; on y trouvait autrefois des Aliziers, des Néfliers, des Sorbiers, des Poiriers, etc.; maintenant c’est une école des arbres à fruits à noyau, tels (juc Pruniers, Cerisiers et Abricotiers (n“ 99 du plan). Là nous voyons le Frêne d’Amérique ou Frêne blanc, le Plaqueminier de Virginie {üiosphyros Virginiana) , le Boxdeau noir d’Amérique {üetula papyrifera) , que l’on a greffé sur le Bouleau de France; son écorce se détache par larges plaques dont les sauvages font des canots. V’oici le Tilleul argenté, greffé sur le Tilleul d’Europe, et le Gincko à feuilles bilobées, le plus beau des individus cultivés dans le Jardin; c’est un arbre du Japon, appartenant à la famille des Conifères; son feuillage singulier no vous l’aurait pas fait soupçonner, mais son fruit est tout à fait analogue à celui de rif; il est gros comme une Pomme, et contient une amande qu’on sert sur les tables; il fut introduit en AngleteiTC, au milieu du siècle dernier, et, peu après, M. Petigny l’apporta en France.

Nous arrivons maintenant dans un bosquet sans clôture, qui formait autrefois le Bosquet d’été {n° 100 du plan) et le Bosquet de printemps {n° 101 du plan)', vous y remarquerez le Frêne à feuilles simples {Fraxinus monophylla); diverses espèces de Celtis ou Micocoulier ; \o. Chicot {Gymnocludus canadensis); cet arbre, do la famille dos Légumineuses, porte des feuilles divisées en folioles nombreuses; ces feuilles ont jusqu’à trois pieds de longueur; en hiver, lorsqu’elles sont tombées, les branches, (jui sont en petit nombre, donnent à l’arbre l’aspect d’un arbre mort : de là son nom do Chicot. Nous y trouvons aussi un très-beau A'oye?’

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PI^IPINIÈRES ET nOSQLETS.

noir de Virginie, dont le bois, d’un violet foncé, noircit avec l’Age, no travaille pas, n’est jamais atta(iué par les vers, et donne de très-beaux meubles; on pouiTait le greffer sur le ^'oyer commun, il pousse plus vite que ce dernier, et son bois est supérieur. Voici le Févier à trois épines {Gleditzia triacanthos) , arbre au feuillage fin et au port élégant. Tous ces Végétaux sont exotiques, et, pour la plupart, originaires de l’Amérique septentrionale.

Remarquez sur leur tronc, du côté qui regarde le midi, la trace du terrible hiver de 1789; ce fut l’action du soleil, succédant brusquement à celle du froid, qui endommagea le tissu de la tige.

Le.Bosquet du pnntemps avait autrefois une étendue double: quand on construisit le pont d’Austerlitz, on en retrancha une partie pour agrandir le quai; les arbres qu’on enleva furent transportés de l’autre côté du .lardin, à la suite de V École de culture; ce Bosquet, défendu do la poussière par un rideau de Thuyas, est presque complètement détruit; nous n’y trouverons plus que le Poirier à feuille de Saule, le Pommier à baie, le Néflier à feuille de Prunier et le Cornouiller mâle.

JUIDIN DES SEMIS. — J VJIDIN DE NATUR VUS VTION’.

Remontons maintenant l’allée des Marronniers; après avoir longé la limite méridionale de la Vallée Suisse et les fosses des Ours, nous arrivons vis-à-vis de deux jardins enfoncés d’en viron dix pieds au-dessous du sol; ce sont : 1° le Jardin de Naturalisation ; 2” le Jardin des Semis {n° 89 du plan) . Commençons par ce dernier.

Le jardin des Semis, destiné à entretenir et augmenter tes richesses végétales du Muséum, n’existe que depuis 1786; Ruffon en confia l’ordonnance à André Thouin, jardinier en chef. Dans cet eniîlos, abrité par sa position contre les vents et le soleil, on sème, on fait lever, on conduit jusqu’à l’époque de la transplantation, les Végétaux de tous les climats. La porte d’entrée est au bout de la terrasse de deux cents pieds de long, qui occupe le devant de la .serre tempéree. Pendant la belle saison, cette terrasse est garnie des arbres et arbrisseaux qui ont passé l’hiver dans la serre : vous pouvez, de l’allée des Marronniers, jouir du coup d’œil magnifique de cette exposition.

Dans ce jardin garni de châssis et de couches, les plantes sont distribuées d’après ta nature du climat qui leur convient : les unes sont constamment protégées par des châssis, et trouvent, dans des couches chaudes, la température de leur patrie; ce sont les plantes tropicales. Les autres , qui appartiennent à des régions tempérées , sont abritées également contre les vents du nord et les ardeurs du soleil. D’autres , enfin, sont placées de manière à no recevoir que quelques rayons le matin et le soir : ce sont les Végétaux des régions polaires et des montagnes couvertes de neiges éternelles. Vous verrez parmi ces plantes de jolies Fougères du nord, des Daphné s , des Gentianes , des Géraniums alpins , la 1 iolette <i fleur jaune , les A ndrosaces , les Primevères et Saxifrages des Pyrénées , la Soldanelle des Alpes , V Absinthe des Glaciers, les Renoiicules , les Saules nains, etc.

La plate-bande adossée à l’allée des Marronniers est partagée dans son milieu par un passage souterrain et voûté, qui conduit à l’École de botanique.

Le jardin de Naturalisation est à l’est de celui que nous venons de \isiter ; il en est séparé par une plantation de hauts Thuyas, et un mur de clôture, au milieu duquel est la porto d entiéo . sa largeur est d’abord la même que celle du jardin des Semis, mais il se rétrécit en

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DKl XliiMIC PA HT F E.

iillaiit vws l’osl, en <]ui rnml sa fonnn im'gulièro, I.a fueo ([ni sn prnsnnto an lovant est dosà roenvoir pondant l’éto la fdnpart dos arbres et arbustes de la Nonvolb'-Flollande, (|ui ont passé l’Invcr dans la seire tonnpérée : ce sont les Melrosideros, Embolhrium, Melalevcn, Kucahfptus. etc. l.e long des murs (iiii entourent le jardin des trois autres côtés, on voit, au midi, des Pistachiers, des Jujubiers, dos Grenadiers , des Câpriers, etc. Au nord, des arbrisseaux et des plantes vivaces des pays froids, t(ds (pie des Spirées de Sibérie, des Orchidées, des fougères, etc. Ce jardin est coupé transversalement par deux allées de Thuyas, (|ui sont rapprochés les uns des autres, et sous les(]uels on élève en pots les plantes qui croissent dans les forêts les plus épaisses, et ont besoin d’être cultivées à l’ombre. I^e reste du jardin est divisé en {)lates-bandes destinées à la culture des plantes vivaces do pleine terre les plus intéressantes et les plus rares.

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