‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 63 sur 100 · MARSUPIAUX · texte numérisé non relu

MARSUPIAUX

La série des Mammifères Ditielphes osl la seule dont nous ayons à parler maintenant.

Voici quelles espèces la Ménagerie a reçues :

Didelphe a oreilles BICOLORES {Didclphis virginiana), — Pérou. — Didelpiie CRABiER {Didelphis cancrivora) , — Linné. — Dasyure AIal’Gé {Dasyitrus Maugei),— Geoffroy-Saint-Hilaire. — Dasyure ourson {Dasyurus ursinns), — Geoffroy-Saint-llilaire.

— Phalange R de Cook {Phalangisla Cookii), — Cuvier. — Phalanger renard {Phalangisla vulphia) , — Temmiiick. — Voltigeur taguanoïde [Pelauros laguanoïdes) ,

— Desmarest, — Kanguroo a moustaches {Konguru labialus), — Geoffroy-Saint-llilaire. Kanguroo enfumé {Kang. fuliginosus) , — Pérou. — Kanguroo de Bennelt {Kong. Dennellii). — Kanguroo Thetys {Kang. Thetys). — Potorou ou Kanguroo rat {Il ypdiprynmiis mûrirais) . — Phascolome AVombat {Phascolomis Wombat), — Pérou et Lesueur.

Plusieurs ordres de Mammifères : les Cdieiroptèrcs ou Chauves-Souris; les Lamentins ou Cétacés herbivores; les Cétacés véritables, c’est-à-dire les Dauphins, les Baleines, etc.; et les Monotrèmes, c’est-à-dire les Ornithoriiynques et les Éciiidnés, n’ont fourni aucune de leurs espèces.

La plupart des Chéiroptères sont trop petits pour être tenus eu ménagerie, et leur conservation demanderait trop de soins. 11 serait curieux cependant d’en posséder de différents genres, arm de [louvoir comparer leurs instincts. Les Phillostômes , dont l’ancien monde n’a pas une seule espèce, et les Poussettes qui ne vivent ni en Europe, ni en Amérique, fourniraient certainement des faits curieux.

Les Lamentins, avec lesquels il faut citer les Dugongs, seraient encore plus embarrassants a conserver que les Phoques ou les lli[)popotames; mais leur caractère est si doux, et leur régime si simple, qu’on ne doit pas désespérer d’en tenir en captivité. On ne peut en dire autant des Cétacés, car, même lorsque leur taille le permettrait, il est bien probable que ni leurs appétits , ni leurs allures ne sauraiimt s’y prêter.

L('s Dideliibes semblent être, par rapport aux Mammifères ordinaires, ce que les Monotrèmes sont par rapport aux Édentés : des animaux qui , à un certain nombre de traits communs, joignent, cbacun selon le degré de la série zoologi(iue dont il fait partie, des différences qui doivent les faire séparer nettement entre eux. Les Alonolrèmes sont les derniers des Mammifères, et ceux qui dans leurs actes, aussi bien que dans leur structure, se rapprochent davantage des animaux ovipares, et en particulier des Reptiles. On n’en connaît qu’à la Nouvelle-Hollande, et il n’y on a que de deux genres : VÉchidné et VOrnithorhynque. Le premier fréquente les terrains meubles et s’y creuse des retraites; le second est aquatique. Ni l’un ni l’autre n’ont encore été ramenés vivants jusqu’en France.

L’énumération des animaux qui ont paru à la Ménagerie du Aluséum a été fort longue , et on a pu , au moyen de ce qui précède , se faire une idée des services nombreux i]ue les établissements de cette nature rendent chaque jour à la science, et de tout ce qu’on doit encore en attendre. Les galeries de Zoologie ri'Ç.oivent les animaux de la Vallée suisse, à mesure

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T)Ki \ii:aik pahtie.

qu’elle l('s perd ; el comme ou a pu uoler leurs allures cl ap[irécier leur physicuiomie, les poses (|u’ou leur douue, eu les préparant pour ces galeries, sont ou mémo temps plus gracieuses el [)lus uaturelles. C’est à la Alénagerie de l’aris qu’ont été modelées dans ces dernières années les nombreuses sculptures d’animaux, et toutes ces jolies statuettes qui laissent si loin derrière elles pour l’exactitude, comme pour le fini, ce qu’on avait fait jusqu’alors en ce genre. M. Barrye est pour celte partie intéressante notre meilleur artiste.

On voit, dans les salles d’Anatomie comparée, quelques figures en plAlro, et diverses parties caractéristiques, moulées sur nature morte, d’après des animaux provenant de la même source. Les galeries d’Anatoïnie comparée reçoivent aussi de la Ménagerie la plupart de leurs richesses; beaucoup de squelettes, de crânes et de préparations de toutes sortes (lu’on y conserve, ont appartenu à des animaux qui, après nous avoir fait connaître leur manière de vivre et leur natund , nous donnent ici rexi)licalion de leur structure, et presque la raison des actes (pie nous leur avons vu exécuter. Perrault, Ouverney, Daubenton, Mertrud, Vicq-d’Azyr si b'd enlevé aux sciences; G. Cuvier et de Blainville, ont tour à tour fait profiler la science auatomiipie de leurs recberebes sur les animaux morts dans la Alénagerie de Versailles, dans celle (lu Muséum, ou cliez plusieurs grands personnages (jui, par suite d’une curiosité éclairée, ne dédaignaient pas d’entretenir à leurs frais des animaux remarciuables , comme le font aujourd’hui plusieurs riches lords d’Angleterre.

La N allée suisse, oii se trouvent réunis les Alammifères que nous venons de signaler, est élt'gamment disposée pour recevoir des bûtes si variés dans leurs habitudes el dans leurs mœurs; les allées, par leurs sinuosités , forment des parcs où s’élèvent de gracieuses maisonnettes couvertes en chaume , de formes pittoresques et de couleur différente :

tantôt c’est le climat de la Russie que rapp('llent ces murs faits de troncs d’arbres superposés; plus loin, la Suisse se retrouve dans ces chAlets ; un édifice a demi ruiné donne son hospitalité aux Chèvres accoutumées à braver les périls de l’escalade.

Nous ne pouvons mieux faire que de mettre sous les yeux do nos lecteurs ([uel- (pies-unes de ces habitations (jui ne dépareraient pas les parcs les plus élégants.

Kn entrant par la porte de la Vallée suisse (pü s’ouvre sur l’allée des Alarronniers, en face de celle des Airgilias. vous suivez une jolie route bordée de cha(jue côté de beaux arbres et de constructions légères, c’est l’asile des Vaches d’Kcosse («° 06 du plan).

Cotte allée est délicieusement ombra-

gée par la plus fraîche verdure ; aussi est-elle le rendez- . ous habituel des promeiieuis, (jui retrouvent au .lardin des Plantes les souvenirs de la jeunesse et dos éludes pour l’Age mûr. Ce parc était autrefois consac.ré aux Rennes; mais à la .Alénagerie, encore moins qu’ailleurs, rien n’est perpétuel ; les habitants changent souvent, et c’est encore un charme pour les pro-

meneurs, <iui trouvent dans celte mobilité un attrait toujours nouveau.

MÉNACEHIE. — M AAI ,M I EÈ lî ES.

Eu face de ce parc. , sc trouvent des fossés habités par les brebis anglaises. On leur a consacré une cbauniière peu élevée qui ne manque pas d’un certain caractère (n° 37 du plan).

Ces brebis, (jui sont à peu près semblables au\ nôtres, paraissent prcs(iue un hors-d’œuvre dans un établissement où l’on ne s’attend à trouver (jue des animaux rares ou singuliers.

Alais la Alénagerie a une plu?

haute mission, c’est celle d’acclimater les races étrangères, et d’améliorer nos races indigènes par des croisements sagement combinés; c’est ce qui explique

la présence de ces espèces , qui , au premier aspect, semblent des doubles emplois, mais qui différent par des caractères que le savant sait apprécier, ou par des (jualités économiques (pril appartient plus particuliérement à l’industrie manufacturière de reconnaître.

A côté, le Alouton à quatre cornes habitait une petite maisonnette contiguë à la fosse aux Ours, et (jui, aujourd’hui, est occupée parles Sangliers 3G du plan) : leur aspect farouche contraste pittorosfiuement avec la tramiuillité de leurs voisins.

En suivant cette même idlée, vous arrivez à un groupe de maisonnettes dominées par un toit rond rpii s’élève à leur centre, c’est la demeure de l’Antilope- bubale, du Alouftlon à manchettes du Maroc, et du Cerf- Cochon (n"* 31 , 32, 33 el 31 du plan).

Cette heureuse disposition a permis de réunir dans des parcs voisins des espèces variées, en facilitant le service et en simplifiant les soins (ju’il exige. Ces rapprocliements facilitent, du reste, la comparaison des espèces entre elles, et rendent agréables les fonctions de l’observateur,

DELÎXI f'I.M K l’ARTIE.

l.a iii^-rno allée , eu coii- (luisiiiit le promeneur vers le grand arnpliitliéAlre , lui offre , à gauche , [)lusieurs parcs où l’on retient les Clièvres de la Haute -Égypte et la gracieuse Antilope Corinne («°* 83 , 8-1 (lu plan).

Cette jolie petite maisonnette en bois, d’un aspect tout particulier, est empruntée aux constructions russes , et elle a été souvent répétée , et toujours avec succès, dans les parcs qui avoisinent la capitale. Le Muséum a devancé , dans cette voie d’éléganco et do variété , les constructions les plus recherchées. Il faut en féliciter les habiles architectes qu^ ont exécuté ces petites merveilles.

En revenant devant la Rotonde, on trouve la cabane des Chèvres du Sennaar (n° 77 du plan) ; c’est une espèce de ruine d’un effet trèspittoresque.

C’est encore la même pensée do perfectionnement des races (jui a réuni dans tes parcs ces Chèvres do diverses espèces, empruntées à l’Égypte, au Sennaar, au Thibet.

Grèce aux courageuses explorations de nos voyageurs, ces espèces précieuses , amenées à grands frais, ont pu faire rivaliser nos fabriques françaises avec les productions de riiide. Nous avions pour nous la perfection du travail manuel, l’exquise supériorité et l’incomparable élégance des dessins, la vivacité éblouissante des couleurs ; la finesse des matières premières nous a été acquise par l’introduction des espèces qui habitent

- les parcs du Muséum.

Des industries particulières , en multipliant les individus , ont formé des troupeaux (pii sont arrivés à des nombres importants, et qui ont même déterminé, par les soins constants dont ils ont été l’objet, des perfectionnements qui ont honoré notre agriculture. Le Muséum a cherché à conserver soigneusement les types, afin que l’on pût toujours recourir à la lace première, lorsque, par des croisements malheureux ou trop répétés, les qualités primitives de l’espèce seraient altérées.

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