‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 83 sur 100 · ANIMAUX INVERTÉBRÉS · texte numérisé non relu

ANIMAUX INVERTÉBRÉS

Les premières armoires de cette salle, celles à gaucho en entrant, contiennent des monstres humains et de Vertébrés et un grand nombre de fœtus de ces animaux. La place occupée par toutes ces pièces devra être bientôt envahie par celles relatives à l’anatomie comparée des Invertébrés. Toute la partie de la collection des organes de ces animaux nous semble, ainsi que nous l’avons déjà fait pressentir, avoir été laissée par G. Cuvier dans un état provisoire ou d’attente , nécessité par l’état de la science et par le défaut de place ou à cause du nombre insuffisant des aides.

En outre de cette collection d’anatomie des Animaux invertébrés qui se trouve dans les armoires , on voit sur doux grandes tables des boîtes vitrées qui contiennent des anatomies en cire do Mollusques. Ces pièces artificielles qui ont, dit-on, servi au grand ouvrage de Poli, célèbre naturaliste napolitain , ont été acquises par le Muséum , au moyen d’un échange fait avec le professeur Hermann, de Strasbourg. Chacune de ces boîtes porte le nom de l’animal dont on a imité en cire l’anatomie.

WVTOMIK COMPAHÉE.

Il y a donc dans cetto salle une collection d’anatomie d’ Animaux invertébrés et point encore d’anatomie comparée; nous considérons cependant comme un commencement d’exécution les pri'parations du système solide des Insectes, des Ca’ustacés et des Myriapodes qui sont renfermés dans onze boîtes vitrées , placées sous une grande table à droite en entrant.

Avant de vous introduire dans la 1 1" salle, où se trouve la collection du docteur Gall, nous vous engageons à ne pas oublier de donner ({uelque attention à des pièces en cire qui imitent •’anatomie de la Poule et le développement du Poulet, et à celles qui repré.sontent les mêmes objets observés chez le Laftin , la Couleuvre à collier et la Grenouille. Un grand nombre de |)réparations naturelles relatives aux œufs et au développement des Vertébrés et des Invertébrés sont placées avec les viscères dont ils font [)artie.

ONZIKMF, Fï DFRNIFRE SALI, F DU PREMIER ÉTAGE, OU SALLE DE LA COLLECTION P II RÉNO LOG 10 U E DE GALL.

Les mas(iues, les piètres de têtes entières, ou les tôles osseuses d’un grand nombre d’individus de l’espèce humaine, sont rangés sous trois principaux chefs, savoir : 1<> ceux qui ont ac<iuis une célébrité plus ou moins grande dans les .sciences, les arts, etc.; 2° ceux (jui ont commis des crimes plus ou moins grands, et enfin ceux (jui, par l’exagération de leurs facultés, ont été atteints d’aliénation.

Nous vous engageons à remarquer dans cette collection les têtes ou les mascjnes de plti- ■sieurs hommes célèbres dans l’histoire, celles des crimineds et des aliénés. Vous verrez aussi dans le bas de l’armoire à gauche , entre la croisée et l’escalier, dos têtes recouvertes de leur peau, tatouées et préparée.s par les naturels^ de la Nouvelle-Zélamle, qui sont encore anthropophages, et (|ui les conservent comme des trophées de leur victoire.

Ici se termine la collection d’Anatomie comparée. Il faut maintenant descendre l’escalier pour arriver dans la salle du rez-de-chaussée où se trouve la porte de sortie. Mais avant de descendre cet escalier, nous vous engageons à porter vos regards sur les dessins de la tête de l’Eléphant, et de celle du Hhinocéros de Sibérie, qui ont été donnés au Mu.séum par l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersboui’g. Ces dessins sous verre sont en face du haut de l’escalier.

Il vous faut aussi remarquer dans les diverses salles les plâtres des têtes du Mososaure et du Dinothérium (première salle du rez-de-chaussée) , et ceux des squelettes du Plésiosaure et de ricthyosaure, l’un au bas do l’escalier qui conduit à la dernière salle (rez-de-chaussée) ; les autres .sur le mur, à droite de celte salle.

^ous n’avez plus maintenant qu’à parcourir rapidement la salle du rez-de-chaussée oîi se trouvent les squelettes des lluminants, c’est-à-dire des Bœufs, des Boucs, des Moulons, des Chameaux, des Girafes, des Cerfs, et ceux des Pachydermes, c’est-à-dire des Eléphants, des Rhinocéros, des Tapirs, des Cochons ou Sangliers, et des Chevaux; ces derniers .sont placés en partie sur les côtés de la porte do sortie. En face de cetto porte , et au fond de cette salle, .se trouve le squelette incomplet d’un animal fossile, le Mégathérium, dont l’espèce est perdue; vous verrez (]u’on n’en possède (jue (jnelques parties de la tête , du tronc et des membres.

Si des squelettes entiers de cet animal n’existaient point à Madrid , il serait possible de restituer [)lus ou moins exactement toutes les parties qui manquent. Ces procédés ingénieux do restitution des animaux perdus, quoique réellement empiràjues, ont fourni à G. Cuvier des vues hardies et très-contestables d’anatomie transcendante, qui , jointes à ses nombreux travaux, lui ont valu l’iliustralion dont il a joui pendant .sa vie, et lui ont mérité la reconnaissance de ses élèves et de ses contemporains.

Il n’y a point d’étude plus digne de notre attention et de notre intérêt que celle de notre propre espèce, et, de mémo que rifomme occupe le premier rang parmi les créatures, les sciences qui le concernent doivent êtr(î au premier rang parmi les sciences naturelles, Cett(! vérité est aujourd’hui généralement admise; une foule de savants consacrent leurs veilles à des travaux relatifs à l’Homme, et le préce{)te de Socrate : Connnis-toi toi-même, reçoit tous les jours une application plus étendue. Cependant le Muséum semble être demeuré étranger à ce mouvement. Ce bel établissement, si riche en collections de tout genre, ne possède pas encore une galerie d’anthropologie. Le premier et le plus intéressant de tous les animaux ne figure pas dans ce palais oii tous les animaux doivent être représentés. On y peut voir dos exemplaires de tous les Singes et de tous les Ours ; mais on y chercherait vainement des images de toutes les races d’IIommos. C’est là une lacune qu'il est urgent de combler. Je veiix voir par mes yeux si en effet il y a plusieurs espèces d'Ifommcs bien distinctes; si le

A.MIinOPOLüGli:. 19'i

.Nügre est une variété du Singe ou do rilomme; si c’est Voltaire qui a raison ou l’auleur do la (lonèso.

A quelles causes, nous demanderez -vous, faut-il attribuer la lacune que vous venez de signaler? Est-ce indifférence, est-ce antipathie, est-ce oubli de la part des administrateurs? Nullement; les administrateurs aiment avec une égale ardeur toutes les sciences dont la direction leur est confiée; ils hâtent leurs progrès avec la même sollicitude, et n’out pour aucune d’elles ni répulsion aveugle, ni partialité exclusive. Ils ont pourvu à ranthropologio comme aux autres branches, et si la galerie n’existe pas encore, ce n’est pas faute de matériaux. On en a réuni un grand nombre que l’on doit au.x soins de voyageurs distingués et surtout à M. Dumouticr, qui a rapporté d’Asie une série de masques moulés sur des indigènes de Bornéo, de l’inde et do plusieurs autres contrées où il s’est arrêté. Toutes ces richesses, fruit do tant do fatigues , perdues jusqu’à ce jour pour h^ public , vont enfin être livrées à l’admiration des amis de la science ; un local spacieux et disposé avec la 'méthode convenable permettra de saisir la liaison qui existe entre les variétés des différents types do l’espèce humaine.

Voici bientèt six mille ans ipio l’Homme ob.servo ses semblables et (lu’il pose les fondements de la science dont nous allons parler, et pourtant cette science, la plus ancienne de toutes, est peut-être la moins avancée et la moins solidement assise. Une multitude de savants sont venus, chacun armé d’un système, s’en disputer la possession. La lutte dure encore, et il est impossible de jirévoir à (jui restera la victoire.

La première ipiestion à résoudre, (juand on s’occupe de l’homme, c’est de savoir dans quel onlre de la série animale on doit le classer. Aristote le regardait comme un être tellement supérieur aux animaux, «pi’il aurait cru commettre un sacrilège s’il l’avait confondu avec eux. Linné, au contraire, moins pénétré de notre mérite et de notre perfection, nous range sans façon parmi les Brimatès , à coté des Singes et des Ghauves-Souris. « On n’a encore [ui (I découvrir, dit ce grand naturaliste, aucun caractère bien positif qui autorise à séparer « l’Homme du Singe. »

Ouoi ! l’être ipii a mesuré la terre et les deux, qui a décomposé la lumière, qui a inventé les langues, qui a construit tous ces beaux édifices, animé toutes ces statues; l’être qui a dompté la vapeur et l’a rendue exécutrice fidèle do ses volontés; l’être qui pense et qui prévoit, l’être doué de raison, ne différerait du Singe que parmi plus haut degré d’intelligence! Le jour oii vous avez écrit ces lignes, honnête Linné, vous aviez sans doute à vous plaindre de quelipi’un de vos semblables , et c’est ainsi (pie vous vous êtes vengé.

Deux professeurs du Jardin des Plantes, Daubenton et Vic(}-d’ Azyr, entreprirent, dans le siècle passé, de réfuter Linné et de réhabiliter l’espèce humaine. Il ne leur fut pas difficile do démontrer ipic si riloinrne se rapjirochait du Singe par son organisation, il s’en éloignait réellement jiar ses facultés morales, et <iue, (pielle que fût leur analogie apparente, il y avait toujours un abîme entre eux.

De nos jours, un autre savant français, l’illustre Guvier, a soutenu la même thèse et a conclu à fadoiition d’une nouvelle classilication. Il a divisé les Primatès de Linné en trois ordres ; celui dos Bimanes ou des animaux à doux mains, qui comprend toutes les races d’Hommes; celui des (Quadrumanes ondes animaux à ipiatre mains, (jui renferme tous les Singes ; et enfin l’ordre des Chéiroptères ou des Chauves-Souris.

Nous savons très-bien que l’Homme, si .supérieur aux animaux par son intelligence, se ravale souvent au-dessous d’eux par ses vices ; nous n’ignorons pas (pi’on l’a vu et qu’on le voit encore tous les jours plus féroce que les Tigres et les Hyènes auxquels il donne la chasse; mais ses excès même ne sont-ils pas une nouvelle preuve de sa supériorité . et ne dénotent-ils pas une liberté d’action, une force île volonté et do réfiexion dont la brute est incapable? L’abus de ces facultés peut être la source des criines les plus horribles, comme, en revanche, leur emploi bien dirigé peut faire naître les vertus les (dus sublimes.

106 DKLAlivMK l’AUTlK.

\ oyons muiiitomint <|uels sont, d’après Cuvier, les caractères essentiels de notre esi>èce :

SUiUon droite et perpendiculaire ; corps soutenu par les membres inférieurs, lesquels sont développés en raison du poids qu’ils ont à porter; pieds plantigrades, pentadaclgles , non préhensiles ;

Extrémités supérieures libres, d clavicules, terminées par des mains véritables, c'est-à-dire par des organes propres au toucher et d la préhension , et agant un pouce opposable à tous les autres doigts ;

Tète placée sur l’épine dorsale; crâne développé dans les proportions du visage; mâchoire

inférieure courte et sgmphgse ayant fonne de menton ;

Dents au nombre de 32, d'égale longueur et sans intervalle entre elles;

Hémisphères cérébraux très-prépondérants ; cerveau d’un volume proportionné â la multitude de nerfs qui y aboutissent ;

Croissance lente , enfance longue , maturité tardive ;

l'eau tisse; point d'armes naturelles, ni offensives ni défensives ;

Deux mamelles pectorales ;

Coccyx court et recourbé.

l/lloinnie est, de tous les animaux, le seul <iui ait une station droite, aisée et naturelle : la ca|iacilé et la position du crène, la structure de répine dorsale, le développement osseux et musculaire du bassin et des extrémités inférieures ne lui permettraient pas de se tenir autrement. [,cs membres inférieurs .seuls étant exclusivement destinés à la marche , il en ré.sulte que les membres supérieurs sont entièrement libres. Dans les Cliimpau/és et les Orangs. les (piatre extrémités sont tout à la fois des organes de locomotion et de prébension. I,e (’/Uimpan/.é peut, il est vrai, changer de place en se tenant debout sur ses jambes, mais il se traîne plutôt (ju’il ne marche, et il est obligé à tout nminent de s’appuyer sur ses membres antérieurs. Les mains des Singes sont propres à saisir les objets; mais elles ii’ont pas le caractère <ies véritables mains; le pouce n’est pas opiwsable aux autres doigts. Une autre différence non moins importante, c’est que les membres postérieurs des Singes sont préhensiles comme ceux de devant, tandis que nos pieds sont exclu.sivement conformés pour la marche. L’Homme a le cou moins gros, à proportion, (pie les Quadrupèdes, mais la poitrine plus large; il n’y a que le Singe et lui (jUi aient des clavicules.

Ici une autre (piestion se présente; (piestion immen.se, (piestion difficile, ou pour mieux dire impossible à ré.soudre, et contre hniuelle sont venus se briser tous les efforts des savants : c’est la (piestion des espèces e.t des races. Les hommes dérivent-ils tous d’un seul homme comme le veut la (Jenèse, ou bien de (hmx ou plusieurs liommes de différentes couleurs? Quand nous égorgeons nos voisins pour l’amusement do nos princes ou pour la satisfaction de notre ambition , égorgeons-nous nos propres frères ou les descendants d’une autre souebe (pie la luMre? Les philosophes, les naturalistes de tous les temps ont longuement iHudié ces (piestions, et de leurs profondes méditations, (pi’est-il sorti? Comme toujours, des systèmes. Si du moins ces systèmes étaient d’accord entre eux, cette harmonie leur mériterait jus(pi'à un certain point notre confiance; mais ils se contredisent tous et se détruisent les uns les autriîs. Nous nous garderons bien de les examiner et encore [)lus do les reproduire; nous n’en rai>porteroiis ([u’un seul, celui de Martin, (pii est le plus récent, et, à notre avis, le plus complet.

Il partage le genre humain en ciiui races, chacune des(|uelles se subdivise en plu.sieurs familles et tribus. Le tableau (pi’il (*n doniKî, accom|)agné des caractères particuliers a cluniue race, nous a paru cmieux et instinctif. Le voici :

\NTIlllOP()LO(Hli.

T.UÜ.RMI UES RACES, FAMIEEES ET TRIBUS

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