‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 90 sur 100 · SIXIÈME SALLE · texte numérisé non relu

SIXIÈME SALLE

11 a été question de l’ordre des Quadrumanes dans la partie de cet ouvrage consacrée à la description de la Menagerie. Nous nous bornerons donc à indiquer l’ordre établi dans cette magnifique collection dont l’hisloire des Mammifères, par M. Paul Gervais, vous rendra encore l’aspect plus intéressant.

Les Singes sont exposés dans les armoires de la sixième salle du premier étage. Cette riche et intéressante collection , rangée d’après la classification de M. Isidore Gooffroy-Saintllilaire, offre «juelques représentants de chacun des genres du grand ordre des Quadrumanes.

DEIXIÈ.MK PAUTIK.

Elle oonmience par le Chimpanzé placé dans la première armoire à gauche en enlri\nt, et finit aux Tarsiers placés dans l’armoire qui fait face à celle-là à droite.

Au milieu de la salle, dans une armoire vitrée à roulette, on a placé le GoniLLc, nouvelle et curieuse espèce récemment importée tlu (lahon. Pour bien comprendre avec (piel mérite M. Portmann est parvenu à monter cette colossale ligure, il faut consulter une épreuve daguerréotype exposée dans l’armoire contiguë à la imrte d’entrée, donnant une représentation exacte de l’animal accroupi dans un énorme cuvier rempli d’alcool , et rappelant à peine une forme d’ètrc organisé.

Nous ne quitterons pas ces armoires où sont contenus les Chimpanzés et les ürangs , sans vous faire remarquer les épreuves dQguerriennes qui sont exposées auprès de la |)orte d’entrée. Ce nouveau mode de reproduction de la nature vivante ou morte peut être appelé à rendre les plus grands services, et il est à désirer (jue son emploi joint à celui de la photographie soit plus largement étendu aux repré.sentations des objets d’IIistoire naturelle.

si;rTiiiMii SAi.i.ii. — zoürinn:s jît MOLLLsotiis.

Cette salle renferme la suite de la collection des Zoophytes cl le commencement de celle des Mollusques. Les armoires sont remplies d’Éponges, de Polypiers, parmi Icscpiels on remanpie des Coraux de plusieurs espèces ; d’Oursins, d’ Astéries, d’Uriales, d’ilolothuries et, enfin, de Mollusques avec ou sans coquille, conservés dans des bocaux d’esprit-de-vin. Sur l’armoire (pii est située au milieu de la salle, on remanpie les Argonautes, les Nautiles, les Sèches , les Ammonites.

Il est des Coquilles aux(iuelles on attache autant de prix qu’à des Gemmes. Les IMi aci a- N ELLES ont (Hé payées jusqu’à 1 ,500 francs ; le C(ixE gloi ue de mek est estimé les doux tiers de celte somme; une coquille de la Poucelaixe al'uoue, l’espèce la plus brillante do ce genre, vaut jus(pi’à 500 francs.

liO G L AUC us porte .ses branchies sur les deux c('Hés du dos : chacun de ces organes est composé do plusieurs longues lanières ouvertes en éventail.

L’Aiigonaute est une espèce de Poulpe pourvu de co(piille; son corps est un sac ou une bourse ovale, un peu resserrée (ju côté de son ouverture, puis s’élargissant en un entonnoir membraneux découpé en huit longs tentacules fixés autour do la bouche. Ces appendices sont à la fois des organes de locomotion et de préhension ; leur surface interne est garnie dans toute son étendue de sm^oirs ou de ventouses , à l’aide des(piels l’animal s’attache avec tant de force aux objets (ju’il enlace, (pie les animaux b(.'aucoui) {dus grands et {)lus forts ({ue lui deviennent souvent sa [iroie.

L’Argonaute se sert do sa coipiille comme d’un bateau pour voguer sur la surface de l’onde ipiand la mer est calme ; alors six de ces tentacules

sont re{)loyés en bas et agissent comme des rames ; les deux autres , (pu se niiaïc extrémité en une large membrane, se relèvent et s’étendent comme des \oiles.

GALERIES DE ZOOLOGIE

La SÈCHE ressemble par sa forme au Poulpe et à l’Argonaute ; mais elle s’en distingue par un os intérieur et par un organe sécréteur qui produit en abondance une liqueur noirâtre à laquelle on a donné le nom d’encre ; lorscpic l’animal est en danger, il la lance au dehors on quantité assez grande pour teindre l’eau qui l’entoure et se cacher ainsi à la vue de ses ennemis.

L’os de la Sèche est une espèce de coquille que l’on emploie pour polir le bois , et qui sert , sous le nom de corail blanc, à la composition des poudres avec lesquelles on blanchit les dents. Cet os est parfaitement libre dans l’épaisseur du manteau; il no tient à aucun muscle, à aucun vaisseau ; cependant ses fonctions sont à peu près celles do l’épine dorsale chez les animaux vertébrés; il sert d’axe à l’ensemble de l’organisation.

La Sèche est très-commune dans la Méditerranée; elle forme un des princij)aux aliments des habitants des côtes. Quand on la retire de l’eau, elle meurt presque à l’instant, en faisant entendre un cri qui imite le grognement du Cochon. Quand l’encre est fraîche, elle tache le linge d’une manière ineffaçable.

Los SeiHULES sont faites à peu près comme les Sèches; seulement, à l’arrière du corps elles portent une coquille tournée en spirale et connue vulgairement sous le nom de Cornet de Postillon.

SÈCHE. Us DE Sèche.

« Le manteau des Spirules, dit M. Antelme , dans son savant ouvrage sur les Mollusques , se prolonge et enveloppe presque en totalité celte Coquille , (]ui est petite et transparente. Elle est aussi divisée à l’intérieur par des cloisons transversales qui forment autant de loges successives et de plus en plus grandes, dont l’animal occupe toujours la dernière. Au fur et à mesure (jue son corps en grossissant nécessite la formation d’une loge nouvelle , il s’avance en se tenant fixé au fond de la loge (|u’il quitte au moyen d’un appendice fort mince (jui termine la partie postérieure de son corps ; puis il transsude une matière crétacée (]ui forme la cloison postérieure de sa nouvelle loge et un tube autour de l’appendice de son corps (]ui traverse toute la série des log(îs, et que les naturalistes ont désigné du nom de Si/plion. On conçoit (jue ce Syphon doit être roulé en spirale comme l’ensemble de la coquille dont il occupe toute la longueur. »

Spiri lea PROIUIïPOS

Cette salle contient les Mammifères domestiques ; au milieu s’élève une statue en marbre blanc, due au ci- .seau do Dupaly, et représentant la Nature caractérisée par ces mots du poète Lucrèce : Alma parens rerum (Souveraine créatrice de toutes choses).

DKUXIÈ.ME l’AHTlE.

Page 1