‹ Le muséum d'histoire naturelleChapitre 97 sur 100 · vol · texte numérisé non relu

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Le nombre de ces dessins s’accroît chaque année, et les cours professés au Muséum encouragent les jeunes talents à se livrer à la reproduction des individus rares qui habitent la Ménagerie, ou des végétaux qui fleurissent dans les serres.

Outre cette précieuse collection, la Bibliothèque possède encore plusieurs autres fonds do dessins originaux, exécutés aussi sur vélin pour la plupart, mais que leur spécialité a empêché de réunir à la collection générale; tels sont les dessins des Plantes grasses, par Redouté, au nombre de plus de 150; — ceux de Yan-Spaôndonk' et de Redouté, représentant les arbres et arbustes d’Amérique, publiés dans l’ouvrage de Michaux; — les dessins des Courges, par Duchène, dessins d’une grande vérité et d’une parfaite exécution; — plusieurs Recueils de dessins des plantes, exécutés en Hollande pendant le xvn®.et le xviii® siècle ; — la plus grande partie des dessins originaux, exécutés depuis peu d’années aux frais de l’État; — la Description de l’Algérie, due, pour la plupart à Vaillant, jeune peintre do talent que les arts ont aussi perdu depuis quelques mois.

Un ordre parfait règne dans la Bibliothèque; les études y sont faciles; des tables et des pupitres sont disposés pour la lecture ou les copies des vélins qui sont communiqués sous verre aux personnes qui désirent les reproduire.

La Bibliothèiiue est ouverte tous les jours, sauf le dimanche, dé onze heures du matin à trois heures de relevée.

Nous nous arrêtons ici ; nous ne pouvons et nous ne voulons pas tout décrire. Notre i>ut était de vous raconter quel<iues-unes des merveilles (pie la Nature a semées si abondamment dans le sein de la création , et ce but est atteint. Le peu que nous vous avons montré vous a inspiré le désir d’en voir davantage : ce désir est sacré ; ne négligez rien jiour le satisfaire. C’est toujours une noble et louable curiosité que celle qui nous entraîne vers les sentiers de la science ; mais gardez-vous aussi de chercher à pénétrer trop avant dans ses mystères : vous rencontreriez des barrières insurmontables , vous vous égareriez dans un labyrinthe sans issue.

L’arbre de la science est couvert de branches innombrables et immenses; où est rhonnne gigantes(pie (lui pourra jamais se flatter de les embrasser toutes ? « Je ne suis qu’un enfant (jui ramasse quelques coquilles sur les bords du vaste Océan , » disait le grand Newton à l’apogiie de sa gloire, au moment même où, nouveau Colomb, il venait de nous révéler des mondes. Si New ton n’était (ju’un enfant côtoyant timidement le profond abîme , que sommesnous, nous ipii n’avons qu’une étincelle de ce feu sacré dont il portait le flambeau?

Consolons-nous , qui (jue nous soyons ; l’hommage que nous rendons au Créateur en contemplant ses œuvres lui est aussi agi’éable que celui du premier des philosophes ou des poètes. Ne cherchons dans cette étude que les plaisirs innocents , sereins et tranquilles, qu’elle peut nous procurer, plaisirs d’autant plus vrais et plus doux, (ju’ils seront plus indépendants de toute pensée ambitieuse, de toute {»réoccupalion savante.

Croyez-nous , il viendra un jour où les instants que vous aurez passés parmi nous dans ces belles galeries, dans ces riches jardins , vous paraîtront les |)lus heureux de votre vie.

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