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Le poids des corps placés à la surface de Saturne, dTranus et de Neptune, se détermine par la comparaison de leurs masses avec leur grandeur, comme dans l'exemple de Jupiter, et on trouve ainsi que le poids de ces corps ne différé pas lveaueoup de celui qu’ils auraient à la surface de la Terre. Dans Saturne, il est très-peu plus, et dans Neptune, un peu moins considérable.
il parait donc que, si les planètes sont habitées, l'organisation animale et végétale, telle qu elle est sur la Terre, serait suffisante pour assurer à leurs habitants le même degré, ou à peu près, de stabilité et de liberté de locomotion que nous possédons nous-mêmes. En un mot, un homme transporté de la Teire dans Saturne, dans Iranus ou Neptune, s apercevrait peu du déplacement ; ses facultés d'action et de mouvement s'y excr-
feraient comme sur terre. I.es arbres et les autres végétaux y conserveraient la stabilité qu’ils ont ici-bas, et nos constructions y seraient solides et durables.
L'importance de l’atmosphère dans toutes les fonctions de la vie animale comme de la vie végétale, son utilité pour répandre la lumière, pour garder ou disséminer la chaleur, ont été amplement exposées. L’existence d’une atmosphère dans une planète est, on l'a vu, une condition essentielle et nécessaire pour que cette planète puisse être mise en parallèle avec la Terre, au point de vue de l’habitabilité.
l.e télescope révèle la présence d'atmosphères dans Saturne et dans Jupiter. On y voit des nuages flottant par groupes épais, si épais même et si continus qu’ils dérobent il la vue le caractère géographique de ces planètes. — Cranus et Neptune sont trop éloignés pour que le télescope , tel qu’il est aujourd'hui , puisse fournir des observations aussi précises ; mais il est hautement probable que, quand le pouvoir de cet instrument sera plus complet, on découvrira dans ces planètes des atmosphères.
Eu égard à cette circonstance de nuages toujours répandus autour des planètes dont nous parlons ici, on pourrait croire qu’il n’est pas possible de savoir si ces planètes tournent, comme la Tare, sur un axe, et si, par conséquent, elles ont* comme la Terre, des jours et des nuits.
Mais n’a-t-on pas vu précédemment que l’atmosphère de la Terre et les nuages qui l’environnent participent nu mouvement de rotation diurne, et que, si l'atmosphère était parfaitement calme durant vingt-quatre heures, les divers groupes de nuages qui y séjournent, étant toujours suspendus au-dessus des mêmes points de la surface terrestre, seraient emportés autour de celle-ci avec l'atmosphère? Et ne voit-on pas qu'aloi-s ils feraient une rotation complète autour de l’axe commun dans le même temps exactement que le globe terrestre lui-même?
D’un autre côté, qu'on suppose un observateur transporté dans l’une des planètes en question, dans la plus voisine. S’il dirige vens la Terre un télescope d'une puissance suffisante, que verra-t-il? Quoiqu’il ne puisse distinguer les configurations de terre et d’eau , les nuages enveloppant le glofie de toutes parts, il distinguera du moins les groupes do nuages euxmêmes par les contrastes de lumière et d’ombre qu'ils produiront, et les verra cirruler emporté par la rotation diurne, disparaissant d’un côté et reparaissant de l'autre. Il sera ainsi, non-seulement à même de constater le fait de la rotation diurne de la Terre, mais aussi la duree de la rotation (laquelle est l'intervalle entre deux disparitions ou réapparitions succes-
LES PLANÈTES
sives des mêmes lignes de lumière et d'ombre), et, en outre, la direction de l'axe de rotation, direction à angles droits avec le mouvement apparent de rotation.
Or des phénomènes semblables ont été précisément observés dans Jupiter et Saturne. Les groupes de nuages dont les clairs et les ombres liariolent les surfaces de ces planètes, quoique plus ou moins changeants et variables, paraissent quelquefois immobiles, comme si l'atmosphère était parfaitement calme, en repos, et ce, pendant des intervalles de temps suffisants pour permettre à l'observateur, armé d'un télescope, de voir les mêmes points disparaître d’un côté du disque, reparaître à l’autre, et, traversant ce disque encore une fois, disparaître de nouveau. — Ne sont-ce pas là des conséquences évidentes de la rotation de ces planètes sur un axe à angles droits avec la direction de ce mouvement apparent?
Des observations de cette nature, répétées et poursuivies pendant de longues périodes de temps , ont amené à cette découverte, que Jupiter tourne sur un certain diamètre ou axe, possède un mouvement diurne, et fait une révolution complète en 9 heures 55 minutes 20 secondes; que ■Saturne tourne de même, et, ce qui est plus remarquable, en un temps à peu près semblable au temps de la rotation de Jupiter. La rotation de Saturne est complète en 1 0 heures 29 minutes 1 7 secondes.