‹ Le myosotis (volume 2)Chapitre 53 sur 73 · LA CONFESSION · texte numérisé non relu

LA CONFESSION

Quoi ! tu \'a^ dit, plus d'amours à ta suite!

Quoi! tu voudrais, tVtïeuillaut sous la croix,

Rose, uia Rose, éiiayer un jésuite,

De tes péchés, un peu des miens, je crois '

Ah ! pèche eucor. pécheresse gentille;

Kt si nos cœurs de quel(|ue ennui sont lourds,

Couple fervent, l'un à l'autre et sans grille

Confessons nous, confessons-nous toujours.

Jeunes heautes, avec les liirondclles Quand vous voyez les sylphes accourir lx)rsqu'au doux bruit de leurs battements d'ailes Vous vous sentez défaillir et mourir, Pas n'est besoin contre un charme éphémère Du beau curé ni de ses beaux discours : Cœurs de seize ans, au cœur de votre mère Confessez-vous, confessez-vous toujours.

Mais, tôt ou tard, l'hymen, lliymen despote A vos beaux yeux enseiguera les pleurs,

Qu'en suppliant alors Trilby s'arrête, Un soir d'orai^e au coin de \otre feu,

Grondez bien bas... puis, après la tempête, Confessez vous, confessez-vous à Dieu.

Vous qui marchez pieds nus et, sur la route, Dans le ruisseau trempez votre pain noir, Vous qui chantez sans que la dame écoute, Là-bas, penchée au balcon du manoir ; Vous qui rêvez amour, gloire, chimère, Puis, au réveil, le cœur battant d'effroi, Les bras tendus, vous écriez : I\Ia mère!... Confessez-vous, confessez-vous à moi.

Mainte blessure à l'onii le plus tendre Souvent échappe et saigne à l'abandon ; Souvent pour l'homme il serait doux d'entendre Au nom de Dieu sonner le mot pardon ; Mais la soutane a balayé la fange.

Mais le péché frétille par-dessous.

Quand tu verras tomber du ciel un ange, Avertis-moi, Rose, et confessons -nous.

Vite à ses pieds, vite confessons-nous.

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