‹ Le myosotis (volume 3)Chapitre 26 sur 66 · MIL HUIT CENT TREM E-SIX · texte numérisé non relu

MIL HUIT CENT TREM E-SIX

Si Ton veut arraclier l'épée Où pendent des gouttes de san<i ; Ce n'est pas pour que, dans la rue, Le fer justicier tombe et tue, Ramassé par vous en passant.

Dans le palais, aux jours d'alarme, Regardez : ne voyez-vous rien ^ Rien que le sabre du gendarme Ou du marchand prétorien ?

Oh ! quoi qu'ait prêché dans ce livre, Dont le parfum de sang enivre, Saint-Just, l'apôtre montagnard.

Enfants, la Morale éternelle Au seuil des rois fait sentinelle Pour en écarter le poignard.

Forgeron, laisse sur l'encUime Le fer vengeur inachevé :

L'arme du siècle, c'est la plume, Levier qu'Archimède a rêvé !

Ecrivons : quand, pour la patrie, La plume de fer veille et crie Aux mains du talent indigné.

Rois, princes, valets, tout ensemble S'émeut... et la plume d'or tremble Devant l'arrêt qu'elle a signé...

Mais bien que mon vers gronde et prêche, Ne craignez pas pour votre ami

i:i(i Mil. m iT r.KM 1 ui:ntk-si\. lue insulte à la fosse traiclu' Ou vos sanglots l'ont endormi. Laissant à l'esclave un tel rôle.

Je dirai, dut à ma parole Un bruit de verroux retentir :

^ Apôtres des sanglants systèmes, a >os cultes ne sont pas les mêmes, « Mais vous comptez un beau martyr !

Et quel père n'a vu ses filles Honorer de pleurs ingénus Le jeune béros en guenilles , Le beau patriote aux pieds nus?

Il sauva des tlots l'une d'elles, Et leurs amours lui sont fidèles...

Donnez des lis, car il n'est plus!

Des lis, des pleurs, ô jeunes filles : Car son sang tacba ses guenilles ; L'écbafaud meurtrit ses pieds nus î

Jeune, et sans pain, sans fiancée, Des rêves d'amour l'ont nourri , Et l'ombre de Cymodocée Au Mariijr du peuple a souri.

.Sous notre cliêne populaire.

Que la sainte croix tumulaire Prodigue l'ombre à son tombeau ; .Si le Dieu cbrétien qu'il adore Le repousse en tonnant , Eudore Prîra Jésus pour Alibaud.

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Hélas ! de riiynine funéraire Qu'aujourd'hui j'abandonne au \eiit.

J'aurais voulu, mon noble frère, Parer ton front, ton front vivant :

Tel, quand, chaud de mille agonies, Ankastroëm aux Gémonies Roulait, on vit ou l'on crut voir, Pour parfumer la claie infâme, Des mains d'un ange ou d'une femme Quelques brins de lauriers pleuvoir.

Gagnons les bourreaux de vitesse, Disais-je, Alibaud va mourir; Vers le Golgotha de Lutèce Le char court : Muse, il faut courir.

Mais un vers me fuyait encore.

Et déjà du coteau sonore Tombait ce cri : Mori en héros '.

L'œuvre rivale était complète .

J'arrivais trop tard : le poète Était vaincu par les bourreaux,

M COLA s.

Gianson \ boire écril? sur li carîe 5 payer d'un F'slcurclei::

Air : Du Cure di^ Pruiiponc.

('.liez -Nicolas, moi, je me plais,

Malgré son air sévère.

\|)rès boire au nez des valets

Si Ton jette son verre, Si l'on s'escrime avec les plais.

Il gronde et veut qu'on parte :

.\e vous emportez |)as, IN'icolas -,

Alettez ra sur la carte.

Ce mot apaise en un moment

LNotre hôte qui s'effraie; Sous ce bon prince on a vraiment

Les libertés qu'on paie.

Attable-t-on certains appas,

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