RÉPONSE A U]NE INVITATION
Sur l'adresse de cette lettre Quelle erreur fit tomber mon nom ?
Est-ce bien moi qu'on daigne admettre Aux plaisirs brillants d'un salon?
Où la mode commande en reine, Hélas! on m'accueillerait mal.
Je suis moins beureux que Sédaine ..
Non , non , je n'irai pas au bal.
Là , sous les lois de l'étiquette Il faut plier à tout moment, Cbaque pas est une courbette Et cbaque pbrase un compliment.
Moi, j'ose, dans mes épigrammes, Contester, en vrai libéral , L'Empire absolu même aux femmes, Non , non , je n'irai pas au baj.
Ul-l'ONSi; A INK 1\\ ITATION.
\iirais-je assez de patience Pour souffrir sans les bafouer Ces beaux esprits dont la science Se borne à l'art de saluer?
Contre les clers qui font merveilles Un bon mot peut m'ètre fatal ; Tous ces messieurs ont des oreilles ]Von, non, je n'irai pas au bal.
Lorsque les lléaux de la vie Sur mes pas pleuvaient tour à tour, Dans les bras de la poésie , J'échappais du moins à l'amour :
-Mais tremblons! partout on répète Que sous le voile nuptial , Tne Grâce ornera la fête ; >(tn. non, je n'irai pas au bal.
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Ï.A CO>FFSSIO>.
Quoi ! tu Tas dit, plus d'amours à ta suite,
Quoi! tu voudrais, t'effeuillaut sous la croix,
Rose, ma Rose, égayer un jésuite,
De tes péchés, un peu les miens, je crois!
Ah! pèche encor, pécheresse gentille.
Et si nos cœurs de quelque ennui sont lourds,
Couple fervent, l'un à l'autre, et sans grille
Confessons-nous, confessons-nous toujours.
Jeunes beautés, avec les hirondelles Quand vous voyez les sylphes accourir, Lorsqu'au doux bruit de leurs battements d'ailes Vous vous sentez défaillir et mourir. Pas n'est besoin contre un charme éphémère Du beau curé ni de ses beaux discours. Cœurs de seize ans, au cœur de votre mère Confesspz-vous, confessez- vous toujours.
lU 1-A COM EsSloN.
Mais tôt ou tard Tliymen, l'hymen despote A vos beaux veux enseignera les pleurs ,
Qu en suppliant alors Trilby s'arrête, Vn soir d'orale, au coin de votre feu , Grondez bien bas... puis, après la tempête, Confessez-vous, confessez-vous à Dieu.
Vous qui marcliez pieds nus et sur la route Dans le ruisseau trempez votre pain noir, Vous qui chantez sans que la dame écoute, Là-bas, penchée au balcon du manoir.
Vous qui rêvez amour, gloire, chimère.
Puis, au réveil, le cœur battant d'effroi, Les bras tendus, vous écriez : Ma mère!.. Confessez-vous, confessez-vous à moi.
Mainte blessure à l'ami le plus tendre Souvent échappe et saigne à l'abandon, Souvent pour l'homme il serait doux d'entendre Au nom de Dieu sonner le mot pardon; Mais la soutane a balayé la fange, Mais Je péché frétille par-dessous.
Quand tu verras tomber du ciel un ange, Avertis-moi, Rose, et confessons-nous.
Vite a ses pieds, vite confessons-nous.
FABLE
« Que je suis bien sous mon ciel de cristal !
A me nourrir la terre est épuisée ;
A moi chaleur et lumière et rosée :
Certes, je suis un noble végétal ! »
Ainsi parlait maint cornichon sous verre :
Le jardinier passe, et, d'un ton sévère
A ces vantards dit : « Taisez-vous, mes fils :
Un coup de vent peut briser votre cloche ;
Vous mûrissez, et le bocal approche;
Encore un jour, et vous serez confits. »
Hélas! hélas! philosophe, astronome.
D'un ciel étroit coiffés, quand nous marchons Fiersetclamant: «L'homme est tout, gloire à l'homme , Dieu tonne et dit : « Taisez-vous, cornichons! »