‹ Le myosotisChapitre 34 sur 52 · I.A VOl LZIt · texte numérisé non relu

I.A VOl LZIt

Le fossoyeur mu pris cl (iainllle cl ma mère. J'avais bien des amis ici-bas quand j'y vins, Bluet éclos parmi les roses de Provins: Du sommeil de la mort, du sommeil (|uej envie, Presque tous maintenant dorment, et, dans la vie, Le chemin dont l'épine insulte à mes lambeaux Comme une voie antique est bordé de tombeaux. Dans le pays des sourds j'ai promené ma lyre ; J'ai chanté sans échos, et, pris d'un noir délire, J'ai brisé mon luth, puis de ri\()irc sacré J'ai jeté les débris au vent... et j'ai pleuré ! Pourtant je te pardonne, ô ma Vouizie ! et même, Triste, j'ai tant besoin d'un confident qui m'aime, Me parle avec douceur et me trompe, qu'avant De clore au jour mes yeux battus d'un si long vent, Je veux faire à tes bords un saint pèlerinage, Revoir tous les buissons si chers à mon jeune âge, Dormir encore au bruit de tes roseaux chanteurs, Kt causer d'avenir avec tes flots menteurs.

SI vous M'AIMIEZ

ROMANCE

MÉNESTREL qui vaîs par le monde, N'ayant rien que mon <;ai savoir, Si vous m'aimiez, ô belle blonde, Je me croirais un riche avoir ; Comme Pétrarque aux pieds de son idole, A vos genoux courbé bien bas, bien bas, J'oublîrais tout, voire le Capitole, Si vous m'aimiez... mais vous ne m'aimez pas.

Si vous m'aimiez, ô belle blonde, De vos baisers seuls j'aurais faim, Et, sourd à son voisin qui gronde, Mon cœur s'enivrerait enfin ; Cœur mendiant, il va de femme en femme Criant misère, et sans secours, hélas ! Le pauvret meurt : il renaîtrait, madame, Si vous m'aimiez. . . mais vous ne m'aimez pas.

Et mes chansons fraîches écloses.

Au vent du matin et du soir.

SI VOIS m'aimiez 143

Iraient à vous comme les roses

Qui pleuvent devant Tostensoir.

IHuifiant l'air de Paris, madame, Où vous iriez j'irais, et, sur vos pas, (lomme un parfum je brûlerais mon âme, Si vous m'aimiez... mais vous ne m'aimez pas.

Sur vous, j^rand'dame que l'on Halte,

Un lorgnon d'or s'est promené,

Et par le nœud d'une cravate

Voilà votre cœur enchaîné.

D'un plus heureux que l'hommage vous plaise ! Souriez-lui, marchez fière à son bras.

Son bras ! demain je saurais ce qu'il pèse. Si vous m aimiez. . . mais vous ne m'aimez pas.

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