LE POETE EX PROVINCE
Je n'écris pas, je chante, et, Minerve nouvelle, Ma satire s'élance en bloc de ma cervelle. Q.u'on m'enchaîne : ma voix est libre, c'est assez. Oui, tant qu'on n'osera, comme aux siècles passés, Par le fer et la flamme étouffer le blasphème, Il fiiudra qu'on m'entende; et, dussé-je moi-même Quêter des auditeurs, comme ces troubadours Dont l'orgue savoyard nasille aux carrefours. J'ameuterai le peuple à mes vérités crues. Je prophétiserai sur le trépied des rues; Chaque mur, placardé d'un vers républicain, Sera pour mes lazzis le socle de Pasquin.
MEXLI'U. T>E THIO'KVILLE
Français régénérés de la Grande Semaine, Suivons le deuil nouveau que la Liberté mène ! Elle perd chaque jour ses derniers vétérans, Et, comme Niobé, meurt sur ses fils mourants... Hélas! quand le tribun du peuple et de l'armée, Merlin de Thionville, est mort, la Renommée, Q.ui suivait à grand bruit le triomphe d'un roi, N'a point jeté les yeux sur cet obscur convoi.