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ilEUREUx Médor, si j'ai bonne mémoire, Je t'ai connu jadis maigre et hideux ; Chien sans pâtée et poète sans gloire, Dans le ruisseau nous barbotions tous deux. Lorsque à mes chants si peu d'échos s'émeuvent, Lorsque du ciel mon pain tombe à regret, A tes abois Dieu sourit, les os pleuvent : Chien parvenu, donne-moi ton secret.
AMEDOR 135
Aux chiens lépreux, oui, le malheur m'égale: Battu des vents, par la foule outragé, Si je caresse, on a peur de la gale ; Si i'égratigne, on m'appelle enragé.
Pour qu'au bonheur je puisse enfin renaître, Dieu sait pourtant qu'un peu d'or suffirait ; Bien peu..., celui de ton collier peut-être : Chien parvenu, donne-moi ton secret.
J'eus comme toi mes longs jours de paresse, Un lit moelleux et de friands morceaux; J'ai frissonné sous plus d'une caresse, D'abois moqueurs j'ai talonné les sots.
Puis, dans la foule où l'on pousse, où l'on beugle, J'ai vu s'enfuir Plutus qui s'égarait : Pour devenir le chien de cet aveugle.
Chien parvenu, donne-moi ton secret.
Aux dominos sais-tu comment l'on triche?
Nouveau Paris arbitre de beauté.
As-tu donné la pomme à la plus riche.
Fait le gentil, fait le mort, ou sauté?
Ton sort est beau; moi, chien d'humeur bizarre,
Pour égayer le Riche à son banquet.
Je ne sais rien..., rien que flatter Lazare :
Chien parvenu, donne-moi ton secret.
Tombé, dit-on, dans un pays de fées Dont ta laideur mit le peuple en émoi, On essuya tes pattes réchauffées, De blanches mains te bercèrent; mais moi!... Chien trop crotté pour que la beauté m'aime. Si j'entrais là, le pied me balaîrait.
Hué de tous et mordu par toi-même :
Chien parvenu, donne-moi ton secret.
L^ SŒU% T)U T^iSSE
Dans l'ombre de mon cœur mes plus fraîches amours, Mes amours de seize ans refleuriront toujours.