‹ Le myosotis. Poésies inéditesChapitre 71 sur 108 · MONSIEUR PAILLARD · texte numérisé non relu

MONSIEUR PAILLARD

Traitant la misère en vassale, Premier magistrat du canton, Aux pauvresses, de sa main sale.

Monseigneur prenait le menton.

Et flon, flon, etc.

Lui volaient-elles noix ou pomme, Sous le pommier, sous le noyer, A l'instant même le digne homme Les jetait bas pour se payer.

Et flon, flon, etc.

Fredonnant de sa voix de chantre.

Flânait-il dans quelque dessein, Ses breloques sur son gros ventre Alentour sonnaient le tocsin.

Et flon, flon, etc.

Jacques, défends-lui bien ta porte, De peur qu'au logis, en tremblant.

Ta femme, cet hiver, n'apporte De l'infamie et du pain blanc.

Et flon, flon, etc.

A la vertu la mieux armée, L'or en main, portant des défis, II tente la mère affamée Auprès du berceau de son fils.

Et flon, flon, etc.

Puis quand il a, sans rien débattre, Payé son triomphe insolent.

Il se dit, fier comme Henri quatre :

« Tudieu, je suis un vert-galant I »

Et flon, flon, etc.

Et le curé le canonise;

Il me damnerait, moi, Gros-Jean;

Mais comme au b , à l'église

Il en aura pour son argent.

Et flon, flon, flon, miserere.

Monsieur Paillard est enterré.

L^ CO'KFESSIOlsi

V^uoi ! tu l'as dit, plus d'amours à ta suite!

Quoi 1 tu voudrais, t'effeuillant sous la croix,

Rose, ma Rose, égayer un jésuite.

De tes péchés, un peu des miens, je crois 1

Ah I pèche encor, pécheresse gentille ;

Et si nos cœurs de quelque ennui sont lourds.

Couple fervent, l'un à l'autre sans grille

Confessons-nous, confessons-nous toujours.

eunes beautés, avec les hirondelles Quand vous voyez les sylphes accourir, Lorsque au doux bruit de leurs battements d'ailes Vous vous sentez défaillir et mourir, Pas n'est besoin, contre un charme éphémère. Du beau curé ni de ses beaux discours : Cœurs de seize ans, au cœur de votre mère Confessez-vous, confessez-vous toujours.

Mais, tôt ou tard, l'hymen, l'hymen despote A vos beaux yeux enseignera les pleurs,

Qu'en suppliant alors Trilby s'arrête, Un soir d'orage, au coin de votre feu, Grondez bien bas..., puis, après la tempête. Confessez-vous, confessez-vous à Dieu.

Vous qui marchez pieds nus, et, sur la route. Dans le ruisseau trempez votre pain noir; Vous qui chantez sans que la dame écoute. Là-bas, penchée au balcon du manoir; Vous qui rêvez amour, gloire, chimère, Puis, au réveil, le cœur battant d'effroi, Les bras tendus, vous écriez : « Ma mère!... » Confessez-vous, confessez-vous à moi.

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