‹ Le mystagogue guide général du musée royal bourbon dans lequel on trouve la description des antiques récemment fouillés à Pompei, RuvoChapitre 105 sur 136 · Quadrige · texte numérisé non relu

Quadrige

Plusieurs Slrigiles.

PETITS BRONZES

Quatrième Armoire.

Secespile pour égorger les victimes.

Fragment d’un grand serpent en bronze doré.

Cinquième Armoire.

Plusieurs espèces d’armures.

Sixième Armoire.

^11. Ceps avec la chaîne et plusieurs harnais pour les chevaux.

Au-dessus de ces armoires , on voit de jolis trophées composés de plusieurs pièces comme des cimiers, des lances, des carquois, des cuirasses, des casques, des visières, des brassarts et cuissarts, enfin toutes sortes d’armes Grecques et Romaines. Les pièces qui composent les trophées aux quatre coins de la chambre ont été trouvées dans les tombeaux de Pæstum; et celles que forment les autres deux à droite, et l’autre de front, ont été déterrées à Pompei et à Herculanum.

Sur ces mêmes armoires on voit d’autres casques d’un grand poids et deux cloches avec leurs baltans trouvées dans la même ville de Pompei.

CINQUIÈME GALERIE

Le pavé de cette dernière Galerie est aussi en dalles de marbre antique trouvé à Pompei. Au milieu on voit sur une table qui vient de Pompei un brasier

dont la construction est fort singulière, fouillé à Herculunum. A un des angles il y a un tube qui sans doute devait servir à chauffer l’eau, et dont les pieds représentent des Sphinx ailés avec des pattes de lion.

Il y a par terre les ceps en fer tout oxydés trouvés à Pompei dans le Quartier des soldats.

Autour des murs, sont des armoires comme les précédentes, et au-dessus de ces mêmes armoires il y a plusieurs vases de formes diverses, et différemment travaillés, et en-dedans plusieurs Instrumens de chirurgie, Drogues, Plaques de bronze avec des inscriptions contenant des congés de soldats, Ecritoires, Styles, Plumes, Tessères pour les théâtres; Instrumens de musique, objets de toilette, Cachets, Passoires percées à jour, Gonds pour les portes, Clefs et Serrures.

Il faut cependant observer particulièrement les numéros 162, et 227.

Contre les deux Armoires à T entrée de cette Galerie se trouvent les célèbres tables d'Héraclée en bronze.

Sur les côtes du golfe de Tarante entre deux rivières nommées autrefois Âciris et Siris, aujourd'hui Âgn et lo Sinno est un torrent connu des anciens sous le nom d’Ascalandre , et maintenant sous celui de Salandra ou Salandrella. On voit sur le côté de ce torrent un lieu nommé Luce, à cinq milles de la mer, à huit milles environ de celui où existait autrefois Iléraclée, et à la même distance de l’endroit où était placée la ville de Métaponte. C’est là que furent trouvées ces deux tables en bronze.

Au mois de février 1732 un laboureur tra-

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versait avec ses bœufs le lit du torrent, qui était pour lors à sec et couvert d’une vase molle, lorsque, averti par le bruit que fit le pied d’un de ses animaux heurtant contre quelque chose de solide, il chercha, et découvrit la première de ces tables, qui se trouva chargée de deux inscriptions , en grec sur une face, et en latin sur l’autre. Quelques jours après on déterra la seconde, qui n’est écrite que d’un côté, et qui porte une inscription grecque.

La première a quelques palmes et dix pouces de longueur sur un palme et un peu plus de cinq pouces de largeur, mesure napolitaine.

La seconde est longue d’environ quatre palmes huit pouces, et large d’un palme cinq pouces, L’épaisseur est la môme. Ni l’une, ni l’autre ne sont entières, la première étant mutilée dans sa partie supérieure par en haut, et la seconde dans l’intérieure. C’est dans cet état que le Chevalier Guévara de l’ordre de Saint Jean de Jérusalem en avait fait l’acquisition, lorsqu’il apprit que l’Angleterre possédait un fragment du même genre que Michel Maittaire avait publié avec des notes en 1736. Il se procura l’ouvrage de ce savant, et reconnut bientôt que le fragment anglais était le complément de la première de ces tables. Car outre que chaque fragment est chargé de deux inscriptions grecques d’un côté, et latine de l’autre, sans qu’elles aient néanmoins aucun rapport entre elles ; le caractère grec , le style , le dialecte et le sujet sont absolument les mêmes. Et ce qui ne nous laisse aucun doute, c’est que dans l’endroit où les lettres du fragment anglais sont tronquées et imparfaites, le reste de leurs jambages se voit dans la table de Na-

pies; (le sorte qu’il y a très-peu de caractères que la fracture du métal ait entièrement détruits. Ces deux morceaux réunis forment un tout dont le fragment anglais fait le quart, et par conséquent celui de Naples les trois quarts. Le Chev. de Guévara ne se vit pas plutôt possesseur de ces monumens précieux qu’il résolut d’en faire présent au Roi de Naples , mais il voulut auparavant faire travailler à un commentaire qui leur servît d’explication, ouvrage dont M. Maszocchi se chargea , et en donner au public la copie la plus exacte qu’il serait possible, et on prit toutes les précautions nécessaires pour l’exastitude de l’opération qui fut répétée trois fois, parce qu’à chaque reprise on ne tirait l’empreinte que du tiers de la table. Mazzocchi publia son ouvrage sous le titre: In Æeneas Tabulas Heracleenses Comment. Vol. 2. pag. XIII. et 600. Neap. cioioccliv. Or voici le sujet de ces monuments.

Il y avait dans le voisinage d’ Héraclée un terrain consacré à Bacchus, dont plusieurs portions, par le laps de temps, avaient passé entre les mains de quelques particuliers. On résolut , dans une assemblée du peuple, de remettre les choses sur l’ancien pied, et pour cet effet, on choisit des arpenteurs qui furent chargés de mesurer exactement toute l’ étendue du domaine sacré. On connut aisément par ce moyen ce qui avait été envahi, et on rendit au dieu tout ce que des mains profanes lui avaient enlevé. Le terrain fut ensuite divisé en quatre parties, dont les dimensions furent prises, et les limites fixés avec tout le soin possible. Après quoi les quatre parties furent affermées à vie, séparément à quatre par-

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liculiers qui furent nommés, moyennant une redevance annuelle déterminée, et à la charge de donner des cautions dont les noms sont aussi exprimés. Cette espèce de bail emphyteutique, outre les clauses générales et communes à tous les fermiers, en contient d’autres particulières à chacun, et relatives à la nature du terrain qui lui était affermé. On y trouve jusqu’au nombre des pieds d’oliviers et de vignes que chaque usufruitier s’engageait à planter , les devis, et les dimensions des bâtimens, d’une grange, par exemple, et d’une étable à bœufs que chacun dans son lot était obligé de construire, sans parler de plusieurs autres clauses qui tendaient à l’entretien et à l’amélioration des champs sacrés. Telle est la matière de l’inscription dont le Chan. Mazzochi croit pouvoir fixer la date vers l’an 130 de Rome , un peu plus de trois cents ans avant Jésus-Christ. Il no doute pas néanmoins que le second en soit un peu moins ancien, parce que la forme des caractères en est un peu moins grossière, le dialecte moins dur, et l’orthographe moins éloignée de l’usage moderne. Mais comme l’on voit quelquefois dans tous les deux les mêmes personnes nommées, l’intervalle de l’un à l’autre ne peut pas être considérable. Quoiqu’il en soit, ils nous apprennent que les habitans d’ Héraclée , comme ceux de Lacédémone, avaient des Ephores: aussi Strabon rapporte que les Tarentins , dont Héraclée fut une colonie, étaient issus des Lacédémoniens. Ces Magistrats avaient le droit de convoquer la nation, de présider à ses assemblées, et leur nom servait à la date des années , comme celui des Consuls chez les Romains. On sait qu’à Sparte il y avait

cinq éphores ; mais on ignore si leur nombre «'■tait le même à Héraclée, où l’on voit uniquement qu’un seul était éponyme. 11 avait sous lui deux autres magistrats nommés polyonomes , et leur fonction parait avoir été la même que celle des préfets à Rome; car Dion ( lib. 44.) donne le nom de polyonomes aux préfets que Jules-César , au rapport de Suétone ( in Iulio Caes. 76.), établit au lieu des préteurs, pour gérer les affaires civiles pendant son absence.

On trouve aussi dans ces tables les noms des deux mois connus chez les Macédoniens , apellée et panemus. Le savant auteur croit le premier originaire de Sparte, parce que le mot awrsXXaj, d’où il dérive, et qui signifie comices, assemblée, était particulier aux habitans de la Laconie. Quant au mois panemus, il ne dit rien pour en faire honneur aux Lacédémoniens, il se contente de confirmer l’idée de Suidas, qui le fait répondre au mois de juillet.

Dans la partie postérieure de cette première table on trouve un fragment latin d’une loi romaine sur le dénombrement des citoyens pour leur diviser le froment, et sur la construction des chemins.

L’autre table contient la mesure d’un champ consacré à Minerve, dont deux parties avaient été usurpées par des particuliers , et le bail des mêmes.

Nous n’entrerons pas dans un plus grand détail sur les particularités contenues dans les tables d’Héraelée; il suffit de dire en général, qu’outre plusieurs noms de lieux, dont on cherche peut-être inutilement la signification , elles présentent beaucoup de mots grecs qui ne se trouvent point du tout, ou seulement en partie, dans les recueils des lexicographes.

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Nous ajouterons qu’elles sont très-utiles pour connaître F origine et les progrès de la langue grecque , et qu’on y trouve les principes de plusieurs règles grammaticales, dont les Savans ont souvent peine à rendre raison.

Première Armoire.

62. Ecriloire avec les divinitées qui président aux sept jours de la semaine. C’est le monument sur lequel Martorelli écrivit ses deux volumes in 4“ De Ilegia Theca Calamaria.

1 4 4. Une inscription de celles qu'on, nommait honestæ missiones.

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