‹ Le mystagogue guide général du musée royal bourbon dans lequel on trouve la description des antiques récemment fouillés à Pompei, RuvoChapitre 11 sur 136 · Les trois Grâces, mosaïque venu réoemment de Baia · texte numérisé non relu

Les trois Grâces, mosaïque venu réoemment de Baia

39. Autre mosaïque, provenant aussi de Baia, de sujet inconnu.

Outre les mosaïques dont nous venons de parler, cette chambre en contient dix autres qui appartiennent à S. A. R. le Prince de Saleme, et trentequatre inscriptions peintes sur les enduits des murs dePom pei, toutes publiées par feu Monseigneur Rosini.

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Zeuxis,Polygnote, Timanthe, et leurs contemporains , exécutaient des chefs-d’oeuvre avec quatre couleurs seulement, savoir, la terre de Mélos pour le blanc, l'ocre allique pour le jaune, la synopide, ou, terre du Pont, pour le rouge, et le calcanthe pour le noir.

Mais Apelle et Protogène, ayant augmenté leur nombre, et perfectionné la peinture, elle passa aux Romains, qui divisèrent les couleurs en florides, et en austères ; et les unes et les autres en naturelles et artificielles.

Les peintres anciens se servaient aussi de plusieurs sortes de colles, dont la plus recherchée était la colle animale, appellée sarcocolle; ils peignaient même avec du lait.

Il est encore douteux si, par rapport à la durée, les peintres modernes, avec tous les moyens de la chimie et des autres sciences, sont supérieurs aux anciens, comme quelqu’un l’a prétendu. L’ huile altère nos couleurs, et les fait jaunir par le seul contact de

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l’air, et il se pourra même, que l’on ne verra aucune de nos peintures préparées de cette façon dans huit cents ans; pendant que Pline a pu voir celles qui subsistaient dans les ruines d’Àrdée, comme nous voyons encore aujourd'hui celles de Pompei après dix-huit siècles.

Chaptal ayant, par ordre de l'impératrice Joséphine, examiné des couleurs de Pompei , avoua que la manière de les obtenir était tout-à-fait perdue parmi nous. Davy a cru que les anciens se servaient des mêmes couleurs que les peintres célèbres de la renaissance de cet art en Italie , mais que ceux-là avaient deux couleurs de plus, savoir l'azur Vestorien et la pourpre de Tyr. Le chimiste anglais observe, que la première de ces couleurs, les ocres rouges et jaunes, et les noirs sont les couleurs qui ont le plus résisté aux injures du temps. Les verts sont pâles et lavés, et parmi les substances minérales, l 'orpiment est toujours le moins durable. Le même auteur est d’avis que les peintres anciens, comme les modernes de l’école Romaine et Vénitienne, ont été très-sobres à se servir des couleurs fondes, dont ils ont fait d’admirables essais pour la force et pour le ton.

Mais quelle était donc la façon de peindre les parois de Pompéi? Sans entrer dans des discussions difficiles , guidés par les classiques et par tout ce que nous y avons observé , il nous semble que ces peintures ont été exécutées sur la crépissure fraîche ou sèche, mais que l’une et l’autre sont vernissées par de la cire. Vitruve nous dit, que les couleurs passées sur la crépissure humide ne changent pas et qu’ elles se conservent éternellement; car la chaux, qui

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par l'action du feu perd l'humidité dont elle est imbibée, reste poreuse et sèche, de sorte qu’elle absorbe tout ce qu’on y passe dessus de liquide; ainsi, par le mélange des principes qui lui sont communiqués par d’autres puissances, il s’en forme un seul corps qui, en se séchant, la fait paraître toute composée de la même substance. Les parois faites avec soin ne s’altèrent pas avec le temps ; pas même eo les lavant, les couleurs changent. Cependant il fallait avoir soin de ne les point passer sur la crépissure sèche, ou avec peu d’attention. Au contraire Pline nons fait connaître que le purpurissum, le mélimm, la cérussa et d’autres couleurs udo illini récusant , ce qui prouve qu’avec eux on pouvait peindre à sec, in arido.

Lorsque les anciens voulaient préserver de la force du grand jour leurs parois , voici ce que leur préscrivait le prince des architectes: Quand vous aurez peint et bien laissé sécher la muraille, trempez le pinceau dans la cire chaude délayée avec un peu d’huile, et recouvrez de ce mélange au moyen du pinceau le mur: ensuite avec un réchaud rempli de charbons ardens , échauffez le mur et la cire, en sorte que la cire se réduise à dégoutter, puis avec des linges propres frottez dessus delà même manière que sur les statues en marbre, opération que les Grecs nommaient causis. Celte couverture de cire fait, que ni les rayons du soleil, ou de la lune, mangent et effacent les couleurs des peintures. Il est indubitable que plusieurs parois de Pompei ont été faites par ce procédé, et que lorsque la crépissure était encore humide on y traçait, au moyen d'un poinçon, les figures qui devaient dominer le fond. Dans une maison de la rue desOrfèvres, le groupe desGrâccs s'étant effacé de

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dessus le fond où elles avaient été peintes, les contours y sont restés. Il y a même quelques figures, qui s’étant tout-à-fait détachées, ont laissé le fond net, de manière qu’on peut distinguer facilement les différentes couches de couleurs qu’on y avait passées. Il y en a d’autres où, sur un fond noir, on a passé un enduit de vermillon; et sur ce vermillon les figures du sujet qu’on voulait représenter; et lorsqu’elles se sont détachées, le rouge en parait aussi beau comme si jamais la paroi eût été enduite d’autres couleurs. Nous avons observé dernièrement à Pompei une paroi dont on voulait changer la couleur du fond de jaune en rouge , on fut obligé de recrépir légèrement le mur, car la nouvelle couleur n’était pas adhérente à cause de l’espèce de vernis dont nous venons de parler. Ayant rompu ce mur nous avons vu le jaune qui était dessous. Au reste, d’après les observations faites sur les peintures anciennes par Caylus,Steinbiichel,Schorn,Grund, G eiger, Goethe, Roux, et Knierim, il s’ensuit que toutes les peintures de la Grèce et de l’Egypte ont un luisant qu’on ne saurait obtenir en peignant à fresque, ou à sec. La dorure unie aux agrémens colorés, ne pouvait s’obtenir que par un moyen particulier qui les faisait résister à l’eau et à toutes sortes d’humidité. Enfin , d’ après le témoignage de Platon confirmé par d’autres auteurs, les peintures égyptiennes s’exécutaient avec de la térébenthine aromatique et de la cire. Or considérant que l’eau n’est pas adhérente sur les peintures de Pompei , que les couleurs résistent à toutes sortes de frottement , et conservent toujours le même luisant , nous sommes portés à croire qu’elles furent exécutées tantôt sur la crépissure humide, tantôt

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sur le mur bien sec, et recouvertes ensuite du vernis dont il paraît que les Grecs et les Egyptiens se servaient. Pour s’en assurer, il ne faut que frotter fortement une de ces peintures sur mur avec les mains, et ensuite l’approcher au nez. Par ces expériences, que j’ai essayées le premier, la main appercevra la rudesse de la cire, et l’odorat la senteur d’un arôme.

En outre, la manière avec laquelle ces peintures sont faites est telle, que quelquefois on distingue de loin, des villes, des fontaines ; mais en s’approchant on ne voit qu’un barbouillage confus à tel point qu’il est impossible d’en retracer les contours, même avec du papier transparent. Car la force du coloris est surprenante, et ce défaut-là compensé par la manière de donner les jours et les ombres. Tandis que dans les clairs on observe de grandes masses de couleur , on trouve exagérées les ombres dans les yeux et dans les bouches , ce qui donne une expression presque parlante aux têtes ainsi représentées. Les maîtres d’aujourd’hui peignent en recueillant la lumière par l’ouverture d’une croisée, ce qui est d’un effet rare à voir; les anciens peignaient à jour naturel. Chez eux, une simple ligne rouge était tout l’ornement qui surmontait les peintures: nos tableaux doivent beaucoup de leur éclat aux cadres somptueux qui les entourent. Au reste quoique les peintures de Pompei soientsouvent défectueuses pour ce qui regarde le dessein , elles seront toujours admirables pour leur originalité, leur grâce, et la franchise du pinceau. De toutes ces peintures.il n’yenaque deux qui traitent des sujets historiques savoir Massinissa, et la Charité Grecque: les autres appartiennent à la mythologie.

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