BERNARD QUARANTA
LE
JLiorsquc Naples devint la Capitale des régions habitées un temps par les Ausonlcns , les Slol* liens , les Campanicns , les Plcentlns , les festins, les Marrucinlens, les Marses, les Péll&ncs, les Samnltes , les lllrpiniens , les Bruttlens, les Lucanicns , les Frentaniens , les Calabrais , et par d' autres peuplades qui eonstilualcnt la partie de r Italie iju'on appellalt la Grande Grèce; cette métropole fut aussi vers le commencement du dix-septième siècle la dépositaire de tous leurs monumens, héritage glorieux de l'antiquité , histoire parlante des beaux-arts, trésor d'érudition, ornement de la civilité Européenne.
Dès la renaissance des lettres plusieurs savants des Provinces, comme de la Capitale, se mirent à publier dans de belles dissertations tout ce
)( vin )(
qu' ils pouvaient recueillir des détails d'une civilité dès long-temps déchue.
Et comme la famille des t'arnése s'élalt éteinte dans Elisabeth, femme de PHILIPPE V Roi d'Espagne , les codes , les livres , et tous les antiques si renommés, que cette puissante et célèbre Maison possédait, tombèrent en héritage h son fils CHARLES 111 BOURBON , qui en forma un Musée au Château Ho y al de Capodimonte .
Enfin vers ce même temps un iifstée bien plus riche, bien plus précieux, unique dans son genre, se formait dans le Château de Vortici; puisque par les soins de ce même MONARQUE, deux Villes, Vompei, et Herculttnum, après avoir été pendant dlx-hult siècles ensevelies sous les cendres du Vésuve, déchirèrent le voile qui les couvrait.
Sous le gouvernement du Vice-Roi le OuctTOssune, s'érigea dans la rue nommée dette Vigne un grand édifice, que l'on destinait h en faire une écurie: mais sans songer à la suffisance de l'eau, que le sol qu'on avait choisi ne pouvait nullement fournir, 11 devint inconvenant h sa première destination.
Le h Juin de 1' an i6ic on y Installa 1' Université, qui était établie dans le Couvent des PP. Jacobins nommés de S. Homenico IHaggiore , et le Comte de Vemos en célébra solcmnellemcnt 1*1-
nauguration. Depuis lors ce bâtiment, ainsi nue la rue qui y aboutit, prirent le nom dcgli Studi(i les Etudes). Quelque temps après, les Professeurs de notre Archlgymnase, ayant encore été transférés au Collège nopimé del tien il Vecchio, que les Jésuites venaient (l'abandon ner; cet Edifice fut enfin réservé lui seul â renfermer les codes, les livres, les bijoux, les médailles, et toutes les statues qui ornaient ci-devant les Jardins des Farnèsc â Home, ainsi que tous les Volumes des Paftyres et autres objets tirés des fouilles de Pompe! , d’ Herculanum, etc. que l'on gardait dans les Châteaux de Portici et de Capodimonte . Ainsi, soit par la multiplicité de ces objets, soit par la quantité des livres que l'on destinait â l’instruction publique avec ceux que la libéralité de nos MOIS aurait acquis par la suite, ce bâtiment exigeait une plus vaste étendue. Sous la direction de l'Architecte Pompée Schiantarclli , on 1' agrandit de tout le côté qui est au levant pour la Utfefrothvque, et de celui qui est au couchant pour la Pinacothèque et on y ajouta les deux grands escallser par lesquels on monte au second étage.
Derrière cet édifice, et proprement dans le Jardin des PP, déformés . plusieurs anciens tombeaux y furent découverts en îsio , et pour empêcher l'éboulcincnt du terrain, on construisit la
grande muraille qui est au nord de notre Musée . dont il est séparé par un large terrepleln.
Telles Turent les premières destinées de ce sanctuaire de notre moderne civilité, unique au monde, non seulement pour la quantité, mais pour la qualité de ses antiques. SI l’étranger reste frappé d'admiration en contemplant les monumens d’Herculanum et de Pompe! , ceux des Musées particuliers du Bue Carafa de Xoja\ de Borgia , de t'ivenxio , etc. ceux enfin de tout le royaume , dont nos lois défendent l’exportation, et que le Gouvernement achète des particuliers; et si & ces immenses trésors 11 ajoute la profusion toujours croissante de vases peints, de monnaies, de bronzes, de bijoux, de peintures murales , etc.ll avouera que ce sont autant de merveilles qui en attendent d’autres, et qu'on espérerait en vain de trouver dans quelque autre endroit de la terre, quand bien mémeonlafouilleralt dans toute son étendue-
S'il parait étrange que nous ayons donné le nom de jUystagogue à ce livre , que nous destinons pour Guide aux observateurs du Musée Royal Bourbon, nous répondrons que nous l'avons fait pour suivre l’exemple des Anciens dans une matière qui traite des monumens de l'Antiquité. Personne n' ignore qu’ on appelait ainsi dans les temples et dans les villes ceux qui montraient
et expliquaient aux étrangers tout ce qu'on y renfermait de rare et de précieux, et qui étalent aussi appelés Exégètes et JPi-tdégètes. En effet Varron fait mention du lUystagogus Joris Olympiae , et lUincmae Athenis (a); et Cicéron parle de ceux gui hospites ad ea , guae visenda sunt, durer o soient et unumquidque ostendere, quos Syracusanl JUVSTA GOGOS vocant (6).
Cependant, quoique Je n’aie rien négligé dans eet ouvrage de ce qu’il y a d’important dans le Musée Royal Bourbon, J’ al porté une attention plus particulière sur les monumens qui yont été récemment transportés de Pompei , de Bastllcata , de ïtioccra, de Ruvo, et des autres endroits du royaume, ainsi que sur l’ bistoirc des Papyrus d’Herculanum, sur l’explication que J'ai donnée de la fameuse Tasse Farnèse en sardoine , sur le Vase non moins célèbre de verre bleu à bas-reliefs blancs semblable à celui «le BAIIBEIllIVI connu aujourd’hui sous le nom de POIlfLAA’D dans le Musée Britannique, et sur la grande Mosaïque représentant la bataille de Darius et d'Alcxandrc-lc-Grand.
J’ai cru faire une ebose agréable aux curieux
(a) Hans. Aon. Mlarcell. p. tis, 10 .
(b) t’err. IV. »3-
X xn )(
on leur donnant presque toute entière l'opinion que J’ai publiée dans mes Cenni sur ce monument, qui fut le premier livre à paraître sur ce* argument le t Novembre ust- Treize ans après , J’ai eu la satisfaction de voir que mon opinion a eu l'honneur de plusieurs traductions et de plusieurs plagiats ( parmi lesquels Je signalerai celui de M. r Vlardot dans son Guide et Mémento de l'artiste et du voyageai') et qu'elle a été adoptée presque généralement comme celle qui mérita l'approbation des plus grands archéologues de ce siècle , nommément du Ch. UlIl'H. MUELLER, du Eh.R.UMJL-HUCHETf E, du Professeur OVWY,et dernièrement dusavantP.NIC.4ItU, qui parlant des explications qu'on a données de la grande Mosaïque Pompéienne disait: que l'opinion du Ch. Quaranta semblait la plus probable. lien, est de même de tout ce que J'ai dit touchant les Papy res d'Miereulanum, Je l'ai tiré de leur Histoire que Je publiai eu ikk, à Naples par ordre supérieur. Je m’y suis attaché non seulement à parler de la découverte, de la qualité. delà flgure et du déroulement de ces précieux manuscrits, mais encore à former un Abrégé de leur contenu en raveur de ceux qui voudraient se dispenser de la lecture des huit in-folio publiés par la II. Académie, Abrégé qa'avec la plus grande sur-
prise du pultlle on a reproduit sous une autre forme, en se donnant comme auteur d'une idée, que J'avais conçue et exécutée le premier.
J'ai suivi dans les Vases la dénomination qui en décrit la figure extérieure, et non pas 1’ ancienne adoptée aujourd'hui par tant d’Archéolo- #ue*. Je n’ai pu lA-dessus me déterminer A ne pas admettre les Judicieuses observations critiques de mon illustre collègue Letronnc (a). J'aime au contraire A me rappeler d’avoir été le premier dans ma Bissertaxione supra un faso ttalo-drcco dut lirai Masco Borbonico , publiée A Naples en isso, ( pag. ts et suivantes ) A diriger les recherches des Antiquaires sur les noms qu'on devrait donner aux diverses formes des vases de terre-cuite avec des peintures, et A montrer long-temps avant ee savant Français, combien cette entreprise était difficile, pour ne pas dire Impossible.
J'ose espérer que les amateurs des arts me saliront gré de trouver dans le Catalogue des tableaux d’abord en tête le sujet du tableau, et ensuite le nom de l'auteur on celui de l'école, par la raison que la première notice est plus intéressante. Enfin A la page sa au lieu de Cocale le lecteur lira Per dix.
(a) Dans le Journal des Savons, Avril t«5t
Le Musée noyai Uourbon es* composé ües collections suivantes :
i. Le» Moaatque».
a. Le* Peintures murâtes.