‹ Le mystagogue guide général du musée royal bourbon dans lequel on trouve la description des antiques récemment fouillés à Pompei, RuvoChapitre 34 sur 136 · La Charité grecque. ( P · texte numérisé non relu

La Charité grecque. ( P

Parmi les évènements historiques nous en trouvons deux singuliers qui montrent ce que l’amour filial peut sur le cœur d’une fille. Une femme condamnée au dernier supplice , fut consignée par le préteur au triumvir pour la faire mourir en prison. Ce dernier n’ayant pas le courage de l’étrangler, résolut de la laisser mourir de faim. La fille de cette malheureuse ayant appris cela , pria tant le géolier que celui-ci touché de ses instances lui permit de voir sa mère, s’assurant d’abord par une visite sévère qu’elle n’avait sur elle aucune sorte d’aliments. Plusieurs jours s’étant écoulés, et la femme vivant toujours, le triumvir étonné d’une pareille circonstance , voulut connaître la cause d’un tel phénomène. La fille continuait ses visites, mais rien de si sûr qu’elle n’apportait aucune sorte de nourriture à sa mère. Il les observa de près et à sa grande surprise il vit que cette pieuse fille donnait le sein à celle qui lui avait jadis conservé la vie par ce moyen. Le triumvir les dénonça aux jugesqui, touchés des traits d’un pareil dévouement d’amour filial , non seulement leur firent grâce , mais leur accordèrent encore une pension sur le trésor public, et

REZ-DE-CHAUSSÉE

liront bâtir un temple dans la prison de cette malheureuse, qu’ils consacrèrent à la Piété , (selon le témoignage de Pline et de Valère Maxime). Le premier de ces écrivains ajoute que cette fille venait d’accoucher. Le second trait est encore plus touchant, car ce n’est pas à la mère, mais au père qu’une fille conserva la vie par son lait. C’est Cimon et sa fille tombés dans le même malheur, qui trouvèrent un bourreau clément; et c’est celte seconde histoire et non la première, que l’on doit voir représentée ici et dans toutes les autres peintures connues un temps sous le nom de Charité romaine , mais que j’ ai discutée dans une dissertation lue à l’Académie d’Herculanum, et renfermée dans quelques pages du Musée Bourbon , et que j’ ai par de solides et de bons arguments nommée Charité grecque ; et je suis fort satisfait qu’a près M. r Valéry presque tout le monde ait réformé l’ancienne dénomination.

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