Harpocrale. ( gran. B
703. Figure de momie en bois de sycomore, où l’on renfermait des papyres qui rapportaient toutes les particularités de la vie du défunt et ses louanges.(B.)
705. Fragment de papyre. Ce papyre avec quarante ou cinquante autres, a été trouvé dans une caisse de sycomore, en 1778, dans un souterrain de la ville de Giza, bâtie dans la région de l’ancienne Memphis. On les offrit tous à un négociant qui sans en connaître la valeur et pour un prix très-modique en acheta un pour en faire cadeau au cardinal Borgia , dont
REZ-DE-CIIACSSÉE
les antiques ont été incorporées au Musée royal Bourbon. Les Turcs ont fumé les autres, car ils croient que le papyrus est une plante très-aromatique. Ce monument est écrit avec de l’encre et en caractères grecs courants dans le 2.”* ou 3.”' siècle après J. C. Il est composé de XIII colonnes entières , et de XXII fragments.
Ce papyre contient la liste des noms des ouvriers qui travaillèrent à construire les digues et les aqueducs contre l’inondation du Nil. Ces ouvriers sont des teinturiers, potiers, revendeurs de toute espèce, muletiers et esclaves. Chacun sait qu’avant ces grandioses opérations des digues et des aqueducs, ce roi des fleuves, abandonné à son cours, bien loin de produire la fécondité des terrains qui l’entourent, les rendait stériles. J
Nous apprenons d’Hérodote que les digues situées près de Memphis étaient attribuées à Ménète premier roi de ce pays, et que les Egyptiens soignaient fort ces sortes d’opérations, de crainte que toute la ville ne fût inondée. Ce môme auteur, qu’il faut regarder comme le père de l’histoire, fait mention de deux aqueducs, qui portaient les eaux de l’Egypte dans le lac Mœris, et l’autre dans la mer rouge. La construction de ces digues et de ces aqueducs arriva à la plus haute perfection par les ordres et les soins de Pétronius, second préfet augustale; de sorte que toute l’Egypte était fécondée lors même que l’inondation ne montait pas au point désiré.
Tous les souverains de ce pays eurent grand soin de ces sortes de travaux, et Sabie roi d’Ethiopie fit proclamer une loi dont le contenu était, que la pei-
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MONUMENTS ÉGYPTIENS
ne infligée aux condamnés pour certains crimes serait de construire les digues de leurs villes. Les Romains punissaient ceux qui les démolissaient, ou bien qui faisaient des ouvertures pour que l’eau arrosât leurs champs avant quelle fût arrivée à sa crue. Parmi les crimes notés dans le Digeste on trouve: Si aggeribus Nili nocilum sil ; et dans le code Théodosien il y a la constitution: De aggeribus Nili non rumpendis.
La longue liste de notre papyre est divisée en plusieurs catalogues, dont seulement les six premiers contenus dansles colonnes sontentiers: lesautres ne le sont pas. Le premier de ces catalogues nous donne les noms de ceux qui avaient travaillé aux digues; les cinq autres, le nom de ceux qui avaient travaillé aux aqueducs. Et comme dans le premier de ces catalogues on dit que les ouvriers étaient de Tépline et dans les autres de Phogémé , nous pouvons croire qu’ils étaient les préfets destinés aux travaux de ces mêmes digues et de ces aqueducs, qui du temps de Théodose étaient nommés Aoyoypaÿot rwv .
C’était une charge militaire exercée par les soldats que le préfet d’Egypte choisissait. Mais cela n’est pas sûr, puisque le Phogémé , et le Tépline pourraient s’interprêter aussi pour les possesseurs des régions dans lesquelles ces travaux étaient exécutés, et forcés par les lois à les faire construire à leurs frais, et qu’ ensuite ils en présentaient la note aux magistrats pour en être défrayés à leur tour.
Ce monument est très-précieux sous bien des rapports: I. C’est par lui que nous connaissons la vraie manière de confectionner le papier de papyrus en Egypte; puisque ceux que l’on conserve au Vatican
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et ailleurs, n’étaient pas confectionnés avec \e papyrus venu d’Egypte, mais avec celui de Ravenne. II. C’est aussi le plus ancien document public et diplomatique que l’on ait en papyrus; car il renferme les noms des ouvriers de la station Ptolémaïde. On peut fort bien le rapporter aux actes 'publics de la même station , et le considérer comme une relique de quelques archives grecques ou égyptiennes. III. Il nous donne l’exemple le plus ancien de l’écriture courante des Grecs , ou bien de celle dont on se servait en Egypte pour les actes publics au 2.“ e et au 3. me siècle de notre Ere, et nous apprend par le changement répété des voyelles dans les mots égyptiens, que l’ancien égyptien s’écrivait sans voyelles. IV. Enfin on connaît qu’en Egypte les personnes étaient désignées sous le nom de leurs père et mère.
Pour satisfaire la curiosité de nos lecteurs nous en donnerons ici un échantillon, en transcrivant deux colonnes des plus entières.
Colonne I.