‹ Le mystagogue guide général du musée royal bourbon dans lequel on trouve la description des antiques récemment fouillés à Pompei, RuvoChapitre 79 sur 136 · PROVENANT DU MUSÉE DU CARDINAL BORGIA · texte numérisé non relu

PROVENANT DU MUSÉE DU CARDINAL BORGIA

Les principales sont:

1118. Shiva, le grand dieu générateur de toutes les choses terrestres.

1121. La chasse des Indiens.

1119. La prière du matin.

1138. Le roi Rama Varmer avec ses ministres.

1121. Cérémonies religieuses des Brahmanes.

1146. Le bœuf Apis.

1122. Les juges qui rendent justice au Malabar. 1184. Les mariages des Indiens.

1187. La déesse Parvadi, ou la Lune.

VERRES ANCIENS

L’art de confectionner le verre était trcs-ancien chez les Egyptiens, comme chez les peuples de l’Asie, de la Phénicie et de la Perse, et nous trouvons des écrivains qui nous disent que les Egyptiens apportèrent cet art en Italie. La beauté des verres d’AIexan-

VERRES ANCIENS

drie est rapportée dans deux passages. Athénée, dans son onzième livre, nous démontre la manière de former et d’embellir le verre. Strabon, surpris de la singularité du verre de la même ville d’Alexandrie, crut que sa perfection venait de la profonde connaissance que les verriers avaient en chimie, et de la terre qui se trouvait en ces lieux seulement. Ou peut voir dans Pline (1) tout ce qui a rapport à l’origine du verre, aux diverses matières qui entraient dans sa composition, et la manière dont on le cuisait. 11 y avait du verre soufflé, il y en avait une sorte qui était faite au tour; il y avait enfin des verres ciselés. Souvent il arrivait au verrier de casser un morceau de son ouvrage, alors pour le souder il employait un mélange de soufre, de blanc d’œuf, et de chaux.

11 fallait mettre à ce travail beaucoup d’exactitude et de précaution.

Adspicis ingenium Nili qtiibus addere plura Dum cupit, ah quoties, perdidit auclor opus!

Ce passage fait voir en même temps que les Egyptiens étaient habiles à ciseler le verre. C’est d’eux que les Romains tiraient leurs plus beaux vases de cette matière, et l’empereur Aurélien les obligea d’en fournir tous les ans une certaine quantité (2). Ce n’est pas que les Romains ne connussent parfaitement plusieurs parties de la verrerie; ils avaient trouvé de la facilité non seulement pour la fabrication du verre,

O) L. XXX. seel. 65.

(*i) Vopûcus iu Aurel ▼. <{6.

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mais aussi pour les couleurs qu’on y appliquait. C’est Strabon, (1) et Pline (2) qui le rapportent.

Outre les différentes sortes de vases qu’on faisait en verre, on employait cette matière à beaucoup d’autres usages. Sinous en croyons Pappns d’Alexandrie, auteur du quatrième siècle, Archimède avait fait une sphère de verre, qui représentait les mouvemens, les intervalles, et les proportions des corps célestes. On couvrait les murailles d’une maison avec des carreaux de verre, qu’on appelait quadraturae vitreae (3). Vopiscus rapporte queFirmus, un des tyrans qui s’élevèrent contre Gallien, avait fait couvrir toute sa maison de pareilles pièces de verre liées ensemble par un mastic. Dans le théâtre de Marcus Scaurus la partie inférieure du bâtiment, qu’on appelait la scène, était de marbre, celle du milieu était ornée de ces plaques de verre, celle d’en haut de plaques dorées. Un passage d’Hérodote (Liv. III. pag.108.) semble faire supposer que les Ethiopiens mettaient leurs morts dans des cercueils de verre.

Thucydide, dans le livre III de son Histoire, en parlant de la manière dont les Ethiopiens ensevelissaient leurs morts dit: Les uns sont jetés dans la rivière; et les autres conservés dans leurs maisons, après qu’ils les ont comme enduits d'une couche de verre. Pline parlant des pierres précieuses dit: Adulteranlur vitra simillimae, sed certe deprehenduntur, sicut aliae gemmae /àc/t/iae.TrébelliusPollionracontequ’unlapidaire ayant

<0 Lit. XVT.

(a) Lir. XXXVI.

(3) Scncque tpisl. 86.

VERRES ANCIENS

vendu à l’impératrice des émaux, ou pâtes de verre, pour de véritables pierres précieuses, elle en reconnut lu fraude; et comme elle voulait en tirer vengeance, l’empereur Gallien ordonna qu’on exposât le lapidaire à un lion, et dit secrètement qu’on lâchât de la cage non un lion, mais un chapon. Tous les spectateurs étant surpris d’un fait si singulier, l’empereur leurJfiCdire: que F imposteur avait été puni par une imposture.

Notre collection contient plus de 4000 objets trouvés presque tous àPompéi,Herculanum, et Stabies en verre, cristal de roche, et pâtes vitreuses. Ils consistent en petites carafes en forme de poire, a long cou, bouteilles, flacons à parfums, calices, vases en forme cylindrique, d'ognon, de cloche, carrés, à deux anses, avec le corps tourné en raies circulaires, grains de colliers, carreaux de vitre, urnes cinéraires dans lesquelles on voit des ossemens et des cendres , carreaux de vitre et bas-réliefs en verre bleu où sont des masques scéniques.

An milieu.

Petite amphore trouvée le 29 décembre 1837 dans le sépulcre, qui appartient à la Maison des Colonnes en Mosaïques. Cette amphore, dont la petitesse la fait appeller avec Pollux afityopiSiov, ou a/*ÿopitrxos, est de 32 mètres, sa grosseur en circonférence de 49, et son orifice de 06,007.

Ce vase d’une forme très-élégante a de belles proportions . Les anses sont à angles et composées comme de petites cordes entortillées; le fond est pointu et finit par un petit globe, ce qui la rend inapte à se soutenir sans une base faite exprès.

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La matière dont ce vase est formé est de verre très-épais et à deux couches, c'est-à-dire d’un fond azur transparent avec des bas-reliefs en verre blanc opaque, coloré par le moyen du plomb calciné. A ce qui paraît le verrier souillait le verre azur dans un moule de fer blanc, puis le blanchissait par dessus, ensuite on le donnait au ciseleur de camées pour le sculpter et le polir moyennant les outils dont on se servait pour sculpter les camées. Ce vase ainsi lustré, semble de pierre d'azur, et les bas-reliefs d’ivoire. Sur les deux côtés il y a deux masques bacchiques, l’un d’homme, et l’autre de femme; les masques posent sur un bord, comme on le voit dans plusieurs vases de la poterie ancienne, formés par des brebis qui paissent et par des chèvres qui se reposent avec de petits arbrisseaux et un gazon naissant.

Ces deux masques sont entourés de vignes qui se repliant sur elles-mêmes font une couronne de pampres à ses deux tètes; disposées ensuite avec grâce, elles s’élèvent jusqu’au haut avec des grappes de raisin, et des feuillages, puis se renouent en petits rosons sur lesquels est perché un joli oiseau. L’extrémité des tiges, se repliant à l’opposé , pend en festons formés par plusieurs sortes de fruits qui serpentant sous les anses du vase s’unissent au côté opposé; au-dessous de ces anses il y a daux espaces, où sont des figures pour orner le reste.

Dans un de ces espaces paraît un petit enfant qui tient d’une main le thyrse et de l’autre une coupe, il foule le raisin dans la cuve; un autre enfant en verse de nouveau et deux autres assis sur une espèce de piédestal, l’un jouant de la syriiigc et l’autre de la double fl Ale.

VERRES ANCIENS

Si d’un côté on aperçoit les travaux de la vendange, de l’autre on voit les effets de l’ivresse; car un enfant couché, la coupe dans une main comme pour boire, et de l’autre accompagnant la musique avec les doigts disposés en castagnettes. Si les vendangeurs pour être animés ont besoin d’instruments champêtres, les accords d’instruments plus doux et plus harmonieux sont nécessaires pour inviter au sommeil de l’ivresse. Deux autres Génies sont debout sur deux bases en forme de colonnes, l’un cueille du raisin, et l’autre en porte une grappe à la main avec un grand bassin sur la tête.

Lorsqu’on découvrit ce vase une partie se cassa en trois petits fragments; mais le tout a été si bien restauré, qu’il ne reste qu’une petite fente sur un des masques.

Ce vase fut trouvé rempli de cendres. Quant au sujet qu’il représentent à sa forme, nous trouvons dans les historiens que depuis les temps les plus reculés, ces vases étaient destinés à renfermer les cendres du défunt.

Quant aux pieds des amphores , celles qui étaient destinées à contenir du vm ou d’autres liquides n’en avaient pas besoin, on les mettait dans le sable qu'à cet usage on tenait dans les caves. Les jolis vases pour boire, pour conserver les baumes, ou pour tout autre usage avaient des supports creusés au milieu qu’on nommait ou ocyyoS'nxn, de ocyyog vase; ou tyyuôwn, <rotpac. <rov tyyvg xucrOou, comme disent les grammairiens, ou enfin £f4 3z<rtiS, et en latin Enceteria , ou Incitega. Les pauvres, selon Athénée, les avaient en bois, et les riches en bronze, ou en argent, et sou-

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vent de formes très-varices. Ce vase ayant été trouvé sans support, on lui fit celui d'argent, qui le soutient maintenant.

L’ouvrage singulier de ce vase est sans contredit une preuve évidente de la valeur des anciens en ce genre de manufacture. Les sculptures sont fort peu relevées sur les autres vases, mais sur cette belle amphore elles font un relief remarquable surtout dans les fleurs et dans les vignes; tandis que les figure sont le relief qu’on voit dans tous les monumens pompéiens.

Patère en verre bleu avec un manche blanc émaillé a tête de belier. Elle est ornée d’un masque de Silène, entouré de pampres en bas-reliefs dé verre blanc, et travaillée au tour. (P.)

Plat trouvé a Ruvo dans la Pouille , et renfermé dant une petite armoire. Il est très rare a cause des petites pièces en or dont il est recouvert.

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