TERRES-CUITES ANCIENNES
un trou sur la partie supérieure pour y introduire une corde.
Cinquième Armoire. Elle contient un petit autel en forme de tasse sur le bord duquel sont trois masques de Silene. Une espèce de réchaud , du bord duquel partent trois anses pour soutenir le vase qu’on y mettait. Un autel orné de plusieurs figures. Un auget formé à trois plans. Des œufs d'autruche et des grenades.
Sixième Armoire. Elle contient plusieurs têtes votives , et des bas-reliefs, et la statue d’une Actrice avec son masque. ( P.)
Septième Armoire. Plusieurs petites statues et plusieurs masques tragiques d’un très-beau travail, et la statue d’une actrice avec son masque. ( P.)
Huitième Armoire. Cinq rhytons, et plusieurs morceaux de terre-cuite qui servaient d’ornements.De- ■\ant cette Armoire il y en a deux autres vitrées qui renferment 55 lampes de différentes formes et grandeurs avec des bas-reliefs.
Neuvième Armoire. Plusieurs bas-reliefs et une grande statue représentant Junon. (P.)
Petite Armoire vitrée.
Elle renferme plusieurspoids avec des inscriptions, et des mesures pour les liquides. Auprès de cette armoire l’on voit une grande statue représentant Jupiter. ( P.)
Dixième Armoire. Différents jets-d'eau, et differents ornemens. Devant cette Armoire il y en a deux autres qui renferment 59 lampes de diverses formes et grandeurs a Yec des bas-reliefs. Au-dessous de toutes
les Armoires, par terre, sont disposées des briques de figure rectangulaire, circulaire et convexe qui servaient à recouvrir l’union des tuiles; des conduits de fourneau en forme de petites colonnes; plusieurs urnes et deux grandes bases en forme de tour.
Bibliothèque Royale.
L’appartement de notre Bibliothèque et sans pareille en Europe. Sa grande salle a 212 palmes de longueur, 78 de largeur, et 81 de hauteur. Toutes les pièces, qui du midi vont à l’orient, forment 14 grandes chambres , outre une nouvelle aggrégation de 82 palmes carrés, ce qui fait encore six autres chambres , dont trois des plus spacieuses servent aux étudiants et les autres pour les armoires des livres.
Dans la première grande salle il y a deux rangs d’armoires, et au dessus, 18 tableaux du chevalier Drago, qui fut au service des Farnèse. La voûte de cette salle peinte par Pierre Bardellini, exprime les Vertus qui couronnent le Roi Ferdinand 1/ et la Reine Caroline d’Autriche sa femme. Sur le pavé se trouve la célèbre méridienne qui a 104 1/4 pal. de long, construite par Caselli. Au milieu de ce pavé il y a deux globes avec les cartes -de Coronelli. Le nombre des volumes de celte salle monte à-peu-près à90000;et ceuxqui sont dans les autres pièces, et qui sont classés de la même façon que les précédents, montent aussi à 90000.
Le voyageur doit cependant s’arrêter dans les
deux chambres, dont l’une est appelée des Auteurs du XIV siècle , et l’autre des Manuscrits. Dans la première il y a une riche collection d’éditions depuis 1460 jusqu’à 1500. En premier lieu le Calholicon de J. B. Balbi imprimé à Mayence en 1460. La Bible aussi de Mayence est de 1462. Le Lactance de l’an 1465 imprimé à Leibach, X Homère de 1488, édition très-rare, de Florence, et une grande quantité de premières éditions de grand prix , pour la beauté des types et des exemplaires; et quelques-unes lout-à-fait inconnues aux meilleurs bibliographes de l’Europe: toutes les belles et rares éditions napolitaines , recommandables aussi pour le choix des caractères, dont on ignore les typographies delà plupart, enrichissent la Bibliothèque Royale: toute la collection des Aides, sans compter une infinité d’autres rares et précieuses, soit pour la beauté des types, soit pour leur singularité, puisqu’elles sont uniques au monde; enfin toute la collection desBodoni.
Dans la pièce suivante se trouvent 4760 manuscrits Grecs, Latins, Cophles, Arabes, Persans, Chinois, Turcs, Italiens et Français. Parmi ces derniers il y a quelques compositions de Troubadours en provençal, et des vers en anglais sur la vie de S. ‘Alexis, du XIV siècle. Tous ces monumens proviennent de la bibliothèque de S.‘ Jean à Carbonara, du couvent de S. ‘Mar tin; d’autres ont été trouvés dansles couvents , et quelques-uns seulement sont de la Maison Farnèse. Il y en a de très-rares, ou pour ce qu’ils contiennent, ou pour leur ancienneté, ou pour la calligraphie, ou pour les miniatures, comme par exemple, l’Office de la S." Vierge Marie peint par Jules Clovio pour le service des Princes Farnèse. Cet office est un monu-
ment unique au monde: c’est pourquoi nous en ferons une description particulière.
Le Cardinal Alexandre Famèse, protecteur des lettres et des arts, fit peindre en miniature cet office de la S.“ Vierge Marie par Jules Clovio , artiste distingué en ce genre, selon ce que nous en dit George Yasari, dans la vie des peintres. Clovio, honoré de cet ordre, voulut montrer tout ce que cet art a de divin , lorsqu’ il est encouragé et protégé. Il est impossible de croire que le pinceau ait tracé ce que les yeux peuvent à peine apercevoir. L’artiste a divisé son ouvrage en 26 historiettes, l’une contre l’autre, c’est-àdire d’un côté l’histoire, et de l’autre la figure de cette même histoire tirée de la S. u Ecriture. Chaque histoire a des vignettes et des figures bizarres qui ont rapport à ce que le peintre a représenté. Il commence par les Matines. C’est l’Annonciation de la S.“ Vierge par Y Ange Gabriel, avec une vignette de petits Anges d’une beauté sans égale. Vis-à-vis , Isaie devant le Moi Âchab. — Aux Louanges. La visitation , et de l’autre côté la Paix et la Justice qui s’embrassent, et des ornements en or. — A Prime. C’est la nativité de N. S. et à côté le Paradis terrestre , Adam et Eve mangeant la pomme; les vignettes représentent des hommes et des femmes nus, avec des animaux de différentes espèces. — A Tierce. C’est l’apparition de Y Ange aux bergers, et en face Va Sibylle Tiburline , qui montre à Auguste la Vierge et son fils dans le ciel, d’autres figures colorées et le portrait d’ Alexandre Famèse. — À sexte. La circoncision. Le vieux Siméon est le portrait du Pape Paul III. A côté de l’histoire, les portraits de Marciane, et de Septimie femmes romaines d’une admirable
beauté. Autour, un bord qui ceint les deux côtés. Le Baptême de J. C. y est exprimé aussi bien que d’autres figures nues. — A None. L’adoration des Mages dont la figure est le roi Salomon adoré par la Reine Saba. La vignette , dont les figures entières ne sont pas plus grandes que des fourmis , représente la fête du mont Teslacé. — Il est surprenant de voir comment on a pu avec le bout du pinceau tracer de telles merveilles. Il y a aussi toutes les livrées que le Cardinal fit faire à sa cour. — A Vêpres. La fuite de la Vierge en Egypte et vis-à-vis Pharaon submergé dans la mer rouge, avec d’autres vignettes. — A Compiles. Le couronnement de la Vierge au Ciel et une infinité à’ Anges. De l’autre côté, le couronnement de la Reine Esther par le Roi Assuérus avec des vignettes correspondantes. — La Messe. Avant tout, pour viguette, un Camée représentant Y Annonciation. Les deux histoires sont : la Sainte Vierge et Y Enfant Jésus , et Dieu le Père qui crée le Ciel et la Terre. — Devant les Psaumes pénitenciaux est la bataille où le Roi David commanda la mort d’Urie. Une infinité de chevaux , de gens armés , de blessés , de morts , font de cette histoire la merveille et le miracle de la peinture. De l’autre côté, le même Roi David en pénitence , et pour vignette , des grotesques et d’autres ornemens superbes. Mais ce qu’on n’a jamais vu, et ce qu’on ne pourrait pas même s’imaginer, ce sont les litanies des Saints. Sur la marge, il y a d’abord la Très-Sainte Trinité, les Anges, les Apôtres et les autres Saints, ensuite Nôtre-Dame, et toutes les Saintes Vierges; au bas, la procession du Saint-Sacrement porté par le Pape, et que l’on fait à Rome; la
Fàe-Dieu, où tous les Officiers, les Evêques, les Cardinaux, les Gardes des Lanciers, le cierge à la main, paraissent avec toute la cour du Pape, et dans le lointain, le Château Saint- Ange tirant du canon. Toutes ces figures sont peintes avec tant de grâce, de précision et d’art, que ce manuscrit forme l’étonnement de quiconque aura l’avantage de le voir; ce qui ne se peut pas sans une permission expresse du Ministre de l’Intérieur.
L 'Office des Morts commence par deux histoires. On voit la Mort triompher des Grands et des Potentats de la terre, comme des faibles et des pauvres. De l’autre côté, la résurrection de Lazare, et derrière, cette même déesse qui combat contre des Chevaliers.
Jésus crucifié est d'un côté de VOfficeàc\u Croix; et de l’autre Moïse et le miracle des serpents; et le même reptile en bronze élevé par ce législateur.
La Descente du Saint Esprit sur les Apôtres précède l’office, et la figure est la Tour de Babel environnée de murailles par Nembrod.
Tout ce prodige, car c’en est un bien rare, a été fait par Jules Clorio dans l’espace de neuf ans. Monument inappréciable! Où trouver plus de variété ponr la richesse des ornemens? La multiplicité des accessoires, l’élégance des poses des figures nues d’hommes, et de femmes, la régularité de la perspective, la beauté des arbres, tout ce qu’enfin le dessin exige et le coloris demande, fait de ce manuscrit un monument unique au monde. La Couverture de cet Office correspond à l’ouvrage; car elle est faite d’argent en bas-relief. D’un côté est la Sainte-Vierge figurée entière et debout, et
de l’autre l’Ange Gabriel, le lys à la main. Ces deux figures; ainsi que quatre autres plus petites et plusieurs autres ornemens sont dorés. Tout autour sont tracées au burin les armoiries du Cardinal Alexandre et d’Edouard Farnèse.
On attribue cette couverture à Benvenuio Cellini, un des plus fameux sculpteurs orfèvres et graveurs de son temps, comme aussi deuxAfwsefeetun Bréviaire des mêmes Farnèse. Il y a an autre Office de la Sainte- Vierge nommé la Flore , exécuté par ordre et pour l’usage de la même famille, et non moins précieux que le premier.
Outre cela on peut admirer dans cette chambre plusieurs autographes de Saint Thomas d'Aquin, du Tasse , de Pyrrhus Ligorio, de Vico, du Cardinal Se~ ripando, de /. Vincent Gravina, de Marlorelli, et de Mazzocchi. Ensuite deux papyrus du V et VI siècle; le premier, qui parait appartenir à l’an 489, contient l’énumération d’une rente sur quelques fonds, faites par Odoacre Roi des Turcilinges et des Hérules, mais ce n’est que la moitié de celui que possède actuellement la Bibliothèque de Vienne. Le second, qui est plus volumineux, est de l’an 551 ; il renferme la stipulation de la cession des biens fonds pour la quittance d’une dette. Il est en latin avec des souscriptions gothiques. Ces deux papyrus appartenaient à l’ hospice des Théatins de l’Eglise de S.' Paul. L’ouvrage de Carisius, un Missel du VU siècle. L’ouvrage de S.‘ Prospère donné à l’église de Troyes en Champagne, en 1108. Les lettres de S.' Jérôme, code très-rare du 8. m ' au 9. "“siècle. Les Homélies de Saint Jean-Chrysoslome sur V Evangile de Saint Mathieu , du XIII siècle. Les Actes des Apâ-
très, un Missel écrit entre le X.“* et le XI siècle. Saint Basile, Scholia sur 1 5 oraisons du Nanzianzène du XII siècle, Lycophron , Ocelle , Lucam etc.
GALERIES DES PAPYRES.
Au mois de janvier de l’an 1752, non loin de la place publique d 'Herculanum, où l’on trouva les belles statues équestres de la famille des Balbus, à la profondeur de 1 02 palmes, on fouilla une maison de campagne avec un jardin délicieux qui se prolongeait jusqu’à la mer, embelli d’un grand vivier en demi-cercle dont la longueur était de 1 52 palmes, et la largeur de 27. On y voyait autour des compartimens, peut-être pour les plates-bandes; et tout cet espace était environné de colonnes en briques recouvertes de stuc. Il y en avait 22 aux deux côtés plus longs, et 10 aux plus courts. Les chapiteaux de ces colonnes servaient d’appui à des poutres qui se fixaient au mur qui entourait ce jardin, ce qui formait un treillage sous lequel on observait certaines divisions, les unes en hémicycles, et les autres triangulaires qui servaient apparemment ou pour se baigner, ou pour laver. Dans l’intervalle de ces colonnes il y avait des bustes en marbre, et des statues de femmes en bronze, et un petit aqueduc qui, par une longue allée de 28 palmes, sur le rivage de la mer, aboutissait à une plate-forme circulaire, dont le pavé était formé par la.mosdique de marbre africain, qui sert maintenant de pavé aux galeries des petits bronzes.
De toute cette grande enceinte, deux petite»
chambres fixèrent l’attention des spectateurs. Une avait 1 2 palmes de hauteur sur cinq de largeur et de lon-
Digitizi
GALERIES DES PAPÏRES 123
gueur sans recevoir aucune espèce de jour, où une quantité de serpents étaient peints sur les murs.L’autre était si petite que deux hommes avec les bras étendus la touchaient d’un bout à l’autre. C’est dans cette chambre qu’étaient les rouleaux manuscrits en papyrus. Cette espèce de cabinet était garni d’armoires à la hauteur d’un homme. Au-milieu il y avait une autre armoire en forme de table, autour de laquelle on pouvait marcher. Sur cette table se trouvaient rangés avec symétrie les rouleaux des manuscrits précieux, dont plusieurs portaient le nom de Philodème, ce qui fit croire que cette maison lui appartenait, ou bien à X. Pison son disciple.
Ces papyrus avaient la couleur et la forme du charbon; on crut qu’ils étaient tels en effet, mais cette fausse croyance se dissipa bientôt. Plusieurs de ces rouleaux étaient enveloppés dans une toile brûlée qui bien examinée fut jugée être du papyre, et n’ayant point trouvé des ustensiles aux environs on crut que ce n’étaient que des charbons. Et comme il en tomba quelques-uns par terre qui se brisèrent en mille petits morceaux, Paderni qui les examina de plus près, découvrit des traces de lettres, et conclut que c’étaient des manuscrits. Mais que faire d’un tel trésor, si on ne parvenait pas à les dérouler? Il en était pour les savans d’alors comme pour ceux, qui creusent la terre, et qui au lieu d’un trésor trouvent souvent des charbons. Hélas, disaient-ils, ces manuscrits ne sont pour la science que de friables charbons; et comme tels on devait les considérerai l’on ne parvenait pas à les dérouler. Les premiers essais tombèrent malheureusement sur les mieux conservés, mais ces essais ne furent d’aucun suc-
cès: on jeta à la mer les débris de ces tentatives. Ensuite le prince des archéologues , le grand Mazzocclii, en fit exposer un au grand air sur un cylindre de cristal, s’imaginant que les rayons du soleil absorbant l’humidité dont ils étaient imbibés , les feuilles s’en seraient détachées d’elles-mêmes. Mais cet essai n’eut pas des succès meilleurs que les précédents, car les rayons du soleil absorbant l’humidité absorbaient aussi l’encre, de sorte que dans plusieurs endroits l’écriture fut tout-à-fait effacée, et dans d’autres tellement confondue qu’il était impossible de la déchiffrer.
Chasles III, qui avait été d’abord si content de la découverte des papyrus, s'était attristé par la crainte de ne jamais parvenir à découvrir un moyen de dérouler les manuscrits de ces vastes Archives de l’ancienne philosophie. Les désirs du Monarque furent enfin satisfaits par l’esprit et la sagacité d’un prêtre des Ecoles Pieuses, nommé Antoine Piaggio. Ce prêtre, homme de lettres et grand mécanicien, proposa une manière facile et expéditive, et ses travaux furent couronnés par un heureux succès, car après bien des essais on parvint enfin à dérouler ces papyrus carbonisés. C’est par ce même procédé qu’on les déroule encore aujourd’hui.
Ce procédé s’exécute de la manière suivante.
Dans une espèce de caisse en forme de petite armoire, au fond de laquelle sont placées deux vis en métal, surmontées par deux demi-lunes sur lesquelles on fixe horizontalement le rouleau du papyrus qu’on veut dérouler. Au bas du fond de cette Armoire , on fait tourner ces deux vis pour baisser et relever le rouleau. Fixé ■qu’il est sur les deux demi-lunes, on cherche le com-
GALERIES DES PÀPYRES
mencement de l’écriture, ce qui s’obtient facilement en faisant de petites incisions à l’entour du rouleau. Lors donc, dis-je, qu’on a trouvé la première colonne de l’écriture, on attache plusieurs fils dans toute leur longueur, ces fils se roulent de suite à des chevilles situées au-dessus de l’armoire afin de pouvoir le tirer sur les demi-lunes à mesure qu’il se développe; ce qui se fait toujours d’après un renfort du côté opposé de l’écriture par de petits morceaux de baudruche, attachés avec de la colle plus ou moins épaisse. De cette façon le papyrus se développe facilement; et lorsque les feuilles ne sont pas trop attachées les unes sur les autres, on les détache par le moyen d’un fer pointu avec le plus grand soin, et c’est ainsi que tout doucement ils se déroulent entièrement.
Quelquefois la feuille de dessous est si adérente à celle de dessus, qu’il est impossible de la détacher sans détruire la première: alors on fait un dessin sur la première page de dessus, qui est ensuite mis de côté.
Ce procédé aussi utile que facile n’a pas été jusqu’ici remplacé par un autre plus avantageux et plus expéditif. En effet, 24 papyrus ayant été envoyés en France et en Angleterre, ils sont restés, comme ils l'étaient, d’inutiles charbons.
Le professeur Sickler à'Hildburghausen ayant fait répandre le bruit d’avoir trouvé le moyen de développer les papyrus d’Herculanum, l’Angleterre le fit appeler; mais après quatre mois de vaines tentatives il dut renoncer à son entreprise, ce qui confirma la gloire des Napolitains sur ce sujet.
Le fameux Davy vint à Naples, et voulut len-
ter un nouveau moyen, faisant servir la chimie à son procédé. Le Roi Ferdinand I lui fit donner tous' les moyens pour l’exécution de ses expériences, mais tous ses essais n’eurent pas de meilleurs effets, tandis que les journaux étrangers publiaient qu’il avait développé trente papyrus par sa nouvelle méthode!
Après ce que nous avons déjà dit du développement des papyrus on les étend sur des planchettes de bois blanc , puis on les fait exactement dessiner selon la forme des caractères, traçant aussi tout ce qui manque sans en altérer la moindre partie. Ce dessin passe ensuite à l’examen de l’interprète, qui, après avoir fait les corrections nécessaires relatives aux lettres que le dessinateur n’a pas bien observées, faute de connaître la langue dans laquelle le papyrus est écrit, le remet au graveur, après quoi on imprime le fac-similé de toutes les colonnes, afin que les savans aient la commodité d’étudier ce monument comme s’ils avaient l’original sous leurs yeux ; mais ne voulant pas se donner cette peine ils pourront du moins juger de l’interprétation qu’en ont faite les Académiciens de Naples. A côté de ce fac-similé on imprime en minuscule les mêmes lettres qui sont dans le premier, mais réduites à leur ancienne intégrité par les interprètes, au moyen du supplément des lacunes qui interrompaient le texte imprimé en noir, pendant que les supplémens sont en rouge, pour les distinguer au premier coup-d’œil. A côté de ce texte en minuscule on a ajouté dans la même page une traduction latine , et dans l’opposée , les notes à l’appui des suppléments et pour l’explication des passages difficiles.
Les premiers Académiciens qui s’appliquèrent
GALERIES DES PAPYRES
à l’interprétation des papyrus furent Mazzocchi , Car cam, Ignarra, Jérôme Giordano. Mais comme l’Académie d’Herculanum fut suspendue pendant plusieurs années, en 1787; le Roi Ferdinand I voulut qu’on reprit les travaux abandonnés, et pour donner plus d’activité à cette réunion de Savans, il créa Monseigneur Charles Rosini président des Académiciens chargés de l’interprétation des papyrus d’Hcrculanum.
Volumes des Papyres publiés jusqu'à présent.
I. Vol. Neap. 1793 ex Regia Typ. pag. 180, $iXo§n/zoo vftpi Movcrpcns. Philodème sur laMusique en 38 colonnes.
II. Yol. pag. 86. Neap. 1809 ex Reg. Typ. Ce volume contient un papyrus en hexamètres latins attribués à Rabirius , qui décrit la guerre entre César et Marc- Antoine, la bataille d’Actium , et la conquête d’Egypte. Ces hexamètres sont contenus dans 8 fragments.
Outre ces hexamètres on y lit aussi l’autre ouvrage: 'Evnx.ovpw çnpi Qvcntog B.Epicure sur la Nature Livre II, en 11 colonnes.