Cf. Sum. Theol. IIP, p. qu. Ixxiii, art. 6. in toto
2. « Elevatio manuum mearum sacrificium vespertinum ». Ps. cxl, 2.
symbolisaient l'immolation future de son Fils ? Et c'est en raison de cette immolation qu'il daignait les accepter. L'oblation du calvaire était la réalité auguste qui faisait sentir sa vertu infinie des siècles à l'avance. Et c'est cette même oblation, continuée sous une autre forme, mais dans toute la vérité de son essence, au sein du mystère eucharistique, qui parfait toutes les images anciennes et montre la magnifique unité du Livre de la Révélation. Sans le sacrifice eucharistique, sans le sacrement de l'Eucharistie, sans la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie, alors tous les symboles dont nous avons parlé s'évanouissent dans le néant. Seule la réalité eucharistique les explique et les justifie. Seule aussi, elle donne à la loi nouvelle le cachet de beauté, d'achèvement, de perfection qui lui convient ^ « Ne pensez pas, a dit Notre
1. (f Hoc conveniens est perfection! novœ legfis. Sacrificia veteris legfis illud verum sacrificium passionis Christi continebant solum in figura. Et ideo oportuit ut aliquid plus haberet sacrificium novae legis a Christo institutum, ut scilicet conti-
Seigneur, que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu les abolir, mais les accomplir ^ )), c'est-à-dire donner un corps à toutes les figures. Je suis la lumière qui dissipe toutes les ombres, la vérité devant laquelle s'effacent toutes les images et toutes les apparences. Et le Christ ne rendra son esprit à son Père qu'après avoir jeté un dernier regard sur tous les oracles, et vu qu'il en avait opéré, dans sa personne et dans son œuvre, (( la consommation ^ ». Cet effet de complétion était l'objet premier et dernier de sa mission messianique. Et cela implique nécessairement, entr'autres choses et pardessus tout, la vérité de son sacrifice tant annoncé et tant symbolisé, et son perpétuel renouvellement sous les espèces eucharistiques, aussi longtemps que durera le règne que le Christ est venu
neret ipsum Christum passum, non solùm in significatione vel figura, sed etiam in rei veritate. » Sum Theol. IIP, p. qu. 75, a. I.