‹ Le mystère de la passion d'Arnould GrebanChapitre 124 sur 218 · JUDB · texte numérisé non relu

JUDB

II fait ce qu'ail nous appertient 18060 et que faire nous luy deussons.

Icy les lave tous et essuyé de la touaille dont il est çainct,

JHBSUS

Frères, je los que parfassons nostre souper eu briefve espace ; chacun se remette en sa place, et nous servez du demourant.

JUDAS

18065 La vouidray estre labourant :

servis serez a soubhaidier.

PIRAGMON

Se je vous puis de liens aydier, soit de porter ou bancs ou tables...

JHBSLS

Mes frères chers et amiables,

18070 avez vous entendu le fait

de ce qu*orendroit vous ay fait ?

Chacun de vous me porte honneur et m'appelle maisti'e et seigneur, passé maintz jours et maintes nuys,

18075 et bien dittes, car je le suys ;

et donc se je, seigneur et maistre, tant humblement me veU submctre que d'avoir tous vos piez lavés.

par moy bel exemplaire avez 18080 que tant plus devez estre doulx

et serviables. entre vous

pour laver les piez volentier

a ceulx qui en aront mestier ;

c'est exemple quant a ces fais l80fô que vous faciez comme je fais.

N'a gaires que je vous disoie

comment fort désiré avoie

de faire avec vous ceste feste

en laquelle est assez honnesto 18090 que je paye ma bien allée

a ceste dévote assemblée

en prenant ung congé piteux ;

et m'est ce souper deliteux,

car je n^ay plus intencion 18005 de prendre o vous refiection,

ne buveray ne mangei*ay

jusqu'à ce que je le feray

par nouveau moyen ou hault règne

ou mon père domine et règne.

18100 Touteffois avant le partir

a tous vous vouidray départir

mon corps sacramentalement,

et faire le grant sacrement

qui a vostre salut vauldra 18105 et au peuple qu'après vendra.

Icy prent Jhesus le pain et benist et leur baille tout en ordre et a Judas ax>ec.

Chera enffana, prenez et mangez,

car cecy est mon corps; jugez

qu'il n'est refiection plus digne.

s. PIBRRE

0 haulte prudence divine, 18110 quel viande vallable et bonne,

quand nostre maistre si nous donne son corps précieux par ses mains !

s. JAQUES

Je n'y en croy ne plus ne mains en ce sacrement de noblesse 18115 que la vierge, nostre maistresse, en enffanta virginalement.

s. ANDRY

Et moy je le croy fermement et ay parfaicte confidence.

Icy prent Jhesus le vin et le benist setixbla'

blement,

JHBSUS

Voiez ce calice en présence

18050 voiez À. — 1805S Sen C. ~ 18059 II a fait ce quil appartient G. — 18062 brief B. G. — 18066 souhaitier G. - 18070-85 manquent G. ~ 18075 Bien dictes cor ainsy le suis B. — 18081 seruiasables B. ~ 18086 oomme vous A. a qw Je voua G. — 18089 En manque A. — 18090 Que manque A. — 180fô auec C. — 18103 saint sacrement B. G — l»lll bon maistre nous B. G.

lâiso et buvez de cueur pur et franc, car c'est icy mon propre sang, de nouveau testament estable, qui pour moult de gent pourfitable piteusement s'effondera,

1S135 par quoy au peuple fondera de ses péchés rémission.

ley leur donne a boire son sang,

s. JEHAN

0 divine potadon, quand je te reçoy en mon ame, charité tout le cueur m^enflamme 1&130 en Tamour de mon créateur.

JHBSUS

Ce pain donc et ceste liqueur qui mon corps et sang représente prenez par vraye et bonne entente en la remembrance de moy.

1S135 Mes enifans, chacun pense a soy, et oez ce qu'on vous dira :

Tung d*entrc vous me trahira et me livrera aux Juifz.

s. PIERRE

0 maistre, serez vous trahis isiAO par homme de la compaignic?

se c'est ung de votre meignie, dittes le : nous le saisirons et voyans tous le destruirons ; s'i prendront les autres exemple.

JHE8US

«itô Ma parole est bien clere et ample : l'un de vous s'applique et amord a trouver ma fin et ma mort ; et non pourtant le filz de l'homme ligle son fait et va si comme

1S150 Tescripture parle de ly ; touteffois douleur pour cely par qui j'aray la trahison !

il pourroit vouloir par raison qu*oncques de mère ne fust né.

s. PHELIPPE

181» Veez cy un cas mal ordonné

qui argue en nous grant deffaulte.

s. BERTHELBMY

Ne sçay dont peut venir la faulte :

nous sommes plusieurs en la salle tant de sa sorte commensalle fâieo oonune de ceulx qui n'en sont point ; je ne sçay penser sur ce point auquel ces paroles s'adressent.

JHEaus Affin que doubtes ne vous pressent je parle de mes conmiensaulx :

18165 l'ung de mes douze principaulx, qui de sa main ose toucher avec moy au plat pour manger, me trahira sans nulle doubte.

Et notex ici que tous les apostres oni main dC' dans le plat et menjue Jhesus et Judas aussi,

s. PIERRE

Si grant courroux en moy se boute 18170 que boire ne manger ne puis.

Pour Dieu, mon maistre, se je suis

celuy qui vostre mort procure,

dittes le cler, car je n'ay cure

que me celiez ung tel méfiait, 18175 affin se j'ay vers vous méfiait

tous mes compaignons me destruisent.

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