‹ Le mystère de la passion d'Arnould GrebanChapitre 137 sur 218 · JEHAN · texte numérisé non relu

JEHAN

oy,

et vous respons de sa personne.

MARGELLE

Sur vostre asseurement luy donne congé d'entrer ens ceste fois.

s. PIERRE

19480 Vostre mercy, et je m'en vois

19440 Car la grant faulte quon y voit B. G. — 19448 qui A.— 19450 souueieine G. — 19454 If a estes vous entres de^ A, — 19461 Vous plaisoit il G. — 19478 Sur vostre rapport je luy B. G.

JHEROBOAN

Honneur, bonne prospérité et ce que vostre cueur désire vous doint Dieu, mon redoubté sire I 194SS joyeulz serez comme je tien.

Avez vous besongné ?

JHEROBOAN

Très bien, si bien que vous serez content.

ANNE

Et ce Jhesus ?

JHEROBOAN

Il vous attent la en bas en vostre auditoire.

ANNE

19430 Bienlyé?

JHEROBOAN

Vous le poez croire :

les sergens le gardent enclos.

ANNE

L'ont ilz point batu ?

JHEROBOAN

Ventre et dos, tant comme ilz ont peu descharger.

ANNE

Il n'y a pas ti'op grant danger, 19435 non obstant qu'a bonne justice sergent excède son offîce qui touche sur le malfaicteur ; mes de ce paillart séducteur il ne me chault oomment il voit; 19440 car dl qui le peuple déçoit ne peust trop de mal recevoir.

Je le vouldray maintenant voir pour luy faire des questions.

JHEROBOAN

n a ses excusacions 19445 toutes prestes pour vous respondrc.

DRAGON

Ça, villain. Dieu vous puist confondre, venez parler a vostre juge.

QUEULU

Vous estes taillié qu'il ne juge vostre dure mort et villaine.

SECONDE JOURNEE

chaofier ung peu de Taulti^e lez :

j'ay les ongles tant engelés

qae je ne sçay comment je dure.

CAâSANDRE

Cest homme a douleur grant froidure :

\y& comment se boute il près du feu I

U m'est advia que je Tay veu

bien souvent en ceste cite.

Vien ça, homme , dis vetité :

n'es ta pas disciple a celluy i9'iC« que monseigneur tient devant luy?

je te voy tout ainsy vestu.

s. PIBRRB

Qui, moy?

GA.S8ANDRB

Voire toy, qui es tu ?

le t'oseray je demander ?

Messeigneurs, venez regarder i'^495 cest homme, car je tiens qu*il est des gens Jhesus de Nazareth ; car avec luy cstoit tousdis.

s. PIERRE

Femme, regarde que tu dis :

advis m'est que le sens te fault.

CA8SANDRE

1^^ Je te congnois bien, ne te chault : je t'ay veu autreffois au temple avec luy.

s. PIERRE

C'est bourde tout emplc, qu'il ne la fouit ja contredire, ne je ne sçay que tu veulx dire ; li^Stô qui est ce Jhesus ? quant a moy je ne sçay, je ne le congnoy, n oncques son disciple ne fus^ Icy chante le coq la première fois»

BANANIA8

Veez cy ce Jhesus tout confus :

sire, vous ferez grant science 1^10 d'examiner sa oonscienco,

sçavoir comment il s'est conduit.

Vien ça, meschant homme et mal duyt ; est il vray ce qu'on nous rapporte de ton foit qui mal se comporte 1S15 envers nous par presumpcion ?

On nous a fait relacion, je ne sçay s'elle est véritable :

par une voye détestable en la loy et bien répugnant,

19520 tu prens disciples maintenant lesquelz enseignes a ta poste pai* une doctrine reposte que tu leur apprens a l'emblee ?

de quoy te sert ceste assamblee ?

10525 a quel cause les as tu pris?

quel doctrine leur as appris?

te souffît il pas avoir prise la doctrine et la loy Moyse sans maintenant tenir querelle

10530 de forger une loy nouvelle?

On nous dit que tu estudies a rompre nos cerimonies pour prescher ne sçay quelz fabuses :

si tu les enfifrains, tu t'abuses,

10535 car jamès n'en pourroies chevir, mes plus tost la mort encourir.

De qui nous fut la loy donnée ?

fut elle par homme ordonnée ?

crois tu qu'homme nous la donna?

10540 tu faulx, car Dieu seul l'ordonna ; et puisque Dieu la pretendy comment as le cueur si hardy que d'auzcr prescher le contraire ?

c'est vouloir le peuple retraire

1(^45 de la loy de son créateur et frauder le législateur, en quoy tu conmaetz cas de crime. Encor t'es tu pris toy trezime de meschans avec qui tu mains

19550 et dis que n'en veulx plus ne mains, par quoy a plusieurs sambleroit que ce nombre te serviroit pour faire aucunes sorcerics ou charmes ou enchanteries

10555 dont tu es ouvrier moult soubtil. De quel chose te servent il ?

tu les inaines de ville en ville, mal vestus d'une robe ville, et vont truandant d'huys en huys

105Ô0 par oyseuse a quoy les induiz; maigres sont et meurent de fain ; que ne vont ilz gaigner leur pain ?

ne de quoy t'estoit il mestier de les tirer do leur mestier

10488 enfrealex B. rugele» C. — 19485 Comme G. — 10487 Souuent auau B.tuant C. — 19488 bon homme A. — 10401 ^^^^fpu C. — 19408 O femme esgarde B. C. — 1951? et manque B. mauldit'C. — 10530 De songier G. — 10535 pourriez A' ^19546 Et frande A. B. A frauder C. ~ 19547 congnois A. — 19550 Et que nen veulx ne plu» ne mains C. — 1Î559-70 manou^iti A.

f^nqvtent A.

MISTERE DELA PASSION

dont haultement pouoient vivre pour ccste meschant vie ensuivre?

En quoy je ne voy point de chois, advis m^est que tu les déçois :

et pour mon sermon abroger, tu les raetz en ung grant danger ; car s'en ta doctrine y a vice, et ilz sont tenus par justice, ilz n'en eschapcront jamais, et les meschans n'en peuent mais.

Dis nous par certaines enseignes quel doctrine tu leur enseignes, a quel fin, et d*ou tu la tiens.

Juge, dedans ton cueur maintiens moult graiit ardence de savoir ce que tous les jours as peu voir.

Tu demandes de ma doctrine, et comment le peuple endoctrine, de quoy tu peulx congnoistre assés sans interroguer, car tu sces que j'ay fait tout mon preschetiicnt plainemcnt et publiquement; j*ay fait mes sermons et pi'ologues au temple et en vos sinagogues, qui a tout le peuple c*st ouvert, et n'ay licn prcsché en couvert :

a moy celer n'ay consentu.

Et donc que m'interrogues tu ?

mes va et interrogue ceulx qui tant m*ont oy devant culx :

ceulx la te diront que j'ay dit et se j'ay bien dit ou mesdit, ou se ma doctrine est entière.

DRAGON

Et villain, est ce la manière de rcspondr.^ au pontipho ainsy ?

a qui parlez vous, sire, a qui ?

est ce le bien que vous sçavez ?

et pour .ce que mespris avez, vous en arez ceste soufflace.

Il le frappe»

ANNE

Tu dis vray, tu ei en ma grâce, c'est fait d'ung très gentil vassal.

JHBSUS

Se j'ay mespris ou parlé mal, baille du mal tesmoing ou preuve ; et se mon parler bon se trouve, a quel cause m*as tu féru ?

OUBULU

10610 Oez du villain malotru,

s'il ne se vouldroit rd^eller.

DRAGON

Paix, vielz matin! faut il parlei*?

se ceste nuit icy vous dure, vous en arez mainte plus dure, 19615 mes que nous en ayons Tottroy.

ANMB

Sus I estez le de devant moy :

riens ne fais de l'examiner, car je ne puis déterminer de son fait ne de ses erreurs,

19620 se tous nos sciibes et seigneurs ne sont a l'examen presens :

ilz ne doy vent pas estre exemps ; et pour ce qu*il est gramment tard, Roullart, Gadifer et Dentari,

10625 voiez ceste colompnc baulte

qui soustient au milieu la vaulte :

menez l'i tost conoment qu'il soit et le liez si très estroit qu'il n'ait pooir de s'en deffaire.

ROULLART

19630 N'en parlez plus, laissez nous faire ; s*il eschappé, il sçara de Fart.

Passez avant, maistre paillart, a ce coup serez vous soudé.

GADIFER

Pren le de la, dy, coquidc, 19635 et nous ayde ung peu, s'il te plest

DKNTART

Songne de toy, tu n'as que plet ; je le tiens ferme^ ne te chault.

MARGELLE

11 ne fait point icy trop cbault, je m'en voys pour chauffer, ma fois.... 19640 II m'est advis que je congnois

cest homme cy qui est tant simple, et croy de vray qu'il est disciple a Jhesus et qu'il est son maistre.

PHARES

Par celuy Dieu qui me fit naistre^ 19645 je le croy a le voir au viz.

MARGELLE

Dy, bon homme, il nous est advis

19594 tant raoult oy G. — 19596 maJdlt B. — 19605 Ceste A. — 10610 raaloustru B. - 19681 examiner G. — 19632 viculx papolart B. G. — 19634 quoquide B. — 19643 et que cest G. — 19644-45 Enoorcs pou'rroit il bien estre 11 le fault regarder

nu VlB B» G.

SECONDE JOURNEE

ISôôO

196ÔJ

186TJ

m'io

îîv»

que tu es disciple a Jhesus :

est il vray, ne le celé plus ?

riens ne gaignes a le celer.

s. PIERRB

Fcmnio, garde de mesparler :

tu me fais une grant offence; je te jure en ma conscience et par le Dieu de paradis qu'il n*est rien de ce (pie tu dis, ne je n*en sçay choses quelconques :

Jhesus ne congnois, ne vis oncques, * ne de riens oncqucs ne luy fous.

MALCUIDANT

C'est gi*ant plaisir d'avoir telz feus a gens de grant froidure plains :

j ay tel froit aux piez et aux mains que le cueur du ventre me tramble.

SALUANAZAB, COUStH a MalcUS,

Bon homme, vrayement il me sarable que tu es disciple et facteur a Jhesus, ce grant enchanteur ; le sujet en rien ne t*excuse :

tu en es, ta langue t*accuse, et est la chose dccclec que tu es né en Galilée : ' ou te cougnoist a la parole.

ESTONNÉ

Il est de la maignie folle,

cent contre ung, ce meschant badin.

SALMANA/AR

Ne te veis je pas au jardin avec luy, quand il fut saisy?

advis m*est que je te choisy couppant l'oreille a mon cousin.

PHARES

Et dea, voez cy trop bon lourdin :

il fait le soart; et vien ça, dy ; ne te veis je pas au jardin avec luy quand il fut saisy?

s. PIERRE

Ht je vous respons que nennin ; ?ur mon serment je vous affy.

SALMANAZAR

Pouilant ne sois pas assufTy, il fouit chanter d^aultre martin ; ne te veis je pas au jardin avec luy, quand il fut saisy?

advis m'est que je te choisy couppant Toreille a mon cousin.

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