‹ Le mystère de la passion d'Arnould GrebanChapitre 49 sur 218 · PREMIERE · texte numérisé non relu

PREMIERE

sen'ons et ct*eiiions.

[Pose.]

J*ay ûtit bonnes prorûdous ; 5045 il est temps que retourner doye,

espoir que se trop attendoye,

Marie aroit nécessité.

O glorieuse trinité,

qu'est ce que je voy a ceste heui*o ? 50») J'apperçois ung enflant qui pleure,

tout nu sur le ferre gis>ant

et la mère a genoulx devant

Tadorant par grand reverance,

comme la divine présence 50» devant qui tout genoul s*endino ;

et moy, povre pécheur indigne/

voyant nûstere tant haultain

et mon créateur souverain,.

couvât de nostre humanité, j060 gisant en tel fi*agilité,

qu*ay je a faira pour le mieulx querre,

sinon de moy met* a teire

et adorer le ^wtrreau né

qui estre /'t vie m*a donné ?

5065 Mon hauH créateur, mon seul juge,

enffant, tel te tiens, tel te juge,

ma volenté v est entée.

Mon cher enffant, ma très chère portée, mon bien, mon heur, mon seul avancement, ma tendre fleur que j*ay neuf mois portée et eng^endre de mon sang proprement, Virgioalinent en mes flans te conceus, virginalment ton corps humain receus, virginalment t*ay enflante sans peine, qui ni*as donné espérance certaine qu*a ton pouoir ame ne se compère :

dont je t adore et te clanie a voix pleine liMin floulx enffant, mon vray Dieu et mon pei'e.

JOSEPH

Tu es le saulveur du monde, jOko enflTant ou tout bien habonde, pw* et monde par poudr impérial ; De toy nostre bien redonde :

lu es la pierre et la fonde 50fô ou se fonde

nostre espoir especial,

Car ou ventre virginal

as prins le ceptt*e l'oyat ti*es loyal, 5090 pour tout juger a la ronde

Ce beau monde en gênerai,

et comme juge féal très égal

t'adore en crainte parfonde.

Haultement fus en mon cueur conffortee de recevoir ton doulx anuncement, et d'ung plaisir en plus hault transportée quand en mes flans te sentis vrayement ] Elizabeth, dame, bien Tapperceus, tu me promis, et point ne me deceus, parfaire en moi la promesse haul'taine : or te puis veoir, rosée souveraine, vi'ay Dieu, vray homme, et quand je considère ton hault pouoir, je t'honueure a l*estralne, mon doulx Qnflant, mon vroy Dieu et mon père.

JOSEPH

Honneur et magniflcouce; puissance, los, prefference,

reverance soit a toy, i*oy nouveau né !

51i0 Haultesse, preeminance,

enflant de grand providence,

siapience et tout bien te soit donné !

Tu 0» homme bien orné, 5115 tu es haidt roy couronné, ordonné par divine prepotence ; Hault jour de joye aiourné, a bonne heure es adjourué, 5120 qui mené

nous a-» a ceste présence.

NOSTRE D.VME

Je vous môrcy, puissance i-edoubtee, je vous mercy,divîn gouvernement, qui vostre ancelle avez huy acceptée a euflanter vostre filz doulcement ; Filz précieux de deité yssus, humilité t*admaine de lassus pour estre frère a créature humaine ; en lieu piteux as naissance puraine, filz de hault pris né de petite mère.

ÔO40 qoesae A. C. manque B. — 5051 feurre B. C. — 5068 par B. C. — 5064 le sens et vie C. — 5065 seul C. — 5065 te tiens C — 3067 entrée C. — 5068 doulce B. C. — 5070 long temps B. C. — 5076 Que ton pouoir au nostre ae » C. — 50T7 pour ce taore C. — 5078 doulx fnaiviue G. — 5083-5086 manquent C. — 5090 jouer B. tout manr/ue C — S008 parement C. — 5090 apperceut B. — 5116 manqué B. C. — 5120 quand A. - 5121 naissance A. — 5122 pne C. — 5124 Qui acceptée aaez huy vostre ancelle B. — 5125 dignement C. «- 5126 fruit C. — 51£9 O lieu B C

Pas-

<{ue puis je plus ? Je t^adnouce a voix saine mon doulx en£fant, mon vfay Dieu et mon père.

JO&BPH

Ta naissance nous esjoye, a tout le monde fait joye 5135 et resjoye

tous les trosnes glorieux ; Tout paradis en festoyé, n'est angle qui ne s'employe a montjoyc 5140 former chans mélodieux.

Are, fruit très précieux, aoty saulvem* gracieux

et piteux, et se plus dii'e savoye, 5145 De cueur humble et amoureux le dirpye pour le mieulx,

ce scet Dieux :

or doint qu'en gloire te voye I

MOSTBE DA.ME

Dieu par sa grâce nous pourvoie I 5150 Joseph, en ceste mansion a si povre provision que c'est grand pitié, Dieu le scet.

JOSEPH

Vëez cy des drappeaulx six ou sept, telz que je les ay pu trouver

5155 metez Tenfifant ens sans grever :

il se passera bien ainsi.

J'ay appoitê du lait ausi>i que je vois bouillir sans targer, pour luy faire ung peu a manger,

5160 aflin que faim ne le suiprende.

Très cher sire, Dieu le vous rende vous prenez peine largement.

MISTERE DE LA PASSION

Icy s*en vient Gabriel devant atout grand lumière vers les bergiers et les autres tien- ^lent après tout beUemé)^t.

GABRIEL

Faire vois le commandement de Dieu euvei"» les pastoureaux 5105 qui veillent huy i^ur leurs aignca.ux ; si leui' porteray la nouvelle.

MICHEL

Vous avez compaignie belle a vostre mand exécuter.

RAPHAËL

Jusque la me veil deppoi ter 5170 avec vous, pour mener liesse.

ALORIS

0 Dieu d*Israel, quel chose est ce que je voy devant et derrici*e '( oncques je ne vys tel lumière, bergiei*s, regardez que voicy.

YSAMBERT

5175 Vertu divine, qu'est cecy ?

qui vit oncquefi* mes tel mei'veiUe ?

PEILLOK

Fol est qui ne s'en esmerveille de veoir a mynuit img tel signe.

RIFPLART

Je cuide que le monde fine, 5180 ou la lune a changé son oours.

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