THOMAS
Nous sommes prestz de franc courage, cher sire, quand il vous plaira.
YSHAEL
Qui plts esjouir me pourra, dont puis je mener ^lus grant chère, il7fô que de vous ravoir fUle chère en planiere et bonne santé ?
LA FILLE
La parfaictc bénignité du créateur en soit louée ; je croy de volenté fermée 11790 que Jhesus le prédicateur
est vray saulveur et rédempteur venu pour l'humaine nature.
Mes chers amis, il est droiture que je pense de vostre affaire
11795 et vous die qu'il est a faire affin que vous vous gouvernez comme vrays filz de Dieu am(*s.
Et premier, toas en gênerai, de vouloir franc et libéral,
11800 je vous donne puissance pleine sur toute la tourbe villaine des esperis de Dieu mauldis, et veil qu'a vos fais et vos ditz les deables dampnés obeyssent
11805 et hors des créatures yssent a vostre vouloir plainement ; et a parler sommierement, sur tout mal legier ou grcvaiu que pourroit souffrir corps humain
11810 vertu vous ottroye, et si veil que les sanez a vostre veil.
Par le monde vous en irez et a haulte voix prescherez que le hault royaulme dos ciculx
11815 approche pour jeunes et vieulx.
Visitez les maladis corps, mondez lépreux, suscitez corps, gettez deables hors créatures, et veil que vos feds et vos cures
11820 ne vendez ne mettez a pris, car pour néant les avez pris.
Ne poccssez riches parures, trésors ne dorées saintures ; mallete en voye ne portez.
ii7'39 Elle est oultre B. — 11754 Ce B. — 11756 courtoise A. — 11763 mcsfait B. corps matiqu4 A. — 11765-6 que ce quil dit Est si vray A. — 11S06 eommand B. C. — 11807 tout seurement B. ~ 11S17 lèpres B. lardres C. — 11M8 horsl des B. C. — 11821 manque B.
SECONDE JOURNEE
11S25 ne deux vestemens n'aquestez, verge ne chauffement en piez; efc est raison que vous sachiei que tout bon ouviier mercenaire est digne d'avoir son salaire.
11S30 Se par cas de nouveleté, venez en aucune cité, logez vous en quelque manoir ou dignement puissiez manoir, et dites ce salut icy
11835 a l'entrer : Pax huic domui !
S'ainsi est que tel maison doyvc estre digne que paix reçoyve, vostre paix sur elle vendra :
se ce non, a vous revendra.
ii!^o S'aucuns sont qui ne vous recueillent ne vos sermons oir ne vueillent, yssez hors et vous en allez, et la pouldre que vous pillez scouez sur eulx en tesmougnage
11:^45 de leur rudesse et fier courage. Ainsi je vous envoie tous conmie brebis entre les loups ; soiez dont sages et prudens a la manière des serpens
11S50 et simples comme les coulions, tousjours begnins, non pas félons.
Les princes et juges des villes vous enmenront en leura concilies, sinagogues ou tribunaulx
11S35 ou par divei's gendres de maulx serez flagelés la dedens, et devant rois et présidons serez menés sans espargner pour eulx vérité tesmoigner ;
ii860 et quand vous cuideront confondre, ne sognez que devez respondre, car Ten tous donrra a ceste heure responce contre eulx fei*me et sceurc, et n'estes pas qui respondez,
ii««û mes veil bien que vous l'entendez que c'est l'esprit Dieu, vostre père, qui vostre parole modère.
Vous verrez guerres, pestilences, divisions, giiefves offences,
11870 frères trahir, frères livrer, père a mort son fils délivrer et le père des filz occis.
Et ainsi vous serez hays
de tous les hommes pour mon nom, 11875 mes qui, par ferme intencion jusqu'en fin persévérera, en gloire seurement ira.
S'une cité vous fait ii\)ure, fuyez a Taultre bonne alure, 11880 et faictes ce que vous pourrez, car jamès ne consumerez toutes les cités d'Israël tant qu'en $>on jugement ciniel le filz de l'homme soit venu.
s. PIBRRB
11885 Maistre, nous avons entendu
les euseignemcns que nous dites, et sans mettre aucunes redites, pretz sommes de les acomplir.
Frères, il nous convient ver tir 11890 devere ccste cité prochaine.
LUCINB, mère a Venffant mort.
Ha ! fortune, chose soubdaine, plus variable et incertaine que chose née.
Trop diversement t'es tournée 118S)5 devers la povre infortunée qui plus n'attens Que la mort me perse tout ens ; jamès a joye ne pretendz, quand mon confibrt, 11000 Mon enffant, mon bien, mon déport voy devant moy gésir tout mort ; o lasse merc, Tant souffre de douleur amere, que quand mon grief dueil considère, 11905 le cueur me part.
MARBRIEN
Dame qui prent plus que sa part de dueii, son cueur en a le pis ; se la mort a pris vostre filz, ja n'en fault tel dueil démener, 11910 veu qu'il n'en peust nulz retourner ;
c'est le cours de nous : mortelz sommes, tous ensemble, femmes et hommes ; riens n'y vault le desconforter.
ABIRON
Il le fault en terre porter.
11833 manqMe B. — 11844 Sera Bur eulx C. — 11845 de courage B. — 11860 Lors vous verres confondre G. — 11861 Ne lœnses B. C. — 11863 actiue et B. C. — 11865 aprendrez B. C. — 11877 ara B. sauuement ara C. — 11881 codsommerex B. C— 11889 venir A. •- 11S95 fortunée A. — 11898 partans C. — 11901 gesant B. G. — 11903 Tant ] Tu A. TaBt to C — 11907 depis B. du pis G.
MISTERE DE LA PASSION
11915 aultre conseil n'est que j y voye.
/cy remportent.
LUGINE
Hela9 ! mon enffant et ma joye, sur tous gracieux et plaisans, t*en vas tu en tes jeunes ans finer et en terre pourrir ?
119^0 Helas ! dévoyés tu jnourir si tost ? faulce mort forcenée espiois tu ceste journée jxjur moy priver de tout plaisir ?
Ou parfont puis de desplaisir
11925 en toy me feult finer mes joure.
Je prens grant pitié des dolours que ceste femme a son cueur donne ; c'est nature qu'ainsi l'ordonne qui ne peust a son sang mentir.
11930 Femme, vueille toy revertir du dueil qui est en toy cnclus, appaise toy, ne pleure plus, et Dieu t'aidera de ceste heure.