‹ Le mystère de Roncevaux [drame héroïque]Chapitre 9 sur 29 · DANS LE VERGER DU ROI MARSILE · texte numérisé non relu

DANS LE VERGER DU ROI MARSILE

BLANGANDRIN

Merveilleux homme, Charlemagne 1 II a conquis la Fouille et toute la Calabre. Il a passé la mer salée vers l'Angleterre, dont il a conquis le tribut à saint Pierre. Que vient-il chercher sur notre terre ?

GANE

Telle est sa volonté. Jamais il n'v aura homme qui tienne contre lui.

BLANGANDRIN

Les Français sont des hommes bien vaillants ! vos ducs et vos comtes donnent à leur seigneur des conseils qui lui feront grand mal : ils troublent, ils perdront lui et d'autres.

GANE

Je ne vois cela vrai d'aucun homme, excepté de Roland et encore n'en aura-t-il que de la honte. Un matin, l'empereur était assis à l'ombre. Son neveu vient devant lui, il était vêtu de son armure. Il avait fait du butin auprès de Carcassonne; en main, il tenait une pomme vermeille. « Tenez, beau sire, dit Roland à son oncle; je vous présente les couronnes de tous les rois. » Son orgueil devrait bien être confondu. Qu'il y ait quelqu'un qui le tue , nous aurons alors une paix complète.

BLANCANDRIN

Il est bien cruel ce Roland, qui veut détruire toutes les nations et disputer toutes les terres. Par quelle gent compte-t-il en tant faire ?

Par la gent française. Les Français Tairaenitant qu'ilsnelui feront jamais faute. Il leur a donné tant d'or et d'argent, tant de mules et de chevaux, d'étoffes et d'armures ! Le roi lui-même en a tout à son irré.

Il conquerra tout d'ici jusqu'en Orient.

Le roi Marsile doit entrer, suivi de ses émirs sarrazins» Jl va s'asseoir à Vorabre d'un -pin. Alors Blancandrin s'avancera devant le trône, tenant par la main le comte Gane,

BLANCANDRIN

Salut, au nom de Mahomet, dont nous gardons les saintes lois ! Nous avons fait votre message à Charlemagne. Il a levé les deux mains en Tair ; il a loué son Dieu ; il ne fît pas d'autre réponse. Il vous envoie un sien noble baron, qui est de la France même et qui est un homme puissant. Par lui, vous entendrez si vous aurez la paix ou non.

MARSILE

Qu'il parle; nous Técouterons.

Icif le comte Gane doit bien réfléchir ; puis il dira :

GANE

Salut, au nom de Dieu le Glorieux que nous devons adorer 1 Voici ce que vous mande Charlemagne, le brave :

Que vous receviez la sainte foi chrétienne ; il veut vous donner en fief la moitié de l'Espagne.

Que si vous ne voulez pas accepter cet' accord, vous serez pris et lié de force; vous serez amené à la résidence d'Aix. Par juge-

ment, vous fliiirea!; là vous mourrez en honte et vilainie,

A ces paroles imolenteSy le roi Marsile doit frémir ; il se lève : il tient à la main un javelot et le brandit pour frapper le Français,

GanCf qui Va vu, devra mettre la main à son épée : il la tireu'a du fourreau à la longueur de deux doigts ; puis il lui dira :

GAXB

Vous êtes belle et claire! tant que je vous porterai en la cour du roi Marsile, 1 empereur de France ne dira pas que je sois mort en pays étranger avantque les meilleurs vous aient payée cher.

LES SARRAZL\S

Empêchons la mêlée.

Alors les grands, parmi les Sarrazins, supplient le roi Marsile j qui devra s'asseoir sur le fauteuil et son oncle lui parlera :

l'oncle de marsile

Vous nous avez compromis quand vous cherchiez à frapper le Français. Vous le deviez écouter et l'ouïr.

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