LES MÊMES, LES GUERRIERS, EUBATE
( Les guerriers arrivent conduits par Eubale , leur chef. Ils entourent Camulogène et Eusielle. Le peuple se relire sur les côtés.)
eubate, en recevant le gui.
Fille de Gaule, entends. Mon âme a fait un rêve,
Sur les monts, dans la plaine, il me poursuit sans trêve. Ce soir, devant le gui, que de serments pieux S’échangeront, dans le foyer, devant les dieux ?
En le posant au seuil de la nouvelle année,
Que d’âmes oseront unir leur destinée !
Vierge, tu me connais, si tu consens, demain,
Je t’offrirai mon cœur, ma framée et ma main.
Si tu viens avec moi dans mon puissant domaine, De villages nombreux je te ferai la reine.
De Vercingétorix mon aïeul fut l’enfant,
Et mon beau nom d’Eubate est celui d’un vaillant.
EUSTELLE
Noble guerrier, merci de ce choix qui m’honore ;
Je ne suis qu’au printemps, je veux attendre encore.
EUBATE
N’aimes-tu pas la Gaule ?
EUSTELLE
Eubate, autant que toi
EUBATE
Pourtant Rome t’appelle...
EUSTELLE
Et la Gaule a ma foi.
Je les voudrais unir par la même croyance.
EUBATE
Jamais dans un César je n’aurai confiance.
EUSTELLE
Il règle l’univers par son autorité.
EUBATE
Les peuples avec lui perdent leur liberté.
EUSTELLE
Empruntez-lui ses lois, ses mœurs, son langage, Vous le dominerez. Du Gaulois le courage,
Par l’attrait du plaisir n’est jamais abattu,
Et la peur n’a jamais fait trembler sa vertu.
EUBATE
Je sais braver la mort, je ris de la tempête,
Ma crainte est que le ciel ne tombe sur ma tête.
un guerrier, recevant le gui.
Que j’aime mon pays ! Sous les sombres forêts, Que de fois des aïeux j’ai redit les secrets,
En chantant à plein cœur l’antique prophétie.
un guerrier, recevant le gui.
Tu fus par nos grands dieux, ô ma Gaule, choisie. Pour apprendre aux mortels quelle est leur volonté.
EUSTELLE
O terre de l’honneur et de la liberté !
tous, en tirant leur glaive ou leur framée.
(On brandit les torches.)
O terre de l’honneur et de la liberté !
CAMULOGÈNE
Tu les sèmes partout en récoltant la gloire,
Et jusqu’en Orient tu conduis la victoire î
EUBATE
Quand le Romain vaincu par Brennus reculait Ton glaive sut peser ce que Rome valait.