‹ Le mystère de Sainte Eustelle, vierge et martyre, patronne de la jeunesse chrétienne; drame en trois actes en versChapitre 14 sur 46 · LES MÊMES, LES GUERRIERS, EUBATE · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LES GUERRIERS, EUBATE

( Les guerriers arrivent conduits par Eubale , leur chef. Ils entourent Camulogène et Eusielle. Le peuple se relire sur les côtés.)

eubate, en recevant le gui.

Fille de Gaule, entends. Mon âme a fait un rêve,

Sur les monts, dans la plaine, il me poursuit sans trêve. Ce soir, devant le gui, que de serments pieux S’échangeront, dans le foyer, devant les dieux ?

En le posant au seuil de la nouvelle année,

Que d’âmes oseront unir leur destinée !

Vierge, tu me connais, si tu consens, demain,

Je t’offrirai mon cœur, ma framée et ma main.

Si tu viens avec moi dans mon puissant domaine, De villages nombreux je te ferai la reine.

De Vercingétorix mon aïeul fut l’enfant,

Et mon beau nom d’Eubate est celui d’un vaillant.

EUSTELLE

Noble guerrier, merci de ce choix qui m’honore ;

Je ne suis qu’au printemps, je veux attendre encore.

EUBATE

N’aimes-tu pas la Gaule ?

EUSTELLE

Eubate, autant que toi

EUBATE

Pourtant Rome t’appelle...

EUSTELLE

Et la Gaule a ma foi.

Je les voudrais unir par la même croyance.

EUBATE

Jamais dans un César je n’aurai confiance.

EUSTELLE

Il règle l’univers par son autorité.

EUBATE

Les peuples avec lui perdent leur liberté.

EUSTELLE

Empruntez-lui ses lois, ses mœurs, son langage, Vous le dominerez. Du Gaulois le courage,

Par l’attrait du plaisir n’est jamais abattu,

Et la peur n’a jamais fait trembler sa vertu.

EUBATE

Je sais braver la mort, je ris de la tempête,

Ma crainte est que le ciel ne tombe sur ma tête.

un guerrier, recevant le gui.

Que j’aime mon pays ! Sous les sombres forêts, Que de fois des aïeux j’ai redit les secrets,

En chantant à plein cœur l’antique prophétie.

un guerrier, recevant le gui.

Tu fus par nos grands dieux, ô ma Gaule, choisie. Pour apprendre aux mortels quelle est leur volonté.

EUSTELLE

O terre de l’honneur et de la liberté !

tous, en tirant leur glaive ou leur framée.

(On brandit les torches.)

O terre de l’honneur et de la liberté !

CAMULOGÈNE

Tu les sèmes partout en récoltant la gloire,

Et jusqu’en Orient tu conduis la victoire î

EUBATE

Quand le Romain vaincu par Brennus reculait Ton glaive sut peser ce que Rome valait.

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